Présentation

  • : Tabliers, blouses et torchons de cuisine
  • Tabliers, blouses et torchons de cuisine
  • : enema
  • : Ce blog est consacré au fétichisme des tabliers de cuisine de femme, des blouses de femme et des torchons de cuisine. Il s'adresse aux adultes seulement, ayant atteint l'âge de la majorité légale dans le pays. Et tenez les enfants à l'écart, bien sûr.
  • Partager ce blog
  • Retour à la page d'accueil
  • Contact

Recherche

Derniers Commentaires

Dimanche 23 octobre 2011 7 23 /10 /Oct /2011 09:07

Un texte qui m'a été donné par mon ami Molenbeek, dont vous connaissez déjà le talent, et que je publie par épisodes.


Tyrol (lieu hélas inconnu !)
Le 3 octobre 1938


Mon Victor chéri...
Mon amour!!

Un contrebandier doit, moyennant finances (et j’ai bien du mal à m’en procurer, des finances!!), doit donc poster cette lettre en Suisse  –  la recevras-tu? Nous sommes sous haute surveillance ici. Si, par malheur, ce message était intercepté par notre service d’ordre, je serais mise au cachot, sûrement fouettée …

Voici donc ta pauvre Leni cloîtrée au cœur des Alpes, mon chéri: rien que des alpages, encore des alpages, toujours des alpages. À perte de vue. Et des vaches. Ces vaches tyroliennes, enflées comme des hippopotames, qui donnent quinze litres de lait par jour. Je ne peux même pas te donner de précision sur l’endroit où je suis. Tout le monde ici parle de « See »… mais comme il y a 574 lacs au Tyrol?? (Je l’ai appris en classe).

La seule indication que j’ai, c’est que ce « phalanstère » où je me cache  –  en fait une communauté plus ou moins chrétienne (hum!!… re: hum)  –  ne doit pas se trouver bien loin de la frontière. Nous recevons, en contrebande, des produits étrangers que l’on ne peut plus se procurer en Autriche. Notre « Directeur Spirituel » fume des Lucky Strike, devenues pratiquement introuvables. Le nouveau régime hitlérien serre la vis et réduit au maximum les importations en dollars. J’ai ramassé un paquet vide dans la corbeille: c’est bien de l’importation suisse.

Et puis aussi, selon certaines rumeurs persistantes, des guides de montagne font passer clandestinement la frontière à des juifs fuyant le nazisme.

Montagnes, ô montagnes!!

Ce que je peux déjà t’en dire, c’est que tous ces films sur les Alpes tyroliennes sont bidons: les paysannes que j’ai pu apercevoir ne sont pas en costume folklorique; elles ne dansent pas sur la place du village, en chantant des airs de Franz Lehar, quand le châtelain du coin arrive dans sa calèche (frisant ses moustaches en pointe); d’ailleurs il n’y a plus de châtelains; les bergers ne poussent pas des yodel-la-aa-yodel-la-aa-itou dont l’écho se répercute de glacier en glacier (ici un numéro de claquettes par Marika Rökk). Désolé, mon cher. C’est toujours douloureux de perdre ses illusions, je sais.   

Ben oui, ta petite Leni adorée (c’est de toi: tu me trouvais adorable) est vachère au Tyrol! C’est un aspect du folklore local si l’on veut, d’accord. Mais certainement pas le folklore auquel je m’attendais. Vachère! Je ne parviens pas à me le mettre dans la tête, il faut que je me le répète pour y croire. Vachère en tablier. Un immense tablier à bretelles, en grosse toile qui fut probablement bleue à l’origine, maculée d’anciennes taches de bouse devenues indélébiles avec le temps et délavée par d’innombrables lessives. Et  –  je te le donne en mille  –  RAPIÉCÉ!!  Parfaitement: une large pièce rectangulaire a été cousue sous la poche ventrale, pour recouvrir un endroit qui était sans doute déchiré ou troué. Le tablier étant devenu bleu grisâtre à l’usage, cette pièce rapportée se détache en bleu plus foncé au milieu de la jupe. J’aime autant te dire que j’ai la touche!! En fait, je suis parfaitement dans le rôle qui est désormais le mien: celui d’une vachère et fille de ferme. La « Chef » prétend que c’est excellent pour dégonfler mon ego. Par moments il me prend des envies de foutre le feu à leurs granges, étables… leurs « bungalows » alignés au cordeau, comme dans une cité ouvrière… Puis je me dis que, dans le fond, Fraulein Moltke n’a pas tout à fait tort. Je suis orgueilleuse, vaniteuse même. Tu peux donc facilement imaginer l’effet que me fait ce vieux tablier sentant la bouse et le purin. Je le noue par dessus ma blouse en me levant le matin, et ne l’ôte que pour aller au lit le soir. Quand je vois les autres femmes, aux cuisines ou au réfectoire, je constate que je suis la plus souillon de toutes. La Molkte, toujours prête à m’humilier, se bouche ostensiblement les narines lorsque je passe près d’elle.

À toi, mon chéri, je peux bien l’avouer: il m’est arrivée de glisser une main sous la jupe de ce méchant tablier pour… pour…

En pensant fort à toi!! Tu vois de quoi je parle, n’est-ce pas, mein chatz?

A Vienne j’ai eu un pot incroyable. J’ai quitté mon studio chez la mère Moenitz deux jours avant que les nazis ne rappliquent pour me gauler. Ça s’appelle de l’intuition féminine ou je ne m’y connais pas…  

Un pasteur eucuménique, chez qui j’allais de temps en temps écouter les sermons, m’a déniché ce refuge où je suis encore aujourd’hui  –  après m’avoir longuement et sévèrement sermonnée pour mes idées gauchistes.

Il travaillait avec une filière d’évasion israélite, mais je n’avais pas suffisamment d’argent pour payer les passeurs suisses. Une évasion coûte 5 000 schillings. C’était au dessus des moyens de ta petite fée ailée. Je pense qu’il m’a envoyé chez les « Vieux Croyants » en dernier ressort, se disant que j’y serais quand même mieux que dans un camp de concentration nazi. Je ne doute pas de sa bonne foi.  

Il me fallait trouver une cachette de toute urgence, j’avais la Gestapo aux fesses. Cette communauté de farfelus a accepté de me donner asile. En me traitant  –  c’est le prix à payer  –  ma « mortification », disent-ils  –  comme la dernière des servantes.

Servante fessée  –  entièrement déculottée, sur mon derrière honteusement dénudé  –  si Fraulein Moltke trouve un motif pour m’infliger sa punition de prédilection. C’est une fesseuse passionnée, je m’en suis rendue compte dès mon arrivée. Mes sentiments sont mitigés à son égard. Lors de mes premiers jours chez ces intégristes  –  Ils se font appeler les « Vieux Croyants »  –  je me suis braquée contre elle. Avec le résultat que, de son côté, elle s’est braquée contre moi. Nos polarités se repoussaient Qu’est Hedwig Moltke pour notre communauté? Officiellement la régisseuse, en réalité la maîtresse absolue du domaine. Elle n’est plus toute jeune, je lui donne entre quarante-cinq et cinquante ans. La mère Mac Miche: la vivante caricature de la vieille fille revêche et aigrie. Elle porte des tenues monacales: jupe longue; chemisier boutonné jusqu’au cou; pas de seins et presque pas de fesses; sanglée très serrée dans un tablier blanc, toujours immaculé et raide d’amidon, qui lui tombe sur les pieds. Pour qu’il soit toujours aussi blanc et aussi raide, sans jamais la moindre trace de souillure, je suis persuadée qu’elle change de tablier plusieurs fois par jour. Tout le monde ici sait qu’elle jouit d’un ascendant total et complet sur Herr Löwendorfer qui, sous ses allures onctueuses, sous ses airs de Souverain Pontife, est en réalité un grand mollasson sous la coupe de sa régisseuse et maîtresse. Alors que dans ses sermons du dimanche, drapé dans sa toge blanche qu’il prétend avoir été celle de l’apôtre Pierre, Herr Löwendorfer prêche la domination masculine et la soumission des épouses comme étant partie intégrante des lois divines transmises à Moïse sur le mont Sinaï, la vérité m’oblige à dire qu’il se comporte en petit garçon, effrayé à l’idée de désobéir à sa lavementeuse adorée.

Oui, mon chéri, tiens toi bien: elle lui administre régulièrement des lavements.

Oui: la canule. Dans son trou-trou.

Le grand ramonage de la tuyauterie!!

Un matin où j’étais à ma fenêtre, derrière les volets clos, j’ai entendu le livreur de bière qui causait avec la régisseuse. Ce colosse  –  un pur tyrolien en lederhose, des épaules comme des essieux de camion, médaillé dans les championnats de lutte alpine  –  demandait un remède contre la constipation.

–  Trois jours, Fraulein Moltke… Vous vous rendez compte? Trois jours que ma Martha n’arrive pas à faire. De temps en temps elle est prise de coliques qui le font se tordre en criant de douleur. Mais ça ne vient pas… Elle a beau pousser, pousser… Rien à faire! Ça ne veut pas sortir. Vous cultivez tout plein de plantes médicinales dans vos jardins… Comment appelez-vous ces remèdes naturels, déjà: l’homopatrie?… L’homopoultie?
–  L’homéopathie.
–  C’est ça! L’homéopoultrie. Je ne sais pas si j’arriverai à m’entrer ça dans le crâne un jour. Vous avez de ces noms, vous autres les intellos!!… Sans vouloir vous heurter, Fraulein, tout l’monde il a pas votre instruction. Est-ce que votre homéopoutrie ça marche pour la constipation?
–  Ça marche même très bien. Entre donc, Franz… je vais te donner ce dont ta femme à besoin. Attends moi ici, je reviens dans deux minutes.

Je suis allée sur le palier sur la pointe des pieds pour écouter la suite.

–  Voilà. Dans cette boite j’ai mis des graines de lin brun. Ta femme doit en prendre une pleine cuillère à soupe quatre fois par jour. Maintenant ces sachets…sept sachets, pour la semaine… je te les mets à part dans ce sac. Ils contiennent le nécessaire pour des lavements laxatifs. Ces lavements aux plantes agissent en profondeur. Ils sont particulièrement efficaces si on les pratique en cure de trois semaines. Je t’en redonnerai quand tu repasseras. Les stases fécales sont jour après jour expulsées par l’activation des mouvements naturels du côlon. Aucun produit chimique. Tout est naturel  –  bourdaine, séné, ricin, aloès  –  des plantes cueillies sur notre domaine, issues de nos cultures, garanties sans engrais chimiques ni pesticides. Nous ne sommes pas clients de la société Bayer. Un sachet est à diluer dans un litre d’eau tiède.
–  Des lavements?
–  Oui, je dis bien: DES LAVEMENTS. Si possible en cure de trois semaines
–  Alors là, Fraulein Moltke…
–  Quoi donc, Franz?
–  C’est impossible!!
–  Pourquoi est-ce impossible, je te prie?
–  Parce que Martha n’acceptera jamais de se faire…
–  De se faire?
–  Ben… comme vous dites, Fraulein Moltke.
–  Lavementer?
–  Oui.
–  Glisser la canule.
–  Y’a d’ ça…
–  Bien sûr il y a de ça. Glisser la canule à lavement dans son trou à caca… Son trou à caca étant justement et précisément l’endroit qui pose problème… L’endroit d’où partent TOUS SES PROBLÈMES. Peux-tu comprendre cela, Franz? Son trou bouché… Bouché hermétique tellement il est serré. Et qu’il est par conséquent nécessaire, que dis-je? qu’il est par conséquent indispensable de déboucher. Et comment déboucher ce trou obstrué? Ce trou obstinément fermé? Fermé autant pour des raisons psychiques que par des matières fécales durcies. L’un engendrant l’autre: c’est un cercle vicieux. Plus nous sommes stressés, angoissés, plus nos tripes se nouent… l’expression populaire le dit bien… « Avoir les tripes nouées »… Écoute moi, Franz. Que fais-tu quand tu as des problèmes de plomberie à la maison? Dans l’évier on verse de la soude. Dans les cabinets des sels chlorés qu’on laisse agir une nuit. Eh bien nos boyaux c’est pareil. Si ta Martha veut se débarrasser de cette constipation chronique qui la fait souffrir, il est indispensable qu’elle fasse une cure de ces lavements aux plantes naturelles que je t’indique.
–  Je vous crois volontiers, Fraulein Moltke. J’ai souvent entendu parler des bienfaits de l’homéopoutrie. Mais si Martha refuse de prendre ses lavements, que puis-je faire?
–  Tu peux faire beaucoup de choses, Franz?
–  Je vous demande quoi, Fraulein Moltke?
–  Herr Löwendorfer.
–  Le Maître!!
–  Oui, comme tu dis… LE MAÎTRE. Eh bien je peux te dire entre nous, Frantz, que LE MAÎTRE est souvent constipé. Effroyablement constipé. D’énormes responsabilités pèsent sur ses épaules. Il doit assurer la survie économique et financière de notre communauté. Il est constamment submergé de demandes de membres qui s’imaginent qu’il va résoudre leurs problèmes d’un coup de baguette magique. Je sais que ça peut paraître ridicule, mais beaucoup parmi nos fidèles le prennent pour Dieu le Père. Son devoir envers les « Vieux Croyants » est d’assumer cette position, en leur faisant croire à tous qu’il EST Dieu le Père. Sinon tout notre système s’écroulerait comme un château de cartes. La place qu’ occupe Le Maître dans notre communauté est extrêmement difficile à tenir, autant moralement que nerveusement,  je peux te l’assurer.
–  C’est marrant ce que vous dites là. Ça me fait penser au chancelier Hitler!
– Tu n’as pas tort, Franz. Tu n’as pas tort du tout. C’est exactement de la même manière qu’Hitler est piégé. Sieg Heil!! Sieg Heil!!! Ô Führer… Ô Grand Sorcier… Tire nous de notre merde et rend ton peuple heureux. Simplement il fait des promesses qu’il sait ne pas pouvoir tenir. Il joue de sa mégalomanie pour exalter le peuple, pour mieux tirer les ficelles de ces pauvres marionnettes qu’il fait défiler au pas de l’oie. Il en crèvera éventuellement. En crèvera dans une diarrhée monstre qui engloutira toute l’Allemagne dans sa coulée. Et  –  hélas  –  l’Autriche avec.
–  Le remède, Fraulein Moltke?
–  Une cure de lavements de trois semaines, avec les plantes que je t’indique.
–  Herr Löwendrorfer se soumet-il à cette cure sans protester?
–  Absolument. Et…

Je ne pouvais pas les voir du palier où j’étais tapie dans l’ombre. Mais j’entendais tout.

– … et si par hasard, dans un moment de révolte… de sotte révolte masculine qu’il ne parviendrait pas à contrôler, il refusait de prendre son lavement…

Il y eut un silence. Je n’entendais plus que la respiration oppressée de l’homme. Je me l’imaginais rouge, congestionné, penaud comme un petit garçon grondé devant la régisseuse dont le chignon lui arrivait à peine à mi-poitrine.

– Dis-moi, Franz… Ta Martha, ne lui arrive-t-il jamais d’être opposante, têtue? De vouloir n’en faire qu’à sa tête et refuser d’entendre raison?
– Ma foi… Y a ben un peu d’vrai dans ce que vous dites, Fraulein Moltke. C’est sûr qu’il lui arrive de me tanner jusqu’à ce qu’elle ait obtenu ce qu’elle veut. Pas tous les jours, non. Mais ça lui arrive de temps en temps. C’est un peu pareil avec toutes les femmes, vous ne croyez pas?
– Non, Franz, je ne le crois pas. Ce type de comportement n’existe que dans les ménages où la femme fait ses quatre volontés… Si elle fait ses quatre volontés, c’est parce que son mari ne sait pas, ou ne veut pas, la cadrer et la remettre à sa place.
–  Martha est une excellente cuisinière.
– Voilà! Nous y sommes… Nous y sommes en plein!! Ta Martha mitonne de bons petits plats pour régaler le gros gourmand que tu es. En échange de quoi tu lui laisses la bride sur le cou et tolères ses accès de mauvaise humeur. Sais-tu comment cela s’appelle, Franz?  Ça s’appelle tenir son homme par les cordons du tablier.
–  Je…
– C’est ça, mon garçon… Riboule bien tes beaux yeux bleus… Fais bien gonfler tes biceps de lutteur… Impressionne moi bien du haut de tes 1m90… Quel homme!!! Ça c’est un mâle ou je ne m’y connais pas. Un pur mâle tyrolien qui met sa petite femme aux fourneaux pendant qu’il boit sa bière en lisant le Tyrolische Alegemein Zeitung. Bidon. Balivernes. Vous n’êtes en réalité que des baudruches. Des pantins que les bonnes femmes tiennent en laisse par les cordons de leurs tabliers. Des saucisses dans leur assiette, plus de saucisse dans le pantalon. C’est ça les hommes d’aujourd’hui.  
–  Oh! Fraulein Moltke… Tout de même, vous exagérez!!
–  Je n’exagère rien du tout. Sais-tu de quoi elle a besoin, ta femme?
–  Dites…
– De quelques bonnes fessées. Pour lui montrer une fois pour toutes qui commande à la maison. Madame s’est montrée grincheuse, acariâtre… Allez Hop!! Ses jupes et ses jupons en l’air… Sa culotte baissée en bas des cuisses… Les pans de son tablier bien écartés… Et PAN! PAN! PAN! PAN!… La Fessée!! Une magistrale et cuisante fessée, administrée sans faiblesse ni rémission sur son derrière nu. Martha a été opposante ou désobéissante… LA FESSÉE.  Martha a fait une colère en tapant du pied et lançant des objets à travers la maison…  LA FESSÉE. Martha a refusé de prendre son lavement alors qu’elle se plaint d’être constipée… LA FESSÉE….  

Mon Victor chéri, mon amour …

Nous y voici enfin arrivés!!

C’est bien sûr de LA FESSÉE que je veux te parler dans cette lettre. Comme tu le sais certainement, les châtiments corporels font partie de la règle en vigueur chez ces intégristes. Tôt ou tard, tous les membres de notre communauté sont amenés, pour un motif ou un autre, à recevoir le fouet. Disons que, dans mon cas, c’est arrivé plus tôt que plus tard…
 
Voici le compte rendu fidèle de ce qu’a subie ta Leni dimanche dernier, après l’office. Il ne fait aucun doute dans mon esprit que la sévère punition que m’a infligé Herr Lôwendorfer lui a été suggérée  –  pour ne pas dire ordonnée  –  par son égérie, à savoir notre redoutable et tyrannique régisseuse: Hedwig Moltke.

Le culte venait de se terminer. Nos fidèles se plaçaient en file pour sortir. A la porte, Herr Löwendorfer les attendait, serrait des mains, caressait la tête des enfants, avait un mot aimable pour tous. Les familles regagnaient alors leurs logements respectifs, où les femmes commençaient à préparer le repas de midi. Mais dimanche dernier, notre leader, appelé « Père Supérieur », leur a dit de se rendre dans la salle de conférences, où il avait une importante communication à leur faire. Il faisait beau; un chaud soleil éclairait la chapelle d’une lumière dorée. Sur la pelouse, le plus jeune des fils Gründt lançait un bâton au loin, que son chien allait chercher ventre à terre, lui rapportait à grand renfort de battements de queue, et réclamait une nouvelle partie en jappant et sautant.

Venant de dehors, j’éprouve une impression de fraîcheur en entrant dans la salle de conférences. Je frissonne, regrettant de pas avoir pris un pull.

Une table est installée dans l’allée centrale. Sur cette table un projecteur d’images. Un de ceux que l’on utilise dans les écoles, pour faire des projections aux élèves: on place un livre dans un tiroir, ouvert à la page où se trouve l’image que l’on souhaite agrandir; on fait glisser ce tiroir jusqu’à ce que le livre soit positionné sous un jeu de miroirs recadrant l’image dans la focale de l’objectif; on allume alors la lampe du projecteur et les images apparaissent sur un écran.

Herr Löwendorfer me désigne d’un doigt accusateur.

–  Leni Erfürth, montez sur l’estrade, je vous prie.

Il plastronne dans sa robe blanche d’apparat.

Je me lève, monte sur l’estrade et m’assied sur la chaise que me désigne notre gourou.

La Moltke ne me quitte pas des yeux. Un rictus gourmand ourle ses lèvres gonflées. Sa bouche palpite comme un anus dilaté. Elle a le feu aux joues. Pour se donner une contenance et masquer son excitation, elle tripote son chignon.

Face à l’assistance, je remarque l’absence des jeunes: je n’ai devant moi que des adultes, les yeux rivés sur ma personne. Plusieurs femmes tiennent la main de leur mari et se serrent contre lui, comme apeurées. Les hommes sont endimanchés: costume gris ou noir; col empesé; cravate de couleur neutre; souliers cirés. Les femmes portent le dirndl autrichien, long. Je repère Angelica Kauffmann, assise au troisième rang entre son père et sa mère. Dix-neuf ans, blonde, taillée comme un cheval de labour. Contrainte à la confession publique après s’être prosternée devant le « tabernacle de Salomon », elle a du avouer, agenouillée face aux fidèles dans l’allée centrale, comment elle avait menti à ses parents, leur disant qu’elle allait travailler dans les serres alors qu’elle s’échappait pour rejoindre son amoureux derrière les écuries. Les seins lourds, la respiration courte et sifflante, Angelica a été forcée de raconter son châtiment par les menus détails: couchée à plat ventre sur son lit, sa maman lui avait relevé sa chemise de nuit sur les épaules; puis elle était venue se positionner à la tête du lit pour la maintenir solidement par les poignets. Herr Kauffmann, un ancien batelier du Danube, avait prit place à sa droite, balançant et soupesant une large et épaisse étrivière en cuir fauve… Schlakk! Schlakk! Schlakk! Schlakk!… Dix coups d’étrivière administrés du côté droit. Papa Kauffmann fait alors le tour du lit et recommence… Schlakk! Schlakk! Schlakk! Schlakk! Schlakk!… Dix coups administrés du côté gauche. Et on repart à droite… Et on fait à nouveau le tour à gauche. Dix fois de suite. Cent coups d’étrivière. La douleur était à la limite du supportable. Après la correction, les fesses d’Angelina ressemblaient à une bassine de confiture de groseilles. Elle avait supplié qu’on lui applique de la pommade adoucissante, mais vu la gravité de la faute sa maman lui avait refusé ce soulagement. Pendant cette confession publique, j’avais observé plusieurs fois, à la dérobée, Fraulein Moltke. Ces symptômes ne trompent pas. Serrant les dents autant que les fesses, gorge serrée et boyaux noués, notre cerbère s’était bel et bien payée un orgasme dans sa culotte!!

Le soleil entre à flots par de hautes baies vitrées. Fraulein Moltke se lève. Elle sort un livre de son sac. Des bandes de papier blanc servent de marqueurs à plusieurs pages. Elle ouvre le livre à l’une de ces pages et va le placer dans le tiroir du projecteur. Herr Löwendorfer fait baisser les stores.
 

 

–  Mes très chers frères et sœurs…
 

 

Il toussote pour s’éclaircir la voix. Il me regarde, assise raide et figée sur ma chaise à dossier droit.
 

 

– Vous connaissez tous Leni Erfürth, récemment arrivée dans notre communauté. Traquée par le nouveau régime pour ses opinions politiques, elle m’a été recommandée par des amis de Vienne. Des amis intégristes, partageant nos idées. Après en avoir délibéré avec notre estimée régisseuse, Schwester (sœur) Moltke, nous avons décidé de lui donner asile chez nous. Bien qu’elle n’appartienne pas à notre mouvement, la sachant même socialiste et athée, nous lui avons généreusement ouvert nos portes, par charité chrétienne d’abord, partant aussi du principe que les ennemis de nos ennemis sont nos amis. Face aux douloureux événements dont le Seigneur accable l’Autriche, nous, les « Vieux Croyants », devons aide et assistance à toute personne menacée par la vindicte aveugle et barbares des nazis, quelles que soient ses origines ou sa confession. Nous ne cachons d’ailleurs pas l’espoir d’ouvrir leur cœur par l’exemple de notre mode de vie vertueux, de nos hautes valeurs morales, et d’obtenir un jour la conversion de ces chères âmes que Dieu nous adresse dans son infinie bonté. C’est dans cet esprit de protection et de charité que nous avons accueilli Leni. Et puis il s’est passé CECI: comme il est dit dans le Livre Saint, « Ils laissèrent entrer la femme, et avec elle une armée de démons pénétra dans la cité. »  Rappelons aussi le père du désert Nisthérôs le Cénobite, qui a écrit dans ses apophtegmes : « La beauté physique ne va pas au delà de la peau. Si les hommes voyaient ce qui est sous la peau, la vue des femmes leur soulèverait le coeur. Quand nous ne pouvons toucher du bout des doigts un crachat ou des excréments, comment pouvons-nous désirer avoir des relations charnelles avec ce sac de fiente? »

 
Le gourou fait signe à la Moltke d’allumer le projecteur. L’écran s’illumine. Une décharge électrique ne me ferait pas sursauter davantage. Je transpire de la tête aux pieds. J’ai l’impression que mon souffle va s’arrêter.
De calme et posé qu’il était quelques instants auparavant, Herr Löwendorfer se transforme tout à coup en démon grimaçant. Bavant, échevelé, il entame une danse sauvage en montrant l’écran du doigt. Son bras tendu s’agite par saccades rageuses, trépidantes, comme le bras d’un batteur pendant un ragtime particulièrement déchaîné. Passant du rouge brique au blanc verdâtre, il vocifère:

 
– Le ver est dans le fruit!! Le serpent est entré dans l’Arche!!… JÉZABEL… « Achab prit pour femme Jézabel, fille d’Ethbaal; elle le poussa à aller servir Baal et se prosterner devant les idoles.  Rois – 16 : 31 ».  « L’Éternel parla sur Jézabel et il dit : les chiens dévoreront Jézabel près du rempart de Jizreel.  Rois – 21 : 23 ».

 

Première projection.
 … Deuxième projection.
      … Troisième projection.

 

Ce sont des dessins licencieux qui m’avaient été commandés par Lipsky, pour illustrer la traduction allemande de Félicia ou mes fredaines, d’Andréa de Nerciat.
La Moltke passe encore deux ou trois vues. Elle éteint le projecteur, monte sur l’estrade. Elle vient se placer derrière ma chaise, pose ses deux mains sur mes épaules et prend la parole:


– Rassurez-vous, mes chers frères et sœurs, nous n’allons pas faire dévorer Leni  par des pitbulls. Par contre, je serais assez favorable à ce que notre sœur expie ses péchés en subissant quelques bonnes et salutaires morsures sur cette partie de son anatomie pour laquelle, à en juger par ses dessins, elle semble avoir une évidente prédilection.


Des rires étouffés parcourent l’assistance.
Hedwig Moltke me regarde, ses lèvres ourlées en un sourire moqueur. Je me retiens de la gifler, sachant que ce geste de révolte ne ferait qu’aggraver ma punition. Son silence, chargé de supériorité méprisante, m’irrite bien plus que si elle s’était mise en colère et m’avait injuriée.
Elle finit par articuler du coin de la bouche, d’une voix sifflante et haineuse, à peine plus haut qu’un chuchotement:


– Tu es bien une viennoise. Je vous connais… Affichant un appétit répugnant pour la luxure, pour les pires débauches sexuelles. Mais affolées à la seule idée que le fouet pourrait marquer votre jolie peau blanche… votre peau de courtisanes de luxe, frottée de crèmes, huiles et parfums, rendue souple et soyeuse par les bains et les massages. Tu n’est pas la première que je vois, tu sauras?


Elle me met sous le nez un martinet qu’elle avait tenu caché derrière son dos.


–  Regarde-le, Leni … Voici l’instrument qui sert à chasser les démons du corps des femmes.


Cette fois, je ne peux m’empêcher de me rebiffer.


– Avant de parler du corps des autres, Fraulein Moltke, il faudrait commencer par examiner le votre et vous demander s’il est si propre que ça? Que fait Herr Löwendorfer avec vous après que vous lui ayez administré son lavement?


Un « Oh ! ! » scandalisé s’élève de l’assemblée des fidèles.
La régisseuse me coule un regard meurtrier.


–  Nous réglerons cette question une autre fois, Leni.


Elle joue avec les lanières de cuir qu’elle fait glisser et onduler entre ses doigts calleux de paysanne.


–  Aujourd’hui, c’est de TA punition qu’il s’agit: la punition biblique qui est administrée aux pécheresses depuis la faute d’Ève.


Elle se tourne vers Herr Löwendorfer, s’agenouille devant lui et lui présente cérémonieusement le martinet.


–  Daignez, Ô Père Vénéré, condescendre, au nom du principe sacré de Toute Puissance Masculine, à châtier la pécheresse Leni Erfürth comme elle mérite d’être châtiée, c'est-à-dire sans faiblesse ni rémission.


Se tournant vers moi:


– Te soumets-tu de bonne grâce à la juste correction que notre Père Supérieur veut bien se donner la peine de t’administrer pour ton bien? Ou bien dois-je faire monter sur l’estrade Otto et Edelgard Massenbach pour te maîtriser, et te maintenir ignominieusement courbée, dans la position d’une esclave à qui l’on donne le fouet?
Quel choix avais-je? Les époux Massenbach sont, lui un monument de muscles, elle une montagne de chair. Ancien fermier ruiné par la crise économique des années trente, Otto a rejoint les « Vieux Croyants », où il est devenu le chef d’un redoutable service d’ordre. Sa femme, elle, soulève une balle de fourrage de 40kg au bout de sa fourche. A quoi bon essayer de résister? Je me donne du courage en me répétant que, après tout, ce n’est pas la première fois que mon gros joufflu se fera fouetter…


  … N’est-ce pas, monsieur Victor Blandt?


J’avale ma salive, aspire une profonde goulée d’air et prend la position que m’indique ma tourmenteuse: buste penché sur la table; bras tendus au dessus de ma tête; jambes légèrement écartées; croupe bien présentée.


–  Préparez-la, Schwester Moltke, ordonne le Père Löwendorfer.


Je sens l’étoffe glisser sur mes mollets, sur le gras de mes cuisses: c’est ma jupe de dirndl qui remonte, pour être rabattue sur mes épaules. Les gros ongles cornés de la Moltke s’introduisent sans ménagement sous l’élastique de ma culotte, prestement baissée autour des genoux. Un souffle d’air frais fait frissonner mes cuisses et mon derrière dénudé. Allez, Leni, sois honnête… Il n’y a pas que l’air frais qui te fasse frissonner!!


La régisseuse se penche pour me murmurer à l’oreille:


–  Je te conseille de contrôler très strictement ta lascivité, Leni… Parce que si tu mouilles dans ton tablier pendant la fessée  –  j’ai vu des femmes le faire  –  je te préviens que je te forcerai à écarter les cuisses pour que le Père Löwendorfer applique quelques bons coups de lanières sur ta moule baveuse.


J’étouffe un gémissement, qu’elle peut mettre sur le compte de ma posture inconfortable. La vérité, c’est que ses paroles doucereusement sarcastiques me font l’effet d’une brûlure morale, aussi douloureuse que le fouet. Les passionnés se « reniflent » entre eux. Aurait-elle deviné mes penchants sexuels? Serait-elle en train de pincer les cordes qui me font vibrer?


Après m’avoir consciencieusement troussée et déculottée, Hedwig Moltke contourne la table pour me faire face. Elle saisit mes deux poignets qu’elle serre très fort, immobilisant ainsi mes bras tendus à l’horizontale de chaque côté de ma tête.
Je suis prête.
Un sifflement…
Schlaffffff!!!!
Le premier coup de martinet vient de s’abattre.
Trois autres suivent. Notre « Vénéré Père » interrompt un instant mon châtiment pour écarter largement mon grand tablier de fille de ferme, repoussant les pans de grosse toile le plus loin possible de chaque côté des hanches pour dégager ma croupe nue dans toute sa honteuse plénitude.


–  Compte les coups, m’ordonne la Moltke. Tu vas en recevoir quarante.
–  Je viens de m’en prendre quatre!!!


Dit d’un ton de protestation larmoyante, tortillant ma croupe déjà sévèrement mordue par le cuir incisif.


–  Tu en es donc à un dixième de ta punition. Commence à compter à partir de cinq. Et je te préviens… Chaque coup que tu ne compteras pas à voix haute, bien distinctement pour que tout le monde entende, sera nul et non avenu.
–   … CINQ!!… SIX!! … SEPT!! … HUIT!!… NEUF!!…


La douleur devient vite intolérable. A chaque coup, j’entends distinctement les claquements des lanières, à la fois fermes et souples, qui viennent balafrer par le travers mon pauvre derrière, dont la masse  –  que j’imagine bien rouge  –  peut-être pourpre?  –  ondule et se frise comme la mer sous un ciel d’orage.


 –   … VINGT-SEPT!!… VINGT-HUIT!!… VINGT-NEUF!! … TRENTE!!…


Ma conscience brouillée perçoit une voix lointaine ressemblant… oui… ressemblant, me semble-t-il, à celle de Fraulein Moltke.


–  Eh bien, Leni? … Que pensent de ce traitement les fesses délicates et satinées de notre jolie viennoise?  Voyez-vous, ou plutôt sentez-vous, une différence avec les caresses dépravées et libidineuses des amants que vous rencontriez dans les boîtes de nuit, cabarets et restaurants à la mode de la Gomorrhe autrichienne… MA-DE-MOI-SELLE ERFÜRTH??


Dans la marge de manœuvre restreinte qui est la mienne, solidement cloué sur la table par la Molkte qui me tire les bras en avant, je me tords comme une anguille prise à l’hameçon, sautant, me cabrant, bondissant en rythme avec le martinet qui me laboure le derrière.


–  … TRENTE-DEUX!!… TRENTE-TROIS!!...


Des ondes de souffrance érotique me secouent tout entière. Alors que je m’étais promis de tenir le coup, de ne surtout pas leur donner le spectacle de mon vice, de ma jouissance de femme fouettée, je craque. Tout lâche: ma chair: mes nerfs; mes boyaux; mon vagin; mon cerveau. D’abord mon trou rectal laisse échapper un pet sonore, salué par un concert général d’éclats de rire. Puis je me mets à frapper mon sexe enfiévré contre le rebord de la table… frappe, frotte… TRENTE-SEPT!! … TRENTE-HUIT!!…  frappe, frotte… TRENTE-NEUF!!… Frappe, frotte… FRAPPE… FROTTE…
Je mouille.
Je jouis.
Je trempe mon tablier. Au milieu de la jupe s’étale une large tache de cyprine.
Ce qui va me valoir, demain ou après demain, ce que m’a annoncé sans sourcilier Fraulein Moltke:  une fouettée sur mon vagin coupable. Sur ma « moule baveuse »!!!
Mon Victor.
Mon chéri.
Tu connais mes faiblesses. Tu sais à quel point je suis influençable et vulnérable. Ne penses-tu pas que j’ai mieux à faire de ma vie que de tomber sous la dépendance de sectaires à moitié cinglés qui haïssent les femmes tellement ils ont peur de la sexualité? Et moi… MOI… Moi qui suis tellement ambivalente envers moi-même!!
Je te lance cet appel au secours parce que je ne sais plus où j’en suis.
AU SECOURS!!!!
Viens me délivrer. Vite!!!
Je t’aime, Victor Blandt.
Je t’aime… Ou crois t’aimer (tu vois que je ne te mens pas!). En fin de compte le résultat est le même. Bien que ce ne soit pas tout à fait la même chose. Schopenhaeur. J’aimerais reprendre des cours de philo.
Et toi, mon Victor, m’aimes-tu?
Allez, Vic… un p’tit effort, je t’implore à genoux. Bitte schön. À Paris avec toi. Nous promener enlacés dans l’île de la Cité; les tours de Notre-Dame; les bateaux mouche sur la Seine; les guinguettes à Nogent; le feu d’artifice au Champ de Mars; la Foire du Trône. Où habiterons-nous? Sur la butte Montmartre? Au Quartier Latin? Une chambre sous les toits où l’on se douche dans un tub en zinc, ou un luxueux appartement avec salle de bains en marbre? Je mettrai un tablier parisien très coquin, tout en volants et fanfreluches, un nœud énorme au creux des reins, pour te préparer une cassolette de queues d’écrevisses au Sauternes. As-tu déjà baisé dans le métro, tassés dans la cohue, debout pressurés de partout, toi par ta braguette ouverte, la bonne femme sous sa robe relevée jusqu’au nombril?
J’adorerais ça. Sur la ligne 8, entre les stations République et Reuilly-Diderot. J’ai toujours ce plan du métro que tu m’as donné. Quand nous descendrons à Daumesnil, je sentirai ton sperme couler sur mes cuisses. Les gens me regarderont. Je suis sûre qu’ils sauront que je viens de me faire baiser dans le wagon. J’aurai tellement honte que je jouirai une deuxième fois. À la maison tu me donneras la fessée.
J’en tiens une sacrée couche, hein??
Ta Leni adorée.

P.S.: Un avion survole notre domaine tous les mardis, entre 17 et 18h. J’ai pu savoir que c’est la liaison hebdomadaire Insbruck–Zurich. Peut-être cela t’aidera-t-il  à repérer l’endroit où je suis.
Je t’attends, mon amour (ai-je besoin de te dire avec quelle impatience!!!).   

 

.../... à suivre


Voir les 0 commentaires - Ecrire un commentaire
Retour à l'accueil
Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés