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  • : Ce blog est consacré au fétichisme des tabliers de cuisine de femme, des blouses de femme et des torchons de cuisine. Il s'adresse aux adultes seulement, ayant atteint l'âge de la majorité légale dans le pays. Et tenez les enfants à l'écart, bien sûr.
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Dimanche 23 septembre 2012 7 23 /09 /Sep /2012 09:00

Un texte de mon ami Molenbeek, qui attend que d'autres auteurs, éventuellement, écrivent d'autres chapitres historiques. 


 

Je venais d’écraser ma dernière Marlborough dans le cendrier et m’apprêtais à éteindre ma lampe de chevet, laissant Régine poursuivre tranquillement sa lecture, quand elle glissa sa main dans la braguette de mon pyjama.

–  Écoute ça, mon loup.
–  Je me lève tôt demain matin, protestai-je en essayant de protéger ma queue.
–  Quand tu auras entendu ce que je vais te lire, tu n’auras plus sommeil.

Elle se remonta plus haut dans le lit, cala ses épaules contre l’oreiller, ajusta ses lunettes et, sans pour autant retirer sa main des lieux sensibles que ses doigts exploraient avec un intérêt grandissant, ma sensuelle linguiste me traduisit à haute voix ce passage d’un livre espagnol :

"J'arrive maintenant, à la discussion de ce problème tant débattu et si controversé : quel est le meilleur moyen pour discipliner les femmes ? Vous connaissez tous la pénalité adoptée par les Romains, ce peuple si avancé dans les sciences du gouvernement et tout ce qui a trait au bon fonctionnement de la société. Ils condamnaient les femmes coupables à être passées par les verges, soit sous la custode, c'est-à-dire en privé, soit publiquement, selon la gravité de la faute. Après avoir subi un sévère et salutaire châtiment corporel, les délinquantes étaient astreintes à des tâches pénibles, salissantes et humiliantes, telles que le nettoyage des latrines, le récurage des ustensiles de cuisine, le frottage des sols et des parquets, le balayage des rues. Ce mode de répression me parait concilier la justice avec l'utilité publique. Cependant si je veux être franc, pour vous dire là-dessus toute ma façon de penser, je ne connais rien de comparable à ce que j'ai vu chez les Valaques d’Amérique, une colonie d’Europe Centrale installée dans l’Argentine."

Ses seins durcis ressemblaient à des pointes d’obus sous sa chemise de nuit en mousseline transparente, les tétons deux petites fraises bien rouges.
–  C’est quoi, ton bouquin?


Elle m’a montré la couverture : VIAJE A LAS AMÉRICAS, de Domingo Belbajo.
–  C’est un voyageur espagnol du XIXème siècle, précisa-t-elle en m’asticotant les couilles de plus belle.

Régine est prof d’espagnol… Prof agrégée, s’il vous plaît.

Je bandais déjà dur quand ses doigts encerclèrent mon nœud et resserrèrent leur étreinte autour du gland. Régine répéta en détachant chaque mot, en appuyant sur les syllabes :
–   …. ASTREINTES À DES TÂCHES PÉNIBLES, SALISSANTES ET HUMILIANTES.

Elle se tourna vers moi pour ajouter :
–  Je me vois très bien en jolie ménagère romaine, récurant mes marmites avec une touffe de chardons, drapée dans mon grand tablier de cuisine, le cul cramoisi et brûlant de la fessée que mon Seigneur et Maître venait juste de m’administrer.
–  Pour quel motif t’avait-il corrigée?
–  Parce que je m’étais levée du pied gauche … J’avais été grincheuse et opposante toute la matinée … C’est évidemment un comportement qu’aucun homme ne saurait tolérer sous son toit.
–  Tu as été fessée dans ta cuisine?
–  Oh oui ! ! … Fessée en tablier devant mes deux esclaves.
–  Hommes ou femmes?
–  Un homme : un barbare blond à grande barbe, aux bras comme des troncs d’arbres, capturé pendant les combats en Germanie. Et une jeune fille : une ravissante petite carthaginoise au teint de brugnon, à la peau lisse et douce comme ces soieries de la Perse. Je l’avais achetée au marché aux esclaves de la Porte Tiburtina, à l’issue d’une enchère acharnée avec la femme de Servius Labros, le préteur ligure. 

J’émis un sifflement admiratif.
–  Ton Teuton devait bander dur en voyant sa maîtresse tortiller son cul tout rouge sous ses yeux ?
–  Ah ça oui ! ! … Il bandait comme un auroch, je peux te l’affirmer ! !  Ça lui faisait une énorme bosse sur le devant, on aurait dit qu’il avait un piquet de tente planté sous son tablier.
–  Parce que lui aussi portait un tablier?
–  Naturellement. Aucune maîtresse de maison romaine digne de ce nom n’aurait toléré que ses domestiques fussent sans tabliers. Mon Teuton en portait un en grosse toile grise, épais et résistant, semblable à ceux que portent les potiers pour travailler la glaise … Quant à ma mignonne carthaginoise, elle s’apprêtait justement à se passer le grand tablier de cuisine autour du cou et le nouer par-dessus le tablier plus fin, plus féminin qu’elle portait habituellement pour vaquer aux travaux du ménage. Normalement, c’était à elle de récurer les gamelles avec une grosse botte de chardons séchés. Mais comme j’étais punie, mon époux lui a ôté le tablier des mains et m’a ordonné de le mettre.
–  Il t’a obligée à récurer les gamelles toi-même. En présence de tes deux esclaves que ce spectacle devait joliment exciter.
–  Tu ne saurais mieux dire. Des que le Maître les a autorisés à se retirer, ma Carthaginoise a vite entraîné le Germain aux écuries.
–  Une bonne baise pour faire baisser l’adrénaline, sur un tas de fourrage sentant bon la luzerne fraîchement coupée …
–  Une baise, oui, enfin si l’on veut … Mais strictement par derrière, la bite glissée dans son trou à caca … J’interdisais strictement les rapports sexuels classiques, sous peine d’être revendus pour aller travailler aux mines de sel, sous la courbache en cuir d’hippopotame des gardiens. Seule la sodomie était permise dans ma maison. Je n’avais  pas envie que les femelles de mon gynécée se retrouvent enceintes tous les quatre matins et viennent m’apporter leurs lardons comme une chatte ses petits. 

J’aspirai une profonde goulée d’air
–  Dis moi, chérie … C’était avant ou après t’avoir fessée que ton époux … Pardon, je veux dire ton Seigneur et Maître… t’a fait frotter les gamelles sous le regard de tes deux esclaves ?
–  Après. J’ai d’abord mis le grand tablier pour me faire fesser … Me faire FESSER AU MARTINET comme j’avais mérité de l’être ... LE MARTINET ADMINISTRÉ EN TABLIER DE CUISINE, pour me rappeler ma condition de femme soumise … Puis j’ai récuré les marmites, exhibant mes fesses écarlates et zébrées entre les pans du tablier.
–  Comment dit-on tablier en latin, déjà?
–  Ventrale, me renseigna-t-elle.

Régine suça le crayon avec lequel elle soulignait certains passages du livre.
–  Dans une vie antérieure, j’ai été mariée à un patricien très sévère. Un riche négociant qui m’entretenait dans le luxe, mais qui insistait pour imposer une discipline extrêmement stricte et rigide dans notre couple. Quand j’avais commis une infraction, il me levait la toge et me fessait devant mes servantes avec un martinet en peau d’antilope de Nubie. Quand j’avais été bien corrigée, que j’étais complètement matée et soumise, la croupe bouillante et gaufrée de zébrures croisées, je mettais mon ventrale et je lui servais sur un plateau d’argent du vin de Smyrne, des langues de paon fumées et des pétales de gardénia confits dans du sirop de figues d’Égypte.
–  Tu lui présentais ces mets en te prosternant, les reins arqués comme une arche, cul nu dressé bien haut derrière ton tablier?
–  Exactement. Pour savoir aussi bien ce qui se passait, tu y étais aussi, bien sûr. Un jour tu m’as aperçue par la fenêtre. Tu es entré sur la pointe des pieds et tu m’a saillie en levrette. Sans une parole, sans une caresse. Rrrran… Le bite tout de suite ! !  À sec ! ! !  Je meuglais comme une vache en gésine. Je tordais convulsivement mon torchon à pavé entre mes doigts crispés et j’ai renversé mon seau.
–  Tu as joui?
–  À en perdre la raison. Je me traînais dans l’eau sale en réclamant la pine à grands cris… LA PINE … Enfoncée jusqu’à la garde pour faire jouir la grosse truie vicieuse que je suis.
–  Je suis devenu ton amant par la suite?
–  Naturellement. Ce qui m’a fait passer sous l’autorité de deux hommes : mon mari et toi.
–  Qui était le plus sévère des deux?
–  Je ne pourrais pas vous comparer. Vous n’aviez ni le même caractère, ni le même tempérament. Flavius piquait des crises de jalousie à en attraper une attaque d’apoplexie. Jaloux, mais jaloux…! !  D’un côté il me demandait de tenir mon rôle de maîtresse de maison, d’organiser des réceptions pour ses clients, d’entretenir ses relations en me montrant aimable, souriante… Il avait un important commerce d’importation de vins en provenance de Carthage, de Sicile, de la Gaule… Puis une fois les invités partis, je me faisais fouetter jusqu’au sang pour avoir eu, selon lui, des regards trop appuyés, des sourires enjôleurs, une attitude éhontée de courtisane… Avec toi c’était très différent. On pourrait presque dire l’inverse. Tu aimais me voir courtisée. Ça t’excitait que les hommes bandent pour moi. Quand mon mari était en voyage d’affaires à l’étranger, tu m’ordonnais de mettre mon ventrale et de prendre des poses lascives en servant à table. De voir tous ces hommes échauffés, me regardant avec des joues rouges et des yeux luisants, ça me faisait naturellement de l’effet. Tu m’observais. Tu laissais la tension monter. Lentement, délibérément. Tu savais exactement quand je mouillais sous mon tablier. Tu guettais mon orgasme que tu voyais approcher. Tu attendais la dernière minute pour m’attirer vers toi, me prendre sur tes genoux, glisser ta main entre mes cuisses moites et constater l’état de ma moule béante, ses lèvres écartées ruisselantes de cyprine odorante. Il suffisait alors de quelques attouchements sur mon clitoris durci pour que je parte en transes. Le soir, au moment de me coucher, tu me donnais la fessée pour n’avoir pas su contrôler mes pulsions. Tu me fessais par tranches de dix à quinze claques, appliquées à toute volée. Pendant l’interruption, tu me grondais, tu me faisais honte, me traitant de chienne en chaleur, de femelle lubrique. Tu caressais du bout des doigts ma croupe ultrasensible. Et tu recommençais à me fesser : douze ou quinze claques sèches qui m’embrasaient la peau du cul… Gronderies; réprimande ; honte … La fessée… LA FESSÉE ! !  … Rôôôôhh… Aaaahh ! ! ! …

Régine eut un premier orgasme rien qu’en me parlant.
–  Je te fessais à main plate, en travers de mes genoux ? lui demandai-je.
–  Le plus souvent, oui. Mais un jour je t’ai montré le martinet dont se servait Flavius pour me châtier, et …
–  Si tu me l’as montré, c’est que tu avais ta petite idée derrière la tête, non?
–  Bien sûr. Quand on baise, il faut varier les postures pour éviter la monotonie. Quand on fesse, c’est pareil. J’avais très envie que tu me donnes le fouet.
–  Tu aimais te faire fouetter?
–  Par Flavius, plus tellement. Au début de mon mariage, j’avais aimé subir son autorité. Tu sais que j’adore le scénario de la jeune mariée, rouge de honte, ses boyaux jouant de la musique, se faisant fesser parce qu’elle a laissé brûler le rôti. Puis, peu à peu, la jalousie maladive de Flavius avait fini par m’enlever tout désir sexuel. C’est d’ailleurs pour cette raison que j’étais devenue ta maîtresse. Je suis une femme sérieuse, qu’est-ce que tu crois? Avec toi, c’était formidable. Tu avais non seulement la main pour me châtier quand j’avais besoin de l’être, mais tu savais aussi trouver les mots justes pour me faire rougir jusqu’aux oreilles en humiliant mon ridicule orgueil de caste.
–  Te souviens-tu quand je te fouettais en ventrale, comme une fille de cuisine qui a mal lavé sa vaisselle ?
–  Oh oui, je m’en souviens ! ! !… Rôôôôhh… Comment pourrais-je jamais l’oublier? Après le martinet, je devais te demander pardon à genoux et te sucer la bite. Les mains sur la tête, les pans du tablier écartés, interdiction de frotter mes fesses en feu.
–  Où vivions nous en ce temps-là?
–  À Pompéi. Nous avons tous péri dans la terrible éruption du Vésuve, en l’an 79 de notre ère.

Je frissonnai.
–  Bigre ! !  Elle finit tristement, ton histoire.
–  Veux-tu que je continue celle de Belbajo?  Je crois qu’elle finit mieux.

Je venais d’éjaculer dans sa main.
–  Allons-y de ton bouquin, grommelai-je. De tout façon je n’ai plus sommeil.

Régine prit un Kleenex sur sa table de nuit, essuya ses doigts gluants. Le cercle lumineux de l’abat-jour projetait ses gestes au plafond en ombres chinoises. Elle alla pêcher un second mouchoir de papier dans la boite pour essuyer mon ventre et le devant de ma veste de pyjama. J’avais des giclées crémeuses presque jusqu’en dessous du menton. Régine sortit posément un troisième Kleenex, cette fois pour essuyer ses verres de lunettes; elle redressa son oreiller à la verticale, s’assit dans le lit, rajusta sa chemise de nuit qui bâillait sur un sein et reprit sa lecture à haute voix :         

"La colonie des Valaques américains est constituée d’une population catholique venue de Transylvanie, fuyant les persécutions aussi bien des Turcs musulmans que des Hongrois calvinistes. Ils datent la fondation de leur communauté à 1761, soit sous les règnes de Ferdinand VI en Espagne et de Joseph II en Hongrie. Leurs institutions, pleines de sagesse, reposent entièrement sur les traditions ancestrales. A part le tribut annuel qu'ils payent au vice-roi d’Espagne, ils jouissent de leur liberté et se gouvernent par leurs propres lois. Aussi éloignés de l’océan Atlantique que du Pacifique, entourés de montagnes, ils ne cherchent pas à étendre leurs frontières et n'ont rien à craindre du dehors. La Cordillère des Andes les met à l'abri d'une invasion venant de l’ouest, à l’est l’immense savane du Matto Grosso les isole de la côte. Ils vivent d’agriculture, d’élevage et d’artisanat, sans armée, sans noblesse, occupés de leur bonheur et peu soucieux d'une vaine renommée ; car leur nom est inconnu au reste de la terre, si ce n'est de leurs voisins immédiats."

Cette population cultive les valeurs de l’effort, du travail en commun, exaltés par le port obligatoire du tablier pour les deux sexes : tablier de cuir pour les travailleurs du métal et les verriers ; de grosse toile pour les paysans ; plus coquet pour les femmes, sans jamais tomber dans la frivolité. La plupart d’entre elles portent d’ailleurs deux tabliers, un long et enveloppant qu’elles nouent par-dessus le premier lorsqu’elles font la cuisine en commun ou lavent leur linge à la rivière. La maîtresse d’école inspecte chaque matin les tabliers de ses élèves, qui doivent être d’une propreté absolue et parfaitement repassés. En cas de traces peu nettes, ou si l’étoffe est fripée, ce n’est pas l’enfant qui est puni mais sa mère. Celle-ci est convoquée pour une réprimande et reçoit d’abord un blâme, lequel est affiché sur le panneau communal, devant l’hôtel de ville. Au troisième blâme, on donne le fouet à la maman négligente.

Ils n’ont pas de prison. Lorsqu’une infraction a été commise, deux sortes de punitions sont applicables indifféremment aux femmes comme aux hommes : le fouet et l’exposition infamante au pilori. Les hommes sont fouettés sur les épaules et le dos ; les femmes sur les fesses. Il existe aussi la chaise percée, ce dernier châtiment étant réservé aux femmes querelleuses ou mal embouchées : on oblige la mégère à boire une forte purge à base de séné et de jus d’aloès ; on l’attache sur la chaise percée, cottes troussées et entièrement déculottée ; elle reste là, exposée en place publique parfois une  journée entière, en proie aux affres des coliques, souillée par la débâcle intestinale qui ruisselle de ses parties honteuses et s’accumule sous elle en un amas brun, pâteux et nauséabond. Durant mon séjour dans cette communauté, un homme a été fouetté, puis cloué au pilori, pour avoir proféré des menaces de mort en état d’ivresse ; une mère de famille a été fessée aux verges par l’institutrice pour avoir envoyé ses enfants à l’école vêtus de tabliers pas nets ; le Conseil des Anciens à ordonné à un mari de donner sévèrement le fouet à sa jeune épouse, jugée frivole et paresseuse ; de le lui donner plusieurs fois si cela s’avérait nécessaire, jusqu’à ce qu’elle se corrige de ses vilains défauts. Une cabaretière a été exposée au pilori trois jours de suite pour avoir vendu du vin trafiqué. Enfin une commère, dûment purgée, troussée et déculottée, a publiquement déféqué sur la chaise percée pour avoir fait circuler des calomnies sur plusieurs femmes de la ville, accusées à tort de conduite licencieuse et d’adultère.       

J’ai regardé ma compagne en caressant sa cuisse sous la mousseline vaporeuse de sa chemise de nuit rose pâle. Régine avança sa lèvre inférieure en une moue gourmande pour me demander d’une voix trouble :
–  Veux-tu que j’aille chercher le vibromasseur?
–  Qu’est-ce que tu préfères, le vibromasseur ou ma langue?

Sa réponse vint dans la fraction de seconde :
–  Ta langue ! ! !

Après lui avoir procuré un nouvel orgasme par le cunnilingus, renforcé par deux ou trois autres techniques bucco-génitales dont Régine raffole, je pris un moment de détente bien mérité. Couché de tout mon long sur le dos, mains croisées derrière la nuque, je pensais à ces voyageurs des siècles passés. Ils avaient vu et connu un autre monde que le nôtre… Oui ! !  Un tout autre monde. 
–  Sais-tu à quoi ils me font penser, tes Valaques des Andes?
–  À quoi donc, mon loup?
–  À ces phalanstères qui ont essaimé un peu partout au XIXème siècle, sous l’impulsion des premiers penseurs socialistes : Proudhon, Fourier, Considerant en France … Owen, King, Bentham en Angleterre … Bakounine, Kropotkine en Russie … Engels, Marx en Allemagne … Tu te souviens de ce bouquin que nous avons lu ensemble l’été dernier : Colonies Communistes et Coopératives Ouvrières, de Charles Gide?    
–  Oh oui, je m’en souviens parfaitement ! !  Nous avons lu ce livre pendant nos vacances à Belle-Île. Mama-mia, comment l’aurais-je oublié ! ! ! C’était une édition originale numérotée, imprimée sur vélin d’Arches, que tu avais dénichée chez un bouquiniste de Nantes. Je l’avais amené à la plage malgré ta défense, des grains de sable sont entrés dans les pages et ont rayé le beau papier. Au dîner, dans la salle à manger de l’hôtel, j’avais du mettre un coussin sous mes fesses tellement ça me brûlait. J’avais l’impression que tout le monde me regardait. J’ai cru mourir de honte.
–  Tu n’étais pourtant pas la seule femme fessée ce soir-là.
–  C’est vrai. C’est arrivé vers la fin du dîner. J’avais commandé un sabayon aux fruits de la passion comme dessert. La serveuse a trébuché en sortant des cuisines…  Patatras ! ! !… Tout son plateau par terre ; des assiettes, des coupes, des verres roulant dans tous les sens à travers de la salle à manger. Pas mal de casse aussi. La fille étalée de tout son long, le nez dans la mousse au chocolat, ses nichons dans la salade de fruits. Quand elles se mettent à être gourdes, ces Bretonnes, elles ne sont pas cruches à moitié… C’est pas possible d’être aussi maladroite. Toute l’année ça traie les vaches, ça récure la soue des cochons, ça étend le linge au pré; puis la saison venue ça veut gagner de l’argent en s’embauchant dans les hôtels de la côte. Sans expérience. Sans qualifications. À la plonge, d’accord. Mais certainement pas pour le service à la clientèle.
– Tu as donc approuvé la sanction qui lui a été appliquée par le chef ?
–  Je l’ai entièrement et totalement approuvée. La fessée … LA FESSÉE À LA CUISINE … Bien cuisante et pétaradante, administrée à toute volée afin qu’on puisse l’entendre depuis la salle à manger. LA FESSÉE EN TABLIER ! ! !
–  Te souviens-tu de sa tenue quand elle est revenue en salle après avoir été sévèrement corrigée pour sa maladresse?
–  Je la revois comme si c’était d’hie … Revois la scène comme si c’était un cliché photographique… Son visage aussi rouge que l’était certainement son cul… Ceinte d’un grand tablier bleu qui la couvrait du menton aux mollets… Un tablier trop grand pour elle qu’elle avait remonté sur sa taille en le repliant au niveau de la poche ventrale et dont elle avait raccourci par un nœud le cordon de cou, sans quoi la bavette lui serait tombée plus bas que les seins. Elle avait bonne mine, la petite bretonne. Le balai dans une main, la pelle dans l’autre, le tablier bleu qui faisait trois fois le tour d’elle. Les longs cordons noués sur le ventre qui descendaient très bas et lui battaient la moule. Elle s’est mise à quatre pattes pour tout ramasser. Les assiettes et les verres cassés. Les plats répandus. Les desserts éparpillés. D’abord tout ramasser, puis laver à la serpillière, éponger et rincer. Elle passait entre nos tables. Ramassait. Lavait. Rinçait. Épongeait. Arrivée à notre table, elle a levé la tête, nos regards se sont rencontrés. Je ne sais pas ce qu’elle a lu dans mes yeux. Elle est brusquement devenue rouge comme une pivoine. Derrière les pans croisés du gros tablier bleu, on apercevait les cordons noués du tablier blanc qu’elle portait en salle. Lentement, centimètre par centimètre, j’ai remonté ma jupe sur mes cuisses sans cesser de la fixer droit dans les yeux. Mon sourire devait être celui d’un chacal. Comme elle faisait aussi les chambres, le lendemain matin j’ai laissé mon godemiché bien en évidence au milieu du lit. Tu connais la suite, mon loup.
–  Tu l’as baisée trois fois. Au lit quand elle apportait le p’tit dèje. Courbée sur la baignoire quand elle astiquait la salle de bains. Encore dans la lingerie, sur une pile de linge sale. Les trois fois en tablier. J’en souffrais pour elle.
–  Regardez-moi Môôôsieu qui voudrait jouer au moralisateur… Plains-toi ! ! … Tu en as eu les bénéfices, non?
–  Le nier serait un mensonge aussi pusillanime qu’éhonté. Non seulement je ne nie rien du tout, mais je tire gloire de mes magnifiques prouesses quand j’ai éjaculé deux fois de suite dans sa bouche. La lance à incendie ouverte toute grande. Jet après jet, je lui envoyais tellement de semence qu’elle s’étranglait dessus… Elle en étouffait… Sa bouche moussait de mon sperme qu’elle n’arrivait pas à avaler assez vite. Elle en avait la gorge pleine.
–  Tu lui as offert une bière pour rincer… La dernière Tuborg qui nous restait dans le petit frigo de notre chambre.
–  Une seule canette. Et elle écartait à nouveau les cuisses pour redemander de la tringlette.
–  Ça ne connaît que le cidre ici. La bière ça leur fait peur tout en les mettant en transes… L’atavisme … Une flottille viking dans le golfe du Morbihan… Les viols, les pillages…  Les guerriers coiffés de magnifiques casques à cornes… Les cris de victoire, les hurlements des victimes… L’alcool de houblon descendu par hanaps de deux litres… La mousse faisant fleurir les barbes ricanantes…
–  Faudra que tu en parles à la prochaine réunion de ton groupe.


Régine fait partie d’un groupe de recherche sur la réincarnation et les vies antérieures. Parmi les vedettes : un guichetier du Crédit Lyonnais persuadé d’avoir été Landru… Une gamine anorexique qui se revoit sous les traits de Jeanne Platin, la maîtresse de Robespierre… Une brave et très sympathique grand-mère des Yvelines se rappelle des passages de son ancienne vie… Quelque part du côté des Carpates, elle ne savait plus exactement où…  Elle attirait des jeunes filles de la campagne dans son château, les faisait égorger pour baigner dans leur sang, parce que, selon l’enseignement du chef de secte qu’elle suivait à l’époque, s’enduire du sang d’une vierge empêche de vieillir.
Régine est comme ça.
Ce livre, Colonies Communistes et Coopératives Ouvrières, avait amené entre nous de longues discussions. Nous étions tous les deux socialistes  –  branchés sur des idées initialement communistes et égalitaires, bien éloignées de la triste réalité actuelle  –  n’en divergeant que … « QUE » sur un point crucial qui avait profondément divisé ces mouvements ouvriers par le passé  –  L’insurrection armée immédiate  –  Ou le lent et patient endoctrinement de la classe ouvrière pour qu’elle change de mentalité et, par la puissance de son nombre, par la force de sa détermination, finisse par faire écrouler l’ancien régime moribond.


Trotsky contre Lenine.
Régine contre moi. 


Durant tout le XIXème siècle, la misère générale et la crise économique dues aux guerres napoléoniennes ont provoqué des troubles sociaux dans tous les pays industrialisés. Les conditions de vie des ouvriers étaient déplorables. Il y avait alors un prolétariat misérable, écrasé par la nouvelle bourgeoisie, qui ne pouvait se permettre de refuser les longues heures de travail, les corvées épuisantes et démoralisantes. Le vol, l’alcoolisme régnaient en maîtres. L'éducation et l'hygiène négligées. Beaucoup de familles d'ouvriers s'entassaient dans une seule pièce, sans eau ni gaz. D’immenses quartiers des grandes villes d’Europe et d’Amérique étaient constitués de taudis, de ruelles où n’entrait jamais le soleil, de cloaques pestilentiels où l’on jetait des ordures qui n’étaient jamais ramassées. Sur leurs tas galopaient des rats gros comme des fox terriers
–  Des bombes ! ! sifflait Régine entre ses dents.
Je lui répondais :
–  L’éducation et l’instruction.


Le plus marrant, c’est que c’était elle la professeur. Alors que j’avais été instructeur de déminage au Kosovo. Comme quoi la vie …
Le lendemain matin je n’avais guère eu le temps de lui parler, ayant expédié en toute hâte un sommaire petit déjeuner, m’étant endormi vers deux heures du matin après avoir baisé Régine quatre fois de suite et lui avoir procuré une dizaine d’orgasmes, vaginaux, clitoridiens, par l’anus, par la pointe sensible des tétons … Le dernier en lui fouettant, sans méchanceté mais tout de même assez fermement, ses seins gonflés vec les lanières du martinet.


C’est en prenant notre whisky du soir que je lui ai dit : 
–  Sais-tu ce que tu devrais faire, ma chérie?
–  Quoi donc, mon loup?


Le dîner était en train de cuire. Elle croisait ses jambes dans son fauteuil et me souriait, verre en main, ceinte de son tablier à rayures blanches et vertes.
–  Écrire l’une de tes vies antérieures. Tu viens de me raconter, de manière très vivante et colorée, tes expérience de riche patricienne à Pompéi. Je suis certain que ça intéresserait beaucoup de gens.
–  Bah… Mon récit serait rempli de fessées, lavements, gougnotages en cuisine et bonnes femmes en tablier.
–  Raison de plus ! !   Tu serais accueillie à bras ouverts sur le site de Marie-Souillon. C’est précisément des textes de ce genre qu’il recherche.
–  TABLIERS, BLOUSES ET TORCHONS ?  C’est là où paraissent les nouvelles que tu écris. Je ne vais quand même pas te faire de la concurrence ! !
–  Pourquoi-pas?  Tu serais Colette … Je serais Willy.
–  Je n’aime pas quand tu blagues avec des choses sérieuses. Pour moi, la littérature est quelque chose d’infiniment sérieux. Colette a un talent fou. Mes petits récits, ce seraient des merdes.
–  Peut-être. Simplement, à mon avis, tu as tort de sous estimer ta merde. Moi je l’aime. Je peux t’assurer que beaucoup de lecteurs l’aimeraient aussi.  J’ai lu, dans je ne sais plus quelle revue, l’interview d’un grand éditeur parisien. L’écrivain le plus lu, ce n’est pas Chateaubriand, ni Flaubert, ni Balzac, ni Victor Hugo … C’est Georges Simenon.
–  Et alors?  Cela ne prouve rien. Ils écrivent dans des genres différents, avec des styles propres à chacun d’eux. Simenon a énormément de talent. J’ai lu trois fois L’Homme de Londres. C’est l’un de mes romans préférés. Pas plus que tu ne peux me comparer à Colette, tu ne peux pas non plus me comparer à Simenon. Tu me déçois, Jean-François. Je ne pensais pas avoir choisi comme compagnon de vie un rustre sans culture ni raffinement.
–  Ne saute donc pas tout de suite à des conclusions hâtives. Je n’ai pas encore roté, pas pété, pas chié dans mon falzar… Je ne me suis pas épouillé devant toi… Je ne me suis pas branlé en tirant la langue et me tenant sur une jambe …   
–  Tiens… C’est une idée, ça ! !  Je vais l’inclure dans ma prochaine nouvelle : « Rentrant de mon travail j’ôte mon chapeau de pluie, je suspens mon imperméable mouillé au porte-manteau de l’entrée, je rectifie ma coiffure devant le petit miroir ovale et je pousse la porte du salon sur le seuil de laquelle je m’immobilise, pétrifiée par le spectacle qui s’offre à ma vue. Mon mari a mis mon tablier de cuisine et, se tenant en équilibre sur une seule jambe, il se masturbe furieusement en tirant une langue de dix centimètres. En me voyant, il cesse de se branler pour commencer à s’épouiller en faisant d’affreuses grimaces. Je pousse un cri de terreur quand cinq ou six poux, gros comme des pois chiches, s’élancent vers ma tête en vrombissant. Je réussis à les estourbir en faisant des moulinets avec mon sac à main. Sur notre divan de cuir tout neuf, je vois le caleçon et le pantalon de mon époux, l’un comme l’autre enduits de caca. »
–  Tu vois que tu peux écrire ! ! !
–  Je raconterais quoi dans ma nouvelle?
–  Par exemple ce que tu me racontais hier soir : ta vie antérieure à Pompéi, quand tu étais l’épouse du négociant en vins Flavius, et moi ton amant.
Régine fit la moue.
–  Pompéi c’est trop loin. Je ne souviens pas de tout. Et puis c’est trop triste. Mourir sous une coulée de lave et de cendres… Brrrrrr… Non, je n’ai pas envie d’écrire ça.
–  Alors une réincarnation plus récente. Ne m’as-tu pas dit avoir été une ribaude à la Cour des Miracles, parlant l’argot des coquillards, maquée avec un truand qui a été pendu au gibet de Montfaucon ? Tu pourrais nous en faire un récit passionnant.
–  Simplement je ne pourrais jamais l’écrire. Cette ribaude vivait au moyen-âge. C’était une petite sauvageonne parfaitement inculte et illettrée. Elle parlait à peine un vieux françois encore tout imprégné de bas latin. En fait, elle ne savait se faire vraiment comprendre que dans le jargon secret qu’employaient les bandits entre eux, pour que seuls les initiés puissent saisir le sens de leurs conversations, cachés de la population « normale ». Elle parlait le jobelin compris par les Gaudins, les Feuillards, les Francs Taupins, les Mercelots… Mais elle ne comprenait pas le jargon des Égyptiens et des Crocheteurs. Tu me vois écrire une nouvelle en jobelin? J’imagine la tête de ton ami, Marie-Souillon, recevant sur sa messagerie un récit commençant par : « Me santissiés por sen geugon qui la sème, se gruppez estes desgruppez dé ces anglès si graveliffes. »
–  Ça serait vachement pittoresque ! !
–  La première ligne, sans doute … Le restant du texte tu repasseras.
–  Alors … Tu aurais une autre idée?
Régine fit claquer ses doigts. Elle décroisa ses jambes, son tablier lui recouvrit à nouveau les mollets.
–  Un récit interactif.
–  C'est-à-dire?
–  Nous démarrons. Puis les lecteurs brodent sur notre thème et écrivent à leur tour sur le site de TABLIERS, BLOUSES ET  TORCHONS DE CUISINE.
–  C’est pas con.
–  Merci.


Une odeur de brûlé nous arriva de la cuisine.
–  Merde ! ! aboya Régine.


Elle avala d’un trait le restant de son whisky et courut vers ses fourneaux.


Chers lecteurs, il ne vous reste plus qu'à m'adresser vos textes afin de poursuivre ce récit interactif.


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