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  • : Ce blog est consacré au fétichisme des tabliers de cuisine de femme, des blouses de femme et des torchons de cuisine. Il s'adresse aux adultes seulement, ayant atteint l'âge de la majorité légale dans le pays. Et tenez les enfants à l'écart, bien sûr.
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Dimanche 23 octobre 2011 7 23 /10 /Oct /2011 09:10

Un texte qui m'a été donné par mon ami Molenbeek, dont vous connaissez déjà le talent, et que je publie par épisodes.


J'ai raconté aux juifs un bobard pas bien méchant, pensant que ça les inciterait à m'aider. Je leur ai dit que j'avais discuté avec le rabbin Lœbbstein chez les Krupp, avant l'attentat, et qu'il m'avait dit de passer le voir à sa synagogue au sujet de Leni.
Mon interlocuteur s’appelait Nahmann  –  Chaim Nahmann.

C’était un Loubavitch en costume traditionnel: des papillotes sortaient de son chapeau plat pour pendre en spirales le long de ses joues creuses; des franges bleues  –  les « ficelles »  –  étaient attachées à une large ceinture-châle, drapée autour de sa redingote noire au col et aux manches élimées.

Sa barbe aile de corbeau me parut teinte.
 
–  Le rabbin Lœbbstein vous a dit qu’il vous aiderait à faire sortir votre fiancée d’Autriche?

Je sentais dans sa voix une prudente méfiance. Ce n’était pas le genre de type qu’on pouvait mener en bateau. J’ai vigoureusement secoué la tête en signe de négation.

–  Non. Il ne m’a fait aucune promesse de ce genre. Il m’a juste dit de passer le voir afin de lui exposer mon problème. Peut-être alors aurait-il pu me donner quelques renseignements qui m’auraient été utiles. C’est d’ailleurs pour cela que je me suis permis de venir vous voir.

Nahmann ne me regardait pas directement. Pourtant j’étais sûr que ses yeux perçants, noirs et brillants comme des billes polies, lisaient à l'intérieur de moi.

–  Comprenons-nous bien, monsieur Blandl. Nous savons qui vous êtes. Nous avons lu vos remarquables reportages sur le réarmement de l’Allemagne et la montée des fascismes en Europe. Nous vous considérons comme un ami. Seulement…

Cette fois il me regarda en face.

–  … seulement nous ne faisons pas ce que nous voulons à Genève. Notre comité d’entraide et de secours n’existe  –  ne peut exister  –  que grâce aux dons que nous recevons de ceux qui soutiennent notre cause. L’argent nous vient de Suisse, de France, de Grande Bretagne, de Hollande… Beaucoup des Etats-Unis… Ces donateurs nous demandent des comptes, ce qui est normal. S’ils apprenaient que nous prenions en charge et financions l’évasion de personnes non israélites, ils fermeraient aussitôt le robinet. Plus de sous. Plus de comité. C’est aussi simple que ça. Je voudrais pouvoir vous aider à sauver votre fiancée. Malheureusement je ne le peux pas. Mes devoirs envers le comité me l’interdisent.

Mes paupières s’abaissèrent. Mes lèvres se retroussèrent en un sourire en coin.

–  Je comprends très bien, monsieur Nahmann. Excusez-moi d’avoir pris votre temps. Et merci de m’avoir reçu.

Je me levai pour prendre congé. J’allais franchir la porte quand il me demanda:

–  Où est votre fiancée en ce moment?
–  Dans une communauté fondamentaliste, au Tyrol. Ils ont accepté de l’héberger parce qu’elle était recherchée par la Gestapo.
–  Recherchée à quel titre?
–  Opposante à l’Anschluss. Artiste collaborant à des journaux de gauche. Opinions libérales. Tout ce que les nazis détestent.
–  Où est-elle au Tyrol?
–  Dans le Vorarlberg, pas loin de la frontière suisse.
–  Nord ou Sud?
–  Nord. Cette communauté dont je vous parle se trouve entre Hohenems et Lustenau, pas loin du lac de Constance.
–  Où exactement?
–  Je ne le sais malheureusement pas…
–  Lustenau, murmura-t-il comme s’il se parlait à lui-même.

Il désigna le siège que je venais juste de quitter.

–  Asseyez-vous, monsieur Blandl.

Il décrocha son téléphone, tapa plusieurs fois sur la fourchette du bout de son doigt, arrachant quelques faibles bruits de grelots à l’antique appareil en bakélite et cuivre. Son bureau mansardé devait être une ancienne chambre de bonne. Par la fenêtre sans rideaux, on apercevait le Salève.

–  Est-ce que Gorodsvitch est là? Passez le moi, s’il vous plaît… Moshe? Peux-tu monter me voir un instant?

Nous avons attendu sans nous parler. En nous observant intensément.

Moshe Gorodsvitch faisait penser au Bibendum de Michelin: aussi large que haut, cerclé de bourrelets de graisse qui gonflaient sa chemise par boudins superposés; ses yeux globuleux ressortaient comme des boules de billard sur un visage réjoui. Nahmann fit les présentations. De réjoui qu’il était, le visage de Gorodsvitch devint radieux. Alors que je m’attendais à une poignée de main molle, il broya mes phalanges dans un étau.

–  Enchanté de faire votre connaissance, monsieur Blandl. Depuis le temps que j’entends parler de vous…!!  Nous avons failli nous rencontrer à Nankin. Mais vous étiez déjà parti pour Chongqing avec Tchang Kaï-chek alors que moi je suis resté à moisir sur place.

Il s’exprimait dans un français fluide, avec un fort accent slave.

Mes sourcils firent un double saut périllieux.

–  Vous étiez à Nankin pendant les massacres?
–  J’étais dans la Zone de Sécurité, avec les travailleurs humanitaires.
–  Avec John Rabe?
–  Et Minnie Vautrin, et Georg Rosen, et John Magee…
 
J’avais rencontré ces quatre courageux combattants pour la cause humanitaire. Rabe, le directeur allemand de la succursale chinoise de Siemens. Vautrin, une missionnaire américaine travaillant en Chine depuis trente ans, fondatrice de la première université pour filles. Rosen, secrétaire de l’ambassade d’Allemagne. Magee, un pasteur luthérien. Travaillant nuit et jour jusqu’à l’épuisement, envoyant télégrammes sur télégrammes aux dirigeants des grandes puissances, harcelant l’état-major japonais, ces expatriés avaient réussi à créer une Zone de Sécurité à l’ouest de la ville. On estime que quelques 200 000 réfugiés y furent accueillis, nourris, protégés.

Ironie de l’histoire: coupés de leur pays depuis de nombreuses années, inconscients du danger que le nazisme faisait courir au monde et pensant au contraire que la révolution national-socialiste avait été bénéfique à l’Allemagne, Rabe et Rosen avaient écrit au chancelier Hitler, lui demandant d’intervenir en faveur des Chinois et de faire cesser les massacres…

Nankin, décembre 1937!!!

–  Vous êtes resté jusqu’au bout? lui demandai-je.
–  Jusqu’à ce qu’on nous expulse à la pointe des baïonnettes.
–  En janvier trente-huit?
–  Non, en février… Le 12 février. Sur pression des Japonais, Hitler a donné l’ordre à Rabe et Rosen de rentrer en Allemagne. C’était fini. Le commandant en chef des troupes japonaises, le général Matsui, donna douze heures aux étrangers pour quitter Nankin.
–  Vous vous êtes embarqué sur le Yang Tzé à bord du Merry Lady?
–  Non, ça c’était le premier groupe. Moi je faisais partie du deuxième. Nous sommes partis le 13, sur le Dang’Nán. Le ciel devait me protéger. Le Merry Lady a été mitraillé par des chasseurs zero, il y a eu pas mal de victimes. Mon groupe a pu embarquer à Shanghai. Ce sont les Anglais qui ont assuré l’essentiel de l’évacuation. Nous étions parqués pêle-mêle sur les docks, comme du bétail. Mille, deux mille, peut-être davantage… Hommes, femmes, enfants… Anglais; Allemands; Américains; Français; Italiens; Russes blancs; Belges; Hollandais; Grecs… Une vraie cour des miracles… Des institutrices hurlaient, refusant d’abandonner leurs élèves. La Military Police les empoignait à bras le corps et les embarquait de force. Les soldats anglais refoulaient impitoyablement les Chinois qui tentaient de forcer les barrages. On nous contrôlait un par un, puis on nous conduisait à l’embarcadère par paquets de cent. Je suis monté à bord d’un vieux torpilleur qui avait vu du service en 14-18. Il nous a menés à Rangoon.  

Nahmann riait. Il écarta ses longs bras, nous prit Gorodsvitch et moi par l’épaule.

–  Je crois que vous avez pas mal de choses à vous raconter tous les deux.

Il consulta sa montre.

–  Pourquoi n’iriez-vous pas boire une bonne bière à la Boarding School?

Il esquissa un sourire en coin.

–  Janine Jacquelin vous a fait de la publicité, monsieur Blandl.

Je ne pus m’empêcher de rire avec lui. C’est en 1936 que Grégoire Labry a adapté au cinéma le roman d’Alban Rivière, Si haut pour mourir, avec (évidemment) Janine Jacquelin dans le principal rôle féminin. Rivière étant Rivière, Labry étant Labry et Jacquelin étant Jacquelin, ce film sur l’Aéropostale ne pouvait avoir que de fortes connotations impérialistes et colonialistes. Léon Daudet en avait aussitôt fait une critique élogieuse dans L’Action Française. J’avais répondu à Daudet dans L’Humanité, émettant de sérieuses réserves sur le fond, tout en reconnaissant les qualités techniques du film: belle photo; superbes vues aériennes de la chaîne de l’Atlas, des déserts de Mauritanie, de la côte africaine jusqu’à Dakar ; reconstitution réaliste des appareils de l’Aéropostale: le Salmson 2A2… Le Bréguet 14… Le Latécoère 300 « Croix du Sud », aux commandes duquel disparut Jean Mermoz… Je le reconnaissais volontiers dans mon article: le film de Grégoire Labry n’avait pas à rougir à côté de celui réalisé trois ans plus tôt par John Ford  –  Airmail  –  avec Pat O’Brian, Gloria Stuart, Slim Summerville. Restait l’idéologie que je ne parvenais pas à digérer. Et le cabotinage habituel de Janine Jacquelin, promue au rang de star uniquement parce qu’elle est la maîtresse de Labry. Tout le monde s’entend pour dire que la petite Jacquelin est un joli brin de fille. Mais qu’elle touche les tréfonds de la nullité en tant qu’actrice. Nulle – Nulle - Archi-nulle. Sa place n’est pas sous les sunlights, mais dans une cuisine à préparer sa soupe en tablier. Je jubile. Tenez vous bien : ce jugement N’EST PAS DE MOI. Ces lignes ont été écrites par Edmond Née, le critique cinématographique de L’Intransigeant, à propos d’un autre film de Labry: Quand Satan conduit le bal. J’ai bien évidemment sauté à pieds joints sur l’occase. Dans une prochaine critique, pour la presse de gauche syndiquée, j’y suis allé d’une couche supplémentaire, d’un saut encore plus accentué dans le sens de mes convictions profondes: « Non seulement je rejoins entièrement et totalement l’opinion de mon confrère Edmond Née, mais je serais même plus sévère que lui; je pense personnellement qu’après avoir préparé sa soupe en tablier de mère de famille, notre Janine Jacquelin nationale devrait être contrainte à mettre un deuxième tablier par-dessus celui qu’elle porte pour servir le repas à table –  Un tablier bleu de femme de peine  –  Toutes les femmes des quartiers populaires savent de quel tablier je parle, parce qu’elles le portent tous les jours  –  LE GROS TABLIER BLEU!!!  –  Parfaitement. Et ce ne sont certainement pas les ménagères de Grenelle, Belleville ou Ménilmontant qui me contrediront… Ainsi ficelée du menton aux mollets dans son GROS TABLIER BLEU, les pans croisés sur son arrière train rebondi, les longs cordons noués au milieu du ventre, je verrais très bien l’orgueilleuse et fantasque Janine Jacquelin se prendre une fessée, couchée en travers des genoux de Grégoire Labry. »  L’actrice aurait pu ne pas répondre. Traiter mon attaque par le dédain et le mépris. Ou m’envoyer ses hommes de loi. Elle m’a étonné en me répondant indirectement au cours d’une interview  sur Radio–France–Armorique (elle est originaire de Quimper).

Question:  « Janine Jacquelin, comment avez-vous réagi à ces déclarations machistes de Victor Blandl? »

Réponse : « Sur le coup j’étais furieuse. Puis je me suis calmée. Et j’ai fini par reconnaître que Blandl n’a pas entièrement tort. »

Q : « Concernant le port du tablier? »

R : « Tout à fait. Les stars ont trop tendance à vivre dans leur bulle de rêve. Le tablier nous remet les pieds sur terre. Quand je roule de la pâte à tarte, les mains dans la farine et dans le jus de cerise, je ne peux plus me prendre pour l’impératrice de Byzance… »

Q : « Que vous incarnez magnifiquement dans Le Phare d’Alexandrie!! »

R : « Merci. Vous posez très précisément le doigt sur la plaie. A force d’être impératrice, reine, princesse dans mes films… Ou marquise rouée de Parc-aux-Cerfs… Ou courtisane intrigante dans la Cité Interdite… Ou favorite au harem du sultan de Zanzibar… Je finis par me prendre au jeu et par y croire. C’est un piège redoutable, croyez-moi. On peut facilement devenir schizo si on ne réagit pas. »

Q : « Vous réagissez en portant des tabliers à la maison? »

R : « Oui. C’est une excellente antidote. Je cesse de jouer quand je suis en tablier dans ma cuisine. »

Q : « Vous aimez cuisiner? »

R : « Beaucoup. La mouclade… Les huitres chaudes aux baies de genièvre… Les palourdes farcies… Tous mes invités m’en font des compliments. »

Q : « Souvenirs de votre enfance bretonne? »

R : « Probablement. J’aimais faire la cuisine avec ma mère. Elle cousait elle-même ses tabliers. Je la revois, les coupant dans du vichy à carreaux bleu et blanc. Elle m’en avait fait deux à ma taille. Je crois qu’on ne quitte jamais complètement son enfance. »

Q : « Comment avez-vous réagi au GROS TABLIER BLEU préconisé par monsieur Blandl? »

R : « Curieusement assez bien. J’en ai été étonnée moi-même. En toute logique, j’aurais du me sentir indignée, outragée. Eh bien non. Je vais vous faire une confidence… »

Q : « Je suis certaine que nos auditeurs sont tout oreilles… »

R : « Comme vous le savez, Grégoire a tourné Si haut pour mourir d’après le roman à succès d’Alban Rivière. Au cours de l’adaptation, nous avons vu très souvent Rivière… Pour discuter des scènes… Pour approuver les dialogues… Si Grégoire était le cinéaste, c’était Rivière l’aviateur. Nous avions constamment besoin de ses conseils. Un soir où il dînait chez nous, je reconnais avoir fait ma coquette: j’ai servi à table vêtue d’une robe en satin vert acide, outrageusement moulante, le décolleté plongeant presque à moitié des seins. Sur cette robe j’avais noué un petit tablier taille rouge vif, la poche représentant une énorme pomme, du même vert acide que la robe, les larges cordons s’épanouissant en un gros nœud papillon au creux de mes reins. En fait robe et tablier formaient un ensemble, pour être porté par la maîtresse de maison lors de ses réceptions. Cette mode n’est pas encore bien introduite en France, mais elle fait fureur en Angleterre et aux Etats-Unis. Me voici donc servant à table, faisant du charme à Alban Rivière dans mon cocktail apron. Qu’il soit notoirement homosexuel m’excitait. Je voulais voir si ma tactique de séduction féminine parviendrait quand même à éveiller du désir en lui. J’ai eue ce qu’il faut bien appeler un comportement d’allumeuse. »

Q : « D’allumeuse en tablier?»

R : « Exactement!! »

Q : « Alban Rivière a-t-il réagi comme vous l’escomptiez? »

R : « Non, pas du tout… Mais alors pas du tout, du tout, du tout… Il m’a demandé si je connaissais Victor Blandl. Je lui ai répondu que je le connaissais par ses reportages  –  dont j’admirais la valeur professionnelle, tout en étant opposée à ses idées  –  et par ses critiques cinématographiques  –  que je détestais… Ou plus exactement que je croyais détester, Blandl me considérant comme une ravissante idiote, dénuée de tout talent. Rivière m’a alors dit: « Si tu te comportais comme tu le fais ce soir en présence de Victor, sais-tu comment il te corrigerait? »

Q : « Vous ne connaissiez pas personnellement monsieur Blandl? »

R : « Non… Je l’avais aperçu lors de services de presse. Mais je me tenais à distance. Il me faisait un peu peur. »

Q : « Janine Jacquelin, quand vous serviez à table ceinte de votre coquet tablier de cocktail, vous avez  eu  –  de votre propre aveu  –  un comportement d’allumeuse. Comment monsieur Blandl vous aurait-il corrigée? »

R : « D’après ce qu’a pu me dire Rivière, Victor Blandl a une fiancée Allemande… Autrichienne, plutôt… Quand elle a un comportement similaire à celui que j’ai eu ce soir-là, il la fesse et la met en tablier bleu. »

Q : « Ah… Voici enfin la fessée!! »

R : « Et voici le GROS TABLIER BLEU. »

Q : « Procédons par ordre, si vous le voulez bien: Janine Jacquelin, que pensez-vous de la fessée? »

R : « En tant que méthode éducative? »

Q : « Commençons par là… »

R : « J’y suis résolument opposée. D’un côté un enfant. De l’autre un adulte. David et Goliath. Si l’adulte gagne  –  semble gagner  –  en imposant sa domination par la force physique, l’enfant deviendra sournois, dissimulé… D’autant plus violent en dedans que la brutalité engendre automatiquement une violence refoulée. Derrière un soumis se cache toujours un terroriste. »

Q : « Pourtant un récent sondage paru dans Marie Claire montre que 88% des mères françaises emploient la fessée pour se faire obéir. Et 59% ont un martinet à la maison. »

R :  « Je sais, j’ai lu cet article… Je vous renvoie à un reportage paru récemment dans Idées Actuelles sur les bagnes d’enfants. Les châtiments corporels y sont systématiquement utilisés, pour "étouffer dans l’œuf toute velléité de rébellion" . Résultat : 97% des enfants qui sortent de ces "maisons de correction" deviennent des criminels. Parmi les trente et un guillotinés de la dernière décénie, dix huit sortent des établissements d’éducation surveillée. »

Q : « Dans un cadre familial, ce n’est pas la même chose. »

R :  « Ce n’est pas la même chose en apparence. Dans la famille il y a  ce qu’on appelle de l’amour… DE L’AMOUR… "Qui aime bien châtie bien"… "Te donner le martinet me fait encore plus de mal à moi qu’à toi"…  Tout cela n’est qu’hypocrisie. Un FORT soumet un FAIBLE à sa volonté. La fessée familiale, c’est ça et rien d’autre. Et c’est pour cette raison que j’y suis formellement opposée.»

Q : « L’avez-vous connue vous-même? »

R : « Trop souvent. Nous étions neuf enfants à la maison. Moi; mes cinq frères et sœurs; et trois cousins orphelins que mes parents avaient recueillis. Mon père nous fouettait avec une corde goudronnée. "Comme dans la marine", disait-il fièrement. Le plus souvent il rentrait du cabaret avec quelques bols de cidre dans le nez. Un jour je lui ai mordu la cuisse jusqu’au sang pendant qu’il m’administrait la corde sur mes fesses nues. »

Q :  « Merci, Janine Jacquelin, de nous donner une opinion nette et bien tranchée sur ce sujet qui intéresse et préoccupe tous les parents. Vous êtes résolument contre les châtiments corporels administrés aux enfants dans le cadre de l’éducation. Que pensez-vous maintenant de la fessée dans le contexte de ce qu’il est convenu d’appeler "la Discipline Domestique"? »

R : « Un mari corrigeant sa femme… Un amant donnant la fessée à sa maîtresse… »

Q : « Oui. »

R : « Je pense qu’ici il faut bien distinguer entre deux modes de "correction" totalement différents, même opposés. L’homme profite de sa force physique pour asservir sa compagne en la battant. Je suis évidemment contre… Farouchement contre. C’est de l’abus de pouvoir caractérisé. Si j’avais mon mot à dire dans la législation ou la magistrature, je recommanderais LE FOUET pour punir ces brutes… Cinquante ou soixante coups de fouet, administrés sans ménagements en prison, la femme battue assistant au châtiment de son tyran. Et puis il y a la "Discipline Domestique" que vous évoquez… »

Q : « Pour vous, c’est autre chose? »

R : « Totalement!! Je dirai que ça n’a rien à voir. Nous avons ici une relation de domination/soumission souhaitée, désirée par la femme. C’est ELLE qui veut un mari ou un amant autoritaire… Un homme capable de l’allonger en travers de ses genoux et de la fesser quand elle a été insupportable. »

Q ; « N’est-ce pas là le retour à ces punitions infantiles que vous venez à l’instant de condamner? »

R : « Pas du tout. Dans la Discipline Domestique il n’y a aucun rapport de force. La femme fessée n’est pas FAIBLE, contrainte à se soumettre parce que les BICEPS de son mâle ont trois fois la dimension des siens. Aucun rapport. D’une part c’est ELLE qui choisit ce mode de vie. D’autre part ELLE est libre de s’en aller si la relation ne lui convient pas. »

Q : « Pourquoi une femme désire-t-elle la Discipline Domestique? »

R : « Il y a autant de réponses qu’il y a de femmes dans le monde!! Le facteur principal est, je pense, un sentiment de sécurité: à travers l’autorité maritale, la femme recherche la protection de L’HOMME FORT. »

Q ; « Un lointain rappel des cavernes, quand la femme faisait la popote pendant que son homme chassait le mammouth. »

R : « Cela peut se dire ainsi. Au fur et à mesure du processus de la civilisation, nous avons oublié ce combat ancestral pour la survie. Mais notre INCONSCIENT se souvient… Et certaines femmes ont conservé ces fantasmes de soumission au mâle. »

Q : « Nous voici de retour à la soumission musclée. C’est bien parce qu’il avait de GROS BISCOTEAUX que l’homme de Cromagnon pouvait affronter le mammouth et rapporter des quartiers de viande à sa caverne. C’est bien parce qu’elle manquait de PUISSANCE PHYSIQUE que sa femme attendait son retour de la chasse pour frotter deux silex, allumer son feu et faire rôtir à la broche un cuissot d’auroch. »

R : « Oui. Seulement c’est beaucoup moins simple que ça en à l’air. Cette force physique que vous évoquez a évidemment provoqué des abus condamnables. Oui, c’est sûr, des GROS BRAS ont abusé des femmes. Il n’empêche que, dans l’ensemble, pour la survie de la famille et de la communauté, les femmes avaient impérativement besoin de ces GROS BRAS. Elles en avaient besoin pour manger. Et elles en avaient aussi besoin pour assouvir leurs pulsions sexuelles naturelles. »

Q : « C’était il y a cent mille ans. »

R : « L’Inconscient reste en dehors du temps. »

Cette émission de Radio–France–Armorique m’avait révélé une Janine Jacquelin que je ne connaissais pas: peut-être la fillette de Quimper qui, ceinte de son tablier en vichy bleu et blanc, aidait sa maman à éplucher les encornets sur un vieil évier de grès aux bords ébréchés, attendant l’une et l’autre, sans jamais se le dire, que le père rentre du cabaret d’un pas mal assuré…

Oui, comme le disait Chaim Nahmann, Janine Jacquelin m’avait fait de la pub.

–  En tant que juif orthodoxe appartenant à la communauté loubavitch, je ne peux pas approuver ce que nous considérons, à tort ou à raison, comme des débauches. Mais mon ami Moshe Gorodsvitch étant un mécréant (Gorodsvitch prit une mine contrite), et vous même, monsieur Blandl, n’ayant pas, selon ce que j’ai pu en juger par vos reportages, d’autre religion que le marxisme, je pense pouvoir me permettre de vous recommander la Boarding School. Bien que Janine Jacquelin ne fasse pas partie de la troupe, leurs Girls sont jolies et les spectacles ne sont pas trop mal montés. Je vous souhaite une excellente journée.

Nahmann me quitta sur une chaleureuse poignée de main. Il se rassit derrière son bureau sans ôter son chapeau à larges bords et se remit à compulser des dossiers. Ses papillotes semblaient danser une sarabande le long de ses joues mal rasées.

La Boarding School occupait un ancien hôtel particulier à Chambrésy. Les spectacles, mis en scène sans recherche ni imagination, ne sortaient pas de la banalité: les acteurs ne faisaient que reproduire, en tableaux animés, les photos archi-classiques parues dans les revues anglaises branchées S.M. La bière, de qualité très moyenne, y était beaucoup trop chère.

La salle n’était pas pleine. Voulant être tranquilles, nous avons pris place à une table au fond, contre le mur.

–  Nahmann m’a fait venir parce que je couvre ce secteur qui vous intéresse. Vous dites que votre fiancée se trouverait dans les environs de Lustenau?

–  Quelque part dans ce secteur. Je pense qu’elle est dans le triangle compris entre Feldkirch, Lustenau et le lac de Constance.
 
Gorodsvitch me regarda en riant. La graisse formait des petites boules mobiles qui roulaient comme des billes autour de sa bouche en ventouse.

–  Nous sommes loins du Yang Tsé-kiang…

–  Loins en kilomètres. Mais tragiquement proches sur le plan politique.

Il hocha gravement la tête en signe d’assentiment.

–  1931 la Mandchourie. 1938 l’Autriche. Ils poursuivent le même plan de conquête, les Japs en Asie, les Boches en Europe.

Sur l’estrade, un headmaster en costume de tweed marron, sa lèvre supérieure ornée d’une moustache aussi British qu’une moustache peut l’être, administre le châtiment de la canne à une fausse gamine en uniforme de collégienne, courbée sur un pupitre. Un tableau noir essaye de donner un semblant de réalisme à la scène. Sur ce tableau on peut lire, écrit à la craie: THE CANE IS GOOD FOR LAZY GIRLS (La Canne fait du bien aux paresseuses).  

–  Vous avez suivi Tchang Kaï-chek quand le gouvernement du Guomindang s’est replié sur Chongqink?

J’ai acquiescé.

–  Oui. Tout le monde savait que l’accord passé entre Tchang Kaï-chek et Mao était bidon. Simplement on ignorait lequel des deux  trahirait le premier.

–  Vous avez donc quitté Nankin le 7 décembre.

–  Dans la soirée du sept, oui. Les ministères ont déménagé leurs archives toute la journée. Tchang et son état-major sont partis vers trois heures de l’après-midi. L’ultimatum japonais étant resté sans réponse, nous savions que la 10ème armée du général Matsui allait donner l’assaut incessamment.

–  Ils ont attaqué le 10, aux premières lueurs du jour. La bataille de Nankin a duré trois jours… Trois journées d’horreur. Dans la soirée du 13 la ville  –  en fait un amas de ruines  –  était entièrement aux mains des Japs.

Sur scène, l’étudiante punie pleure à chaudes larmes en frottant ses fesses marquées par la canne en rotin. Assis sur sa chaise, le sévère headmaster observe son manège d’un air satisfait. Dans sa main droite il tient toujours l’instrument de correction. Des doigts de sa main gauche il tortille la pointe de son impressionnante moustache. La fille fessée va au tableau, tête basse et traînant les pieds, sa démarche entravée par sa culotte enroulée autour des genoux: une culotte blanche en coton à côtes du type « Petit Bateau ». Arrivée devant le tableau noir, elle prend le bâton de craie. Son autre main reste glissée sous la jupette plissée pour caresser délicatement ses globes châtiés. En dessous de THE CANE IS GOOD FOR LAZY GIRLS, elle écrit de la même écriture nerveuse, traçant des majuscules à hauts jambages: THANK YOU, SIR.  

–  Les Chinois n’avaient pas d’aviation. Alors qu’au contraire l’armée de l’air japonaise était très forte. Sur terre, la résistance chinoise a été héroïque. C’est sous les bombes qu’ils ont été écrasés.

–  C’est ce qu’avait très bien compris Madame Dragon!!

Soong Meï-ling, le seconde femme de Tchang Kaï-chek. Élevée aux Etats-Unis, parfaitement bilingue, autant Américaine que Chinoise, elle avait été chargée par son mari de plaider la cause du Guomindang auprès des Américains, sollicitant leur aide matérielle  –  tout particulièrement pour créer une armée de l’air capable d’affronter les Japonais.

La réponse américaine s’appela Claire Chennault.

–  L’avez-vous connu?

–  Oh oui… Même très bien!! On ne pouvait pas ignorer Chennault à Chongqink. Il avait un accent du Delta tellement prononcé  que même des Américains avaient du mal à le comprendre. Ce type était capable de descendre des quantités incroyables de whisky. Chennault prétendait que ses victoires aériennes avaient été gagnées alors qu’il était rond comme un potiron aux commandes de son Curtiss P-40.

–  Est-ce vrai qu’il était l’amant de Soong Meï-ling?

–  Je ne me suis jamais caché sous le lit de Madame Dragon. Mais comme c’est le secret de Polichinelle, il doit effectivement y avoir une part de vrai.

–  On dit qu’elle a un sacré tempérament!!

–  N’ayant pas eu l’honneur d’accéder à son auguste couche, j’ignore comment la belle Soong se serait comportée sous mes assauts gallants… Lesquels auraient été, j’ose le dire, aussi raides que vigoureux. Mais là nous sommes dans la pure supposition.

Sur scène, dans un décor inchangé, une sévère directrice a remplacé le sévère directeur. Coiffée en chignon; lunettes cerclées de métal; longue jupe noire; strict chemisier blanc, boutonné jusqu’au cou. La collégienne qui reçoit la canne est rousse, alors que la précédente était blonde. Si ce n’avait été pour la compagnie de Gorodsvitch, j’aurais réglé mon adition et je serais parti. La fessée au rotin dans les pensionnats anglais n’est pas ma tasse de thé.

–  Soûls ou pas soûls, Chennault et son escadrille de mercenaires internationaux ont fait un boulot du tonnerre en Chine.

–  Tu parles!! 134 victoires homologuées. Probablement le double non comptabilisé. Ces mecs étaient des dingues du manche à balai. Chennault affirmait  –  contre les généraux de son époque  –  que si des chasseurs, opérant en groupe bien coordonné, parviennent à abattre le quart d’une vague de bombardiers, les trois-quarts restant abandonneront et rebrousseront chemin. C’est ce qui s’est passé à Tianjin, Hankou, Wuhan…

–  C’est l’un de ces anciens pilotes de Chine qu’il vous faudrait en ce moment, Victor. Un de ces casse-cou qui se poserait en catastrophe sur le Vorarlberg, enlèverait votre fiancée à la barbe des S.S. et viendrait vous la livrer sur l’aérodrome de Genève.

Redevenant sérieux, Gorodsvitch trempa son doigt dans la bière et dessina une frontière rudimentaire sur la table.

–  Voici Lustenau, en Autriche. Juste en face, vous avez la ville suisse de Rappenhof. Passez à mon bureau demain matin. Je vous donnerai quelques adresses.

Sur scène, le headmaster fouette au rotin une brune boulotte, toujours courbée sur le même pupitre. Cette fois il est en manches de chemise et porte une fausse barbe. On lit sur le tableau noir: IMPROPER BEHAVIOR MEANS THE CANE (Une mauvaise conduite signifie la Canne). Les coups sont administrés trop lentement et, me semble-t-il, pas bien fort. Je me demande combien sont payées ces filles pour se prêter à ces exhibitions?

La nuit tombait quand nous sommes sortis. Nous sommes rentrés en ville par le petit train de Lausanne. Nous avons dîné ensemble chez un Chinois de la rue du Rhône, histoire d’échanger encore quelques souvenirs de là-bas. Les patrons n’étaient pas Chinois mais Laotiens. Sans le dire ouvertement, ils nous ont semblé plutôt pro-japonais, dans doute considérés comme des libérateurs qui allaient chasser les Français d’Indochine. Nous avons été les derniers à quitter le restaurant. Dans ma chambre d’hôtel je n’arrivais pas à m’endormir. Au bar ils n’avaient pas de Bruichladdich. J’ai du me rabattre sur du Lagavulin, pas mauvais non plus.

Le lendemain j’étais devant le Centre juif à huit heures et demi; ils n’ouvraient qu’à neuf. Je faisais le pied de grue sur le trottoir, regardant les tramways dégorger leurs cargaisons d’employés, quand je vis arriver mon Gorodsvitch, plus Bibendum que jamais. Son complet, pourtant ample et copieusement fripé, craquait aux entournures. D’énormes lunettes cerclées d’une épaisse monture en écaille le faisaient vaguement ressembler à Sacha Guitry. Il m’a pris par le bras, m’a entraîné dans le bâtiment à la suite de deux jeunes secrétaires. Elles aussi se tenaient par le bras. Seulement elles riaient alors que je n’avais pas du tout envie de rire. Attendant l’ascenseur, l’une dut dire à sa copine une blague plus ou moins salace, car la copine lui appliqua une claque bien sentie sur les fesses, lui fit les gros yeux et gronda : « Tu devrais avoir honte, Myriam!! » Elles se tenaient serrées l’une contre l’autre, face à face, pendant que la cabine montait dans les étages. La plus petite  –  celle qui avait eu son derrière claqué  –  levait la tête pour regarder son amie avec des yeux chavirés d’amour. Elle était décolorée en blond platine, portait une robe rose pleine de froufrous et essayait de ressembler à Mae West. Sa copine, brune, coiffée à la Jeanne d’Arc, était sanglée dans un tailleur de coupe masculine. Ma braguette enfla. Tous les éléments se trouvaient réunis pour aiguillonner mes fantasmes, aussi sûrement qu’un matador excite le taureau en lui plantant ses banderilles dans les flancs.

Mon cerveau enfiévré construisit aussitôt un scénario, certes imaginaire mais qui aurait très bien pu être réel.

LA BRUNE IMPÉRIEUSE (d’un ton sévère)
« C’est du joli, Myriam!! Tu sais comment nous allons régler cette question ce soir, n’est-ce pas? »

LA BLONDE MINAUDANTE (voix de fillette grondée)
« Oui, ma chérie, je le sais. »

LA BRUNE IMPÉRIEUSE
« Ressens-tu réellement, profondément en toi, le désir d’être punie pour avoir prononcé ces mots dégoûtants? »

LA BLONDE MINAUDANTE (soudain excitée)
« Oh oui!!… J’ai besoin d’être punie très sévèrement. Tu sais à quel point ton autorité m’est nécessaire pour m’empêcher de faire des sottises. Sans tes punitions, toujours justes et judicieuses, ta petite Myriam chérie se sentirait complètement perdue… Elle serait comme une pauvre petite fille abandonnée!! »

LA BRUNE IMPÉRIEUSE (d’un ton radouci)
« Puisque je te vois dans d’aussi bonnes dispositions, je vais t’autoriser à déterminer toi-même le châtiment que tu dois recevoir pour expier ta mauvaise conduite de ce matin. Tu sais que tu seras corrigée dès notre retour à la maison en rentrant du bureau, n’est-ce pas, Myriam ».

LA BLONDE MINAUDANTE (respirant plus vite)
« Dès notre retour à la maison ce soir, oui ma chérie… Je ne vais penser qu’à ça toute la journée… Punie… Je vais être punie ce soir par ma grande amie adorée… Ouiiiiiiiiiiiii… JE VAIS RECEVOIR LE CHÂTIMENT HONTEUX SUR MES FESSES NUES!!!! »

LA BRUNE IMPÉRIEUSE
« Tu parles toi-même de tes fesses nues. C’est donc que tu vas te faire trousser, puis déculotter? »

LA BLONDE MINAUDANTE
« Ouiiiiiiiiiii… Ma robe troussée bien haut par derrière, rabattue jusqu’au dessus de la ceinture… Ma petite culotte baissée sur mes mollets… Les pans de mon tablier écartés de chaque côté pour bien exposer mon cul!!! »

LA BRUNE IMPÉRIEUSE
« Parce que tu porteras ton tablier pendant la correction? »

LA BLONDE MINAUDANTE
« Naturellement!! Tu sais bien que je ne suis jamais sans tablier dans la maison… Je suis UNE FEMME, non? »

LA BRUNE IMPÉRIEUSE
« Quel tablier mettras-tu pour te faire fesser? »

LA BLONDE MINAUDANTE (les yeux de plus en plus brillants)
« Mon grand tablier de cuisine… Le gris et jaune à fines rayures, qui me descend aux chevilles. Avec sa poche sur le ventre et des bretelles croisées dans le dos. Et puis j’étais parfaitement stupide quand je t’ai parlé tout à l’heure de baisser ma petite culotte… Encore une de mes sottes étourderies… Bien sûr que non, elle ne sera pas du tout petite, ma culotte… Sous mon grand tablier, je vais au contraire porter ma longue culotte victorienne… tu sais, mon caleçon fendu… Celui qui a des volants de dentelle au bas de chaque jambe… Qui se noue par derrière avec un cordon, exactement comme un tablier… Le caleçon dont tu écartes la fente pour me donner la fessée… D’abord tu commences par l’écarter pour découvrir mon cul… Mon gros cul que tu fesses à toute volée… PIF!!  –  PAF!!!… PIF!!  –  PAF!!!… PIF!!  –  PAF!!!… LA FESSÉE… La magistrale et cuisante fessée qui dresse les bonnes femmes et les oblige à marcher droit… La bonne fessée, claquante et pétaradante, administrée dans l’ouverture du caleçon fendu victorien… Puis, quand mon cul est bien rouge, tu dénoues les cordons et tu m’ôtes complètement ma culotte… Une jambe après l’autre… C’est alors que tu prends le martinet. »

LA BRUNE IMPÉRIEUSE
« Penses-tu avoir besoin du martinet ce soir? »

LA BLONDE MINAUDANTE
« Absolument!! Je pense que ma punition se déroulera en deux temps… Non!! En trois temps… D’abord je recevrais une magistrale fessée manuelle, administrée comme je viens de te le dire, allongée à plat ventre sur tes genoux dans mon tablier de cuisine, la fente du caleçon écartée au maximum pour présenter mon cul aux claques. Dans un deuxième temps, tu m’enlèveras complètement le caleçon, tu me feras prendre la position, courbée sur le dossier du fauteuil… Tu ajusteras les pans du tablier qui auraient pu, pendant ces changements de posture, reprendre leur place initiale et couvrir une partie trop importante de mon gros cul… Alors tu me fouetteras au martinet. »

LA BRUNE IMPÉRIEUSE
« Et le troisième temps? »

LA BLONDE MINAUDANTE
« Après avoir été fessée et fouettée comme le méritait mon honteux langage de la matinée, je te servirai le dîner dans la salle à manger  –  je te ferai une entrecôte marchand de vin, ton plat préféré. Le repas terminé, je desservirai la table et je ferai la vaisselle. Pour cette tâche, selon mon habitude je nouerais mon GROS TABLIER BLEU par-dessus le tablier de cuisine que je portais depuis notre retour du bureau: tu sais bien, ma grande amie adorée, que la première chose que je fais en rentrant chez nous, c’est de me mettre en tablier… Tu connais suffisamment mon opinion sur ce sujet: les maris devraient fesser leurs femmes quand elles ne mettent pas leur tablier. Et c’est bien ce que tu fais, n’est-ce pas ma chérie? Ah pour ça oui, j’ai été bien dressée avec toi. La première fois que tu m’as vue faire le ménage sans tablier, ça a été une bonne fessée sur tes genoux. La seconde fois: cinquante coups de martinet que je devais compter à haute voix. Tu t’interrompais à chaque dizaine pour que je répète cinq fois de suite, tortillant désespérément mon derrière enflammé: "Une vraie femme n’ôte jamais son tablier" ».

LA BRUNE IMPÉRIEUSE
« Et la troisième fois où tu n’as pas mis ton tablier en rentrant, qu’est-il arrivé? »

LA BLONDE MINAUDANTE (troublée)
« Ça j’ai moins aimé. »

LA BRUNE IMPÉRIEUSE (sarcastique)
« Je sais très bien que tu n’as pas beaucoup apprécié cette punition. Parce qu’elle te faisait chier, c’est le cas de le dire!! Mais c’était ma décision… MA DÉCISION… Et je l’ai fait sans te demander ton avis, que cela plaise ou non à mademoiselle Myriam. »

LA BLONDE MINAUDANTE (à voix basse)
« Je sais… Et je m’en suis pris plein mon cul!!»

LA BRUNE IMPÉRIEUSE
« Allez!!… Dis ce que je t’ai fait… Dis le tout de suite avant que je me fâche. »

LA BLONDE MINAUDANTE
« Tu m’as… »

LA BRUNE IMPÉRIEUSE
« Oui, Myriam? »

LA BLONDE MINAUDANTE (bafouillant)
« Après m’avoir donné… LE FOUET… Tu as mis ton tablier… Ton tablier de caoutchouc  et tu es allée… Tu es allée préparer le… »

LA BRUNE IMPÉRIEUSE (sèche, cassante)
« LE QUOI, Myriam? »

LA BLONDE MINAUDANTE (pétrissant ses mains et se mordant les lèvres)
« LE LAVEMENT!!! »

LA BRUNE IMPÉRIEUSE
« Combien de litres? »

LA BLONDE MINAUDANTE (sa bouche en cul de poule)
« DEUX!!! »

LA BRUNE IMPÉRIEUSE (sourire sadique)
« Et quand j’ai injecté ces deux litres d’eau savonneuse dans ton trou à caca, où t’ai-je installée pour évacuer tes saletés? »

LA BLONDE MINAUDANTE (anéantie, toute volonté détruite)
« SUR LE POT!!! »

LA BRUNE IMPÉRIEUSE
« Quel pot? »

LA BLONDE MINAUDANTE (cachant son visage dans ses mains)
« LE POT DE CHAMBRE!!! »

LA BRUNE IMPÉRIEUSE
« Je te surveillais comment? »

LA BLONDE MINAUDANTE
« Montre en main. Je devais garder mon lavement dix minutes. »

LA BRUNE IMPÉRIEUSE
« Une fois ces dix minutes écoulées, as-tu fait ton caca devant moi? »

LA BLONDE MINAUDANTE
« OUI… Et je suis venue te le montrer!!! »

LA BRUNE IMPÉRIEUSE
« Et une fois que mademoiselle Myriam a été purgée de ses immondices, que lui a fait sa grande amie? »

LA BLONDE MINAUDANTE
« Elle la couchée sur son tablier de caoutchouc et elle l’a torchée comme un gros bébé. »

LA BRUNE IMPÉRIEUSE
« Juste torchée? »

LA BLONDE MINAUDANTE
« Non. La vilaine Myriam a reçu une seconde fessée… Mouillée celle là… LA FESSÉE MOUILLÉE… Pour avoir fait des simagrées en refusant de prendre tranquillement et sagement son lavement. Tu plongeais une éponge dans une cuvette remplie d’eau froide; tu me la passais lentement sur mon cul, insistant sur la raie et l’entrejambes; et tu m’a fessée avec ma brosse à cheveux jusqu’à ce qu’une buée de vapeur monte de ma peau brûlante et mouillée. »

LA BRUNE IMPÉRIEUSE
« Que s’est-il passé pendant cette deuxième fessée? »

LA BLONDE MINAUDANTE
« Myriam a vidangé les dernières cochonneries qui restaient encore dans ses intestins… Ses muscles du ventre, des cuisses et des reins se sont brusquement relâchés sous l’effet de la fessée… Elle a déposé un dernier caca mou sur le tablier de caoutchouc de sa grande amie. »

LA BRUNE IMPÉRIEUSE
« Quelle a été la réaction de sa grande amie en se faisant chier dessus? »

LA BLONDE MINAUDANTE (criant presque)
« LE FOUET À CHIENS!!! »

LA BRUNE IMPÉRIEUSE
« Pourquoi ai-je justement employé le fouet à chiens sur toi? »

LA BLONDE MINAUDANTE (au bord de l’orgasme)
« Parce que… »

LA BRUNE IMPÉRIEUSE
« Parce que QUOI, Myriam? »

LA BLONDE MINAUDANTE (jouissant dans sa culotte)
« Parce que… Rôôôh… Le fouet… LE FOUET À CHIENS!!!… Ouiiiiiiiiiii… Aaghhhhh…. C’est symbolique… Rôôôôôhh… C’était  pour me faire comprendre…. »

LA BRUNE IMPÉRIEUSE (glaciale)
« Te faire comprendre QUOI, Myriam? »

LA BLONDE MINAUDANTE (débridée, en plein orgasme)
« Me faire comprendre qu’une femme… Rôôôôôhh… Une femme digne de ce nom… N’est pas… Aaghhhh… Un animal… Un animal soumis à ses instincts… Hou-ou-ou-ou… Je jouis… Jouiiiiiiiiiiiiiiiiiiii !!!… Il faut me dresser… Un dressage sévère… Hou-ou-ou-ou-ou… LE FOUET À CHIENS… Ouiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii…. Administré sans pitié ni rémission sur mon gros cul de salope… Pour m’apprendre à me tenir!!… Rhôôôôôhhh… Pour châtier la chienne en chaleur que je suis… Hou-ou-ou-ou-ou… Une chienne qui chie partout et veut une grosse bite dans son con baveux… Aaaaghhhhhh… Femme…  Discipline…. Fessée…. Tablier!!!!!! »

Nous étions arrivés depuis longtemps au quatrième étage. Les deux secrétaires avaient disparu au détour d’un couloir, mais leurs silhouettes s’imposaient toujours à mes yeux et je bandais encore en pensant au dialogue que je venais d’inventer. Gorodsvitch occupait un petit bureau poussiéreux, donnant sur une arrière cour où pendait du linge sur des cordes. Plusieurs photos décoraient le mur. L’une représentait Mao Tsé-toung, entouré de ses compagnions de la Longue Marche. Une autre photo, dédicacée, montrait Soong Meï-ling  –  La seconde épouse de Tchang Kaï-chek  –  celle qui avait, paraît-il, un tempérament volcanique et avait vraisemblablement été la maîtresse du chef de mercenaires Claire Chennault  –  vêtue d’une robe chinoise traditionnelle, une fleur d’hibiscus dans les cheveux et un éventail ouvert sur ses genoux. Les autres photos représentaient des scènes de la rue dans un ghetto d’Ukraine, ou de Biélorussie… Sur l’une d’elles un juif orthodoxe donnait à manger à une colombe blanche, perchée sur son épaule. Je me suis demandé depuis combien de temps Moshe Gorodsvitch avait perdu la foi et était devenu athée.

Il dut suivre mon regard car il se racla la gorge et sa voix devint voilée.

–  Voila. J’ai trois adresses pour vous. Comme vous l’a expliqué mon chef, Chaim Nahmann, notre comité ne peut pas vous venir en aide directement. De par nos statuts, il nous est impossible de faire évader d’Allemagne des personnes de confession non-israélites. Je suis en charge des évasions dans cette région qui vous intéresse. C'est-à-dire la partie septentrionale du Vorarlberg autrichien, entre Feldkirch et le lac de Constance.

Il fit glisser vers moi, à travers son minuscule bureau en bois blanc, trois dépliants publicitaires  –  de ceux que l’on peut se procurer dans les syndicats d’initiatives.

–  Ces trois là sont des adresses sures. Les patrons qui tiennent ces auberges de montagne sont sympathisants à notre cause, opposés aux hitlériens. Vous pourrez leur exposer librement votre projet. Le Vorarlberg suisse est une région touristique très fréquentée par les skieurs et les alpinistes; beaucoup d’Anglais… Les Français sont moins nombreux, mais vous ne vous ferez pas remarquer outre mesure.

Gorodsvitch se leva, me tendit la main. Je crus que sa manche de chemise allait craquer à l’épaule.

–  Je vous souhaite bonne chance, Victor.

Sa voix s’étrangla.

–  Toujours anticiper les plans de l’adversaire, comme Tchang Kaï-chek l’a fait à Chongqing.

Sa poignée de main était forte. La mienne encore plus forte.

–  Merci, Moshe.

Dans ma chambre d’hôtel, un Bruichladdich sans glaçons à portée de main (ils n’en avaient pas au bar, mais je m’en étais trouvé deux bouteilles dans un magasin de vins fins et spiritueux de la rue de Lyon), allongé tout habillé sur mon lit, une Gauloise Bleue allumée au coin de mes lèvres,  le cendrier posé sur mon ventre, j’ai examiné ces dépliants que m’avait donné l’homme de Nankin.

Tous les trois représentaient des hôtels de montagne, situés dans des petites stations de sports d’hiver du canton de Saint Gall, Le frontière autrichienne n’était qu’à quelques kilomètres. Pimpantes auberges peintes de couleurs vives; fleurs à toutes les fenêtres; balcon de bois sculpté faisant le tour de la maison; toits pentus pour laisser glisser la neige. Les glaciers, trop blancs, se détachaient sur un ciel d’un bleu qu’on ne voit que sur les cartes postales. En ouvrant le dépliant, on pouvait voir des photos des chambres, de la salle à manger, du bar, des cuisines…

Les portraits des patrons, aussi:

Ignaz und Maria Finkenberg  –  Gasthoh Finkenberg, à Mühlau  –  ski; soleil; sports de montagne; tranquillité dans un paysage splendide.

Ezio und Camilla Vecchiarelli  –  Hotel Edelweiss, à Patsch  –  sports de montagne; ski; soleil; tranquillité dans les Alpes du Vorarlberg.

Andreas und Susanne Ehringer  –  Gasthof Zahnradbahn, à Aeschach  –  soleil; ski; escalade; vue imprenable sur le massif du Riswald.

Mon choix s’est porté sur ce dernier hôtel: « L’Auberge du train à crémaillère ». Pas parce qu’il me parut mieux que les autres. Parce que la patronne  –  Susanne Ehringer, une jolie blonde d’une quarantaine d’années  –  s’était fait photographier en tablier. Son mari paraissait plus âgé qu’elle. Il la tenait par la taille. Elle souriait, toute contente, sanglée dans un grand tablier à bretelles fortement ceinturé, les cordons ramenés par devant, noués sur le ventre et pendant jusqu’au sexe. L’image me vint  –  totalement suggestive  –  que Frau Ehringer devait parfois se masturber à sa table de cuisine, pendant qu’elle épluchait les légumes, levant son tablier pour s’introduire dans le vagin un gros poireau bien vert. Des images de ce genre me viennent assez souvent quand je regarde une jolie femme en tablier, je le reconnais volontiers.

Je consultai ma montre; il n’était pas encore midi, ce qui me parut une bonne heure pour les appeler. Je composai le numéro de la Gasthof Zahnradbahn.

Une voix d’homme me répondit  –  sans doute cet Andreas aux cheveux longs et à la dégaine d’adolescent trop vite grandi.

La saison hivernale n’étant pas commencée, ils n’avaient encore personne. Je pouvais choisir la chambre que je voulais.

–  Vous arriveriez quand?

–  Est-ce qu’après demain vous convient?

–  Aucun problème. Votre chambre sera prête. Vous venez en voiture?

–  Non, par le train.

–  Vous venez d’où?

–  De Genève.

–  Vous aurez un changement à Zürich. Il vous faudra descendre à Rappenhof. Il y a deux trains par jour, un le matin, un autre le soir. Si vous me dites celui que vous prendrez, je peux venir vous chercher à la gare.

–  De Genève, ça fait un voyage de combien d’heures?

–  Il faut compter sept bonnes heures. Genève-Zürich ça va vite avec le rapide. Mais vous aurez une heure d’attente pour la correspondance à Zürich. Puis pour Rappenhof, il vous faudra prendre un tortillard qui s’arrête partout. Si vous partez le matin de Genève, vous serez à Rappenhof pour 17 heures.

–  C’est bon. C’est ce train-là que je prendrai.

–  Nous disons donc après demain… Ça nous met au mercredi 14. Je vous attendrai au train. Ma voiture est une vieille Ford rouge.

–  J’ai vu votre photo sur le dépliant publicitaire. Je vous reconnaîtrai.

–  Alors c’est parfait. A quel nom dois-je retenir la chambre?

–  Blandl… Victor Blandl.       

 

.../... à suivre


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