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  • : Ce blog est consacré au fétichisme des tabliers de cuisine de femme, des blouses de femme et des torchons de cuisine. Il s'adresse aux adultes seulement, ayant atteint l'âge de la majorité légale dans le pays. Et tenez les enfants à l'écart, bien sûr.
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Dimanche 13 mars 2011 7 13 /03 /Mars /2011 09:02

Un récit de J-F Molenbeek, qui nous a déjà donné des souvenirs de jeunesse (Adieu Belleville) et une première fiction (Abattage clandestin). Avec mes remerciements à l'auteur.


A la barre du Lady Alaska, derrière la vitre du poste de pilotage fouetté par les embruns, balayé par des paquets de mer à chaque bordée du chalutier, Vincent « Vinnie » Kowalski comptait ses bouées : cinquante entre Cap Kayak et les hauts fonds de Crowitzen. Cent vingt dans le détroit d’Oglala. Cent vingt autres entre Bay James et l’île aux Rats. Chaque bouée indique l’emplacement d’un casier immergé, les casiers étant reliés les uns aux autres par un filin de deux cent mètres. Chaque société de pêche a ses bouées strictement personnelles, dont les couleurs sont déposées au Bureau Maritime. Celles de la Vindek (contraction de Vincent & Derek) sont orange barrés de deux larges bandes noires. Celles de Ronald D. Andersen, le patron de la Segula Fishing Co., sont bleu outremer barré de blanc.

Le patron du Lady Alaska remarque un rassemblement de baleines sur les bancs poissonneux de Dune Head. La mer s’agite dans une circonférence large d’une cinquantaine de mètres, bouillonne, tourbillonne. Toute cette zone devient blanche, comme duveteuse, montée en neige, assez semblable au chapeau de mousse sur une chope de bière. Les cétacés  –  une quinzaine  –  nagent plus vite qu’à l’ordinaire. On dirait qu’ils chargent tête baissée. Vinnie Kowalski prend ses jumelles. Oui, c’est bien ça : ils tendent un « filet à bulles ». Les baleines forment un cercle, nagent rapidement autour et au-dessous d’un banc de poissons et, toutes ensemble, crachent le plus d’air possible par leurs évents. Les milliards de bulles qu’elles projettent forment alors une barrière opaque, un véritable « filet » d’air et de gaz qui confine le banc dans un espace de plus en plus restreint et le pousse rapidement vers la surface. Soudain, les baleines se précipitent vers le haut à travers le rideau de bulles, gueule grande ouverte, avalant des milliers de poissons d’une seule goulée. L’opération n’a pas duré plus d’un quart d’heure. La mer a repris sa couleur normale. Les baleines sont reparties, le ventre bien rempli.

Disposant de peu d’argent, naviguant sur de vieux chalutiers qui atteignaient la limite d’âge et ne pouvaient être assurés qu’à grand renfort de malus, les marins-pêcheurs opérant dans cette zone avaient été obligés de s’éloigner de plus en plus de l’Alaska continental, pour exploiter, plus près de la mer du Japon que des côtes américaines, des zones de pêche hautement dangereuses, traversées de courants sournois, constellées de remous tourbillonnants, truffées d’icebergs immergés sur lesquels les quilles des bateaux venaient souvent se fendre. Vincent et son associé avaient établi leur base sur l’île de Little Sitkin. Andersen travaillait depuis Segula. Vinnie n’avait que son seul Lady Alaska. Derek MacGovern que son seul Who Cares, un filleyeur caseyeur de 22 mètres, construit en 1981 et bricolé de l’hélice aux francs bords, des cales à la cabine de pilotage pour passer miraculeusement et sur la corde raide les contrôles de sécurité. Andersen possédait cinq chalutiers, dont le très moderne Lisa Jane de 38 tonnes, sa coque en fibre de verre armée d’un treillis de fils d’acier et doublée d’un franc bord en tôle rivetée à froid pour la navigation dans l’Arctique, équipé de deux diesels Volvo Marine développant 720CV.

Entre Little Sitkin et Segula, le détroit d’Oglala fait huit milles à hauteur de Cap Kayak.

Calées en lignes verticales étagées de Bay James à l’île aux Rats, les cent vingt bouées orange du Lady Alaska dansent mollement sur une faible houle. La mer est d’un vert foncé presque noir. Le mur du glacier géant qui domine l’entrée d’Anvil Pass barre l’horizon, tel une monumentale falaise d’un blanc aveuglant. Sur les fonds marins, chaque casier est relié à la surface par sa bouée de repérage. Une ligne de trente casiers contient de quatre à six tonnes de crabe royal d’Alaska  –  à ne surtout pas confondre avec le « crabe des neiges » de Terre-Neuve et du Labrador, plus proche de l’araignée de mer et à la chair nettement moins fine.

Additionnant toutes les lignes qu’exploite l’armement de « Vinnie » Kowalski entre le détroit d’Oglala et les hauts fonds de Crowitzen, on peut compter sur cent tonnes minimum. Strictement réglementée, la pêche au crabe royal d’Alaska dure 8 semaines et 6 jours, étagés tout au long de l’archipel : pour l’île de Little Sitkin la saison commence le 15 octobre et se termine le 17 novembre, à minuit.

Les bateaux partent à quatre heures du matin et rentrent a la tombée du jour. Au total, pas moins de deux cents casiers sont remontés et vidés au cours d’une journée de travail. Lorsqu’on vient de finir une rangée, les pêcheurs soufflent un peu, le temps de boire un coup, d’ôter un pull trempé, et surtout de mesurer les crabes. Seuls les crabes mâles de 10 à 12 ans, ayant atteint un poids de 5kg et une envergure d’un mètre peuvent être pêchés. Ceux en dessous de cette taille et les femelles pondeuses retournent à l’eau. Les contrôles en mer et à terre sont stricts : tribunal à Dutch Harbor pour les contrevenants, amendes, parfois même saisie du bateau.

Teuf, teuf, teuf, teuf, teuf ….

Le vieux diesel poussif tousse et crachouille  –  un Caterpillar de 370CV qui a été chemisé deux fois aux chantiers d’Anchorage.

« Vinnie » Kowalski est assez content de son sort. La saison de pêche s’annonce bonne. A Hoet Harbor, Tak modernise et fait prospérer son Crab’s Inn. Excellente cuisinière autant que gestionnaire avisée, elle prépare des plats de poissons et des plateaux de sushis qui enthousiasment les touristes et font venir les îliens, d’aussi loin que Tanaga, Agattu, Dersorff. On retient son restaurant pour des mariages, des baptêmes, des congrès d’océanographie, des séminaires de vulcanologues. Takeuchi envisage d’embaucher une serveuse à plein temps pour la seconder pendant la saison. De plus en plus de bateaux de croisière, de yachts privés visitent les Aléoutiennes qui connaissent en fait deux saisons, aussi animées l’une que l’autre, tout en étant liées à des activités complètement différentes. La campagne de pêche en octobre-novembre, menée par les hommes. La saison touristique de mai-juin (le célèbre soleil de minuit sur le volcan de East Cape), essentiellement l’affaire des femmes, hôtelières, cuisinières, loueuses de gîtes de vacances, éventuellement militantes écologistes, certaines actives en politique locale. Les marins-pêcheurs se transforment alors en guides. Ils briquent et repeignent leurs chalutiers, organisent des promenades en mer, font  découvrir les sites les plus spectaculaires, les principaux glaciers, la « route des totems » … Ils conduisent les touristes sur les bancs fréquentés par les baleines de retour pour l’été, après leur migration hivernale dans les eaux plus chaudes du Pacifique. Mais elles ne « chantent » pas en mer de Béring : leur chant, aussi envoûtant que mystérieux, ne se fait entendre que pendant la saison des amours, soit en novembre-décembre entre Hawaï et  les îles Marshall.

Certains pêcheurs se sont pris au jeu et font des conférences sur la biologie marine, la faune et flore arctiques, l’écosystème, le réchauffement climatique, la protection des espèces menacées.  En ce qui concerne la serveuse envisagée pour la saison prochaine, le choix se portera tout naturellement sur Charlotte Wilbur, elle-même femme de marin, sérieuse, travailleuse, haute comme un grenadier et sachant taper sur les doigts des matelots qui ont les mains un peu trop baladeuses. Elle vient d’ailleurs donner un coup de main aux heures de pointe. Le seul alcool qu’elle s’autorise, c’est un dé à coudre de whisky dans son café. Ses deux fils embarqués sur la flottille d’Andersen, elle a fait savoir à Takeuchi qu’elle serait contente de venir travailler à temps complet au Crab’s Inn. Née à Unimak, la plus grande île de la cordillère Aléoutienne, de souche écossaise, des ancêtres naufrageurs sur les récifs mortels de Gamhainn-Àiridh, au nord de l’Écosse, aînée de onze enfants, elle avait été dressée très tôt à la cuisine et au ménage. Elle dit qu’une femme qui ne sait pas frotter n’est pas une femme. De mémoire d’îlien, on a jamais vu Charlotte Wilbur sans au moins deux tabliers, portés l’un par-dessus l’autre  –  deux tabliers sur lesquels elle en noue parfois un troisième, en PVC jaune, quand elle va au poisson.

Allons, certes la vie est rude sur le cercle arctique. Mais dans l’ensemble on a pas à se plaindre. Loin d’être une espèce menacée, l’énorme et charnu « King Crab » de la mer de Béring prolifère et étend même son habitat. Le record étant un crabe de 19,3kg, pêché dans la fissure d’Aniakchak par le Sea Lizard, armateur Bruce Mitchell.

Jusqu’à présent, on est toujours arrivé à payer les traites du Lady Alaska.

Dans quatre ans, suivant le plan d’amortissement établi par les experts-comptables de Dutch Harbor, on pourra probablement se payer un chalutier neuf. De toute façon il faudra y passer. Les systèmes de réfrigération au fluoréthane ou fluorpropane (HFC-134 et HCFC-141) vont être interdits à partir de 2015. Ainsi en a décidé la commission de Montréal sur la protection de l’environnement. Or mettre aux nouvelles normes la réfrigération des cales du Lady Alaska coûterait aussi cher que le navire lui-même …

Faire un enfant … Pourquoi pas ?

Son couple est une réussite dont il ne peut que se louer. Terminant sa période militaire à la base navale de Wakkahai, au nord du Japon, il y avait rencontré Takeuchi, alors gérante du mess des officiers. Elle y avait commencé quatre ans plus tôt comme cuisinière. Son intelligence, ses capacités, son aptitude à commander l’avaient rapidement propulsée vers des postes à responsabilité. Depuis son enfance dans un port de pêche de l’état de Washington, tout près de la frontière canadienne, Vincent s’était toujours senti sexuellement attiré par les femmes en tablier. Tout gamin, à l’éveil de sa sexualité, il allait rôder sur les quais pour voir décharger les chalutiers. Les femmes s’activaient autour des montagnes argentées de poissons, la plupart encore vivants et frétillants. Toutes étaient ceintes de grands tabliers jaune-orangé qui leur descendaient jusqu’aux pieds, presque des boucliers, certains en grosse toile huilée comme les cirés des matelots, d’autres en PVC. Il se souvenait d’une jolie brune, sans doute une « Latino », qui se singularisait en portant un tablier en caoutchouc noir. Le jeune Vincent bandait dur en les regardant. Il rentrait chez lui le visage congestionné, le cerveau en ébullition. Ôtait son pantalon, se mettait à plat ventre sur son lit avec un traversin entre ses cuisses. Frottait son pénis en érection contre le traversin jusqu’à la giclée de six ou sept longs jets tièdes, blanchâtres et crémeux. Il s’était aussi beaucoup masturbé sur les publicités des revues féminines que lisaient sa mère et ses sœurs : que ce soit pour des produits détergents, de la farine, des machines à laver, des robots ménagers, une sauce à salade ou des fers à vapeur, les « fées du logis » étaient toujours représentées dans leur environnement domestique, en tablier à rayures ou à fleurs, tabliers taille ou tabliers à bavette, exubérantes de joie démonstrative, leurs boucles d’oreilles lançant des feux miroitants, leurs dents plus brillantes et régulières que des perles calibrées, vantant l’ineffable plaisir qu’elles éprouvent à utiliser « Brillo qui rend les casseroles étincelantes comme des miroirs » ou la lessive aux enzymes qui dévore les taches de cambouis : « Même les bleus de travail de mon mari sortent impeccables avec Bonux ! ».

Un jour il s’était masturbé dans le tablier de Noreen, sa sœur aînée, lavant et frottant dans le lavabo, affolé à l’idée qu’elle allait découvrir les traces de son crime …

Il avait courtisé Takeuchi, laquelle avait répondu favorablement à ses avances. Ils étaient sortis au cinéma, au restaurant. Il l’invitait au club des officiers. Ils aimaient danser, le rock la faisait beaucoup rire. Il avait remarqué qu’elle jugeait assez sévèrement les mœurs américaines, qu’elle se contentait de qualifier de « débraillées ». Si elle avait exprimé le fond de sa pensée, le jugement aurait certainement été plus dur. Ayant appris à la connaître, il évitait les sujets litigieux. Comme on s’en serait douté, ils n’avaient pas tardé à coucher ensemble. Dans ses derniers mois au Japon, il était plus souvent chez elle que sur la base. Qu’elle n’avait pas été sa joie de découvrir que Tak partageait sa passion : elle était aussi fétichiste des tabliers qu’il l’était lui-même !  Elle en possédait une collection, de toutes les tailles et de toutes les formes, depuis le tablier fantaisie à la jupe cerclée d’un mignon volant froncé, au gros nœud bouffant dans le dos, à la bavette provocante, tendue sur les seins et soulignant leur galbe, jusqu’au grand tablier en toile épaisse, gris ou beige, plus rarement noir, qu’on enfile par devant en glissant ses bras dans les manches, mi-sarrau mi-blouse, à la fois tablier et casaque, noué derrière la nuque, dans le dos et encore sous les fesses par des cordons qui ressemblent à de grosses ficelles. Ces tabliers, typiquement japonais, sont réellement impressionnants. Ils sont surtout portés par les paysannes, mais même dans les villes beaucoup de ménagères en ont un qu’elles passent par-dessus leur tablier de maison quand elles ont à exécuter des tâches salissantes. Takeuchi en mettait systématiquement un pour faire la vaisselle, la lessive ou de la pâtisserie. En fait ce type particulier de tablier est, pour la femme japonaise, ce qu’est le classique tablier bleu pour une Française : un tablier enveloppant, protecteur, très pratique et utile lorsqu’on a à se salir.

Avant de connaître Tak, Vincent Kowalski ne pensait guère à la fessée. Il avait deux sœurs et un frère, tous copieusement fessés par une mère qui prenait la discipline domestique très au sérieux et était convaincue qu’il ne pouvait y avoir de « bonne éducation » sans châtiments corporels. Ces châtiments ne lui avaient pas laissé un bon souvenir. C’était Tak qui, un soir au lit, s’était collée contre lui corps contre corps, peau contre peau, chemise de nuit troussée, se frottant lascivement tout en lui parlant d’une voix que l’émotion et le désir faisaient chevroter : Tu sais, mon chéri, on devrait rendre le port du grand tablier de travail obligatoire pour toutes les femmes … Parfaitement ! … Rien ne peut mieux les dresser à leur rôle d’épouse et de maîtresse de maison que le tablier. Et je vais même faire un pas supplémentaire … Je pense que dans un couple c’est l’homme qui doit dominer. La nature l’a voulu ainsi. Et pour assurer sa position de mâle dominant, il doit savoir faire acte d’autorité quand c’est nécessaire.

Vinnie s’était tourné pour la regarder.

–  Que veux-tu dire par là ?

Elle lui caressait lentement, voluptueusement la bite et les couilles.

–  Je veux dire que si un homme laisse faire n’importe quoi à sa bonne femme, le couple n’est pas viable. Les femmes sont rusées, manipulatrices. Tu leur cèdes un doigt, elles veulent le bras tout entier. Elles ont besoin d’un cadrage très strict. Qu’on leur montre des bornes, sachant que si elles les dépassent elles seront punies.

–  Tu es bien sévère !

–  Il le faut. D’ailleurs la plupart des femmes souhaitent cette autorité qui les sécurise et les rassure. Leur nature fait qu’elles ne peuvent pas aimer un homme mou et faible.

Il aimait son accent japonais quand elle parlait anglais.

–  Tu as peut-être raison … Comment envisages-tu ce rapport de domination-soumission entre mari et femme ?

–  Numéro 1 : LE TABLIER OBLIGATOIRE.  Numéro 2 : LA FESSÉE SYSTÉMATIQUE. La femme met évidemment son tablier en s’habillant le matin, et elle ne le quitte que pour se mettre au lit le soir. Ça c’est une règle absolue. Elle a plusieurs tabliers, six au minimum, je préférerai personnellement davantage, chacun ayant ses tâches spécifiques. Pour faire son ménage quotidien, épousseter les meubles, balayer, passer l’aspirateur, elle peut porter des petits tabliers fantaisie qui flattent sa coquetterie féminine et  –  pourquoi pas ?  –  la rendent sexuellement désirable. Puis, pour les gros travaux où elle va se tacher ou se faire éclabousser par devant, comme nettoyer les vitres, faire la lessive, récurer le siège des cabinets, laver son carreau de cuisine à quatre pattes, là il ne s’agit plus de faire sa coquette mais d’user de l’huile de coudes. Il lui faut alors porter le grand tablier de protection en grosse toile. Et si elle est trop mijaurée ou trop fière pour le mettre … LA FESSÉE ! ! !

–  La fessée en tablier ?

– Très exactement. Oui, Monsieur. La fessée en tablier. Administrée à la cuisine. À toute volée, sans faiblesse ni rémission. PAN – PAN – PAN – PAN – PAN. Le nez sur son seau, regardant ses torchons, sa serpillière, sa brosse, son savon, ses gants de ménage, sa batterie de produits d’entretien. PAN – PAN – PAN – PAN – PAN. Son cul nu bien présenté entre les pans écartés du tablier. Après quelques saines et nécessaires corrections de ce genre, je peux te garantir que Madame a compris sa leçon et n’est pas prête de refaire ses comédies !

Fortement excité par cette conversation sur l’oreiller, il avait pénétré Takeuchi. Qui n’attendait bien sûr que ça. Elle avait eu quatre orgasmes en série, criant, se tordant, faisant des sauts de carpe, griffant frénétiquement les draps.

Elle l’aimait sincèrement, profondément. Ils s’étaient mariés au Japon, un mois  avant sa démobilisation de la marine. Depuis elle avait été une épouse parfaite.

On ne pouvait hélas pas en dire autant de Selma MacGovern. 

Pauvre Derek. Il posait un gros problème, celui là. Accro aux tables de jeu comme un camé l’est à sa cocaïne. Et cette petite pute aux cheveux platinés qu’il s’est ramenée de Las Vegas … Il ne manquait vraiment plus que celle-là pour l’enfoncer un peu plus ! !

Autant Takeuchi et Vinnie fonctionnent bien ensemble, autant Selma et Derek sont l’exemple d’un couple boiteux et mal assorti.

Vinnie vire de bord à quatre encablures du glacier et met le cap sur les hauts fonds de Crowitzen pour y vider ses casiers, les regarnir en appâts et les noyer de nouveau avant la nuit.

Teuf, teuf, teuf, teuf, teuf ….

En s’engageant dans Anvil Pass, il coupe l’alimentation et laisse tourner son moteur au ralenti. Les glaciers géants sont extrêmement sensibles au bruit. On a vu des avalanches se déclencher simplement parce qu’un marin jouait de l’harmonica sur le pont de son bateau.

A la sortie ouest d’Anvil Pass, se dresse au sommet d’un volcan un ancien mât totémique des indiens Aléoutes. Haut de 27 mètres, tourné vers l’Asie, il représente une divinité grimaçante tenant un harpon entre ses dents et serrant contre son bas ventre, comme s’il venait d’en accoucher, une sorte de volatile qui fait penser au kiwi de Nouvelle Zélande, mais avec une tête de fou de Bassan. La face aplatie mordant le harpon est bleu vif. Ses yeux, enchâssés dans un dessin géométrique  jaune éclatant et noir, évoquent un tableau cubiste. Le volatile est brun et vert avec des pattes rouges. Au printemps, quand des morceaux éclatés de banquise viennent dériver jusqu’aux Aléoutiennes et risqueraient de boucher l’étroit goulet d’Anvil, la légende veut que, au milieu de la nuit, le totem les fasse exploser et fondre en devenant le « porte-voix du volcan », poussant d’effroyables rugissements qui montent des entrailles du monde et symbolisaient, dans les anciennes croyances, l’éternel combat entre la terre et les eaux.

 

.../... à suivre


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