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  • : Ce blog est consacré au fétichisme des tabliers de cuisine de femme, des blouses de femme et des torchons de cuisine. Il s'adresse aux adultes seulement, ayant atteint l'âge de la majorité légale dans le pays. Et tenez les enfants à l'écart, bien sûr.
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Dimanche 31 mai 2015 7 31 /05 /Mai /2015 09:00

La suite du texte d'Hanna Allain...


 Drôle de tête. Je n'avais pas l'impression d'être convaincue. Mal à l'aise, naturellement dans cette fonction. Un an et demi de chômage en pointillé depuis que l'entreprise ou j'étais secrétaire a fermé. 

C'est un peu idiot, je l'avoue de raconter sa petite vie comme cela. De dire que le Pôle Emploi me promettait un avenir radieux dans l'hostellerie. Mais le travail est là, lorsque les diplômes de secrétariat ne suffisent plus. Je ne sais pas si je dois continuer à écrire. Cela me fait du mal et en même temps il y a comme un soulagement. Naturellement que le stage m'a permis de trouver une place, une première pour moi. 


Cette place d'employée de maison m'a fait fantasmer une vie de femme devenue soumise de part sa fonction de subalterne. Ce n'est pas un vain mot. Rien de méchant naturellement simplement accepter et surmonter sa honte d'être devenue la bonne d'une famille israélite. Rien n'est simple mentalement alors on se réfugie dans l'imaginaire... Comme déjà écrit, comme si j'avais besoin de me justifier d'être celle qui porte les valises... 


Aujourd'hui me revoilà dans l'instabilité. Mes patrons vont quitter la France et lundi a été mon dernier jour. Madame me laissant la journée pour faire le ménage entièrement  avant que l'agence ne visite l'appartement pour l'estimer. 
J'avoue que j'aurai aimé faire partie des meubles comme les domestiques de l'ancien temps. Je crois que bien plus qu'un fantasme de la soumission (aujourd'hui présent) c'est quelque de plus profond. Être employée de maison me sécurise, un peu comme si définitivement je me sentais sous  protection.


Comment reprendre mon texte sans penser à mon licenciement ? 
Même si Madame m' a trouvée une agence de placement et que Madame m'a promis de me présenter à des amis pour une éventuelle place... Je suis mal à l'aise  dans cette attente...

Essayons de continuer en gommant l'avenir incertain qui se profile.
Comment écrire autre chose que de me savoir servante. 

Madame a été horrible avec moi hier soir... Enfin, je ne sais pas. Je ne devrais jamais prévoir quelque chose maintenant. A chaque fois que mon téléphone sonne, je me dis que c'est Madame. Une fois sur deux c'est vrai. 
- "Tu seras naturellement à ma disposition ce soir."


Ce fut tout. Et me voilà dans l'impossibilité d'honorer le repas de maman. Comme souvent mon ventre se noue. La normalité de la soumission est là dans l'apprentissage de vivre pour autrui (j'offre à Madame entre 20 à 25 heures de services par semaine, WE compris). Et me voilà  naturellement à obéir comme un toutou bien dressé et ma mère insupportable à mon égard devant ma résignation à l'obéissance:

- "Mais qui sait cette femme qui te fait marcher à la baguette ?"

Ma sœur éclata de rire...

- "L'amour vache, maman tu ne peux pas comprendre, je t'expliquerai."

J'ai envoyé un regard noir à ma jeune sœur qui semble se moquer de moi, me poussant dans mes retranchement. 

19h00 chez Madame, déjà sur son trente et un.

- "Si je devais attendre ma bonne pour me faire séduisante, ou je serai aujourd'hui..."

Je n'ai rien dit comme souvent maintenant. Madame portait un tailleur pantalon gris perle à même la peau. Un collier de perle autour du cou. Je l'envie. 
- "Dépêche toi de te changer "... 
Ce qui signifiait que je ne portai pas de livrée, mais ma jupe droite noire, chemisier blanc et tablier. Je me suis changée à la cuisine et comme souvent j'y reprends mes marques comme si je n'avais jamais quitté la maison. C'est aussi ce que j'aime.
- "Nous sommes deux... "

Là encore le silence alors que je dresse la table. Madame au téléphone plaisante avec une amie ou un ami, assise dans un de ses trois profonds fauteuils clubs en vieux cuir beige puis me regarde terminant de dresser la table:

- "Tu descendras au traiteur chinois, la commande a été passée."

J'ai osé un:

- "Bien Madame."
- "Non chérie, c'est adressée à ma bonne... Comment ? Ne me parle pas...."

Je vis la normalité domestique comme une seconde vie. En fait j'ai l'impression de ne plus être autre chose dans cette envoie de femme soumise. Et me voilà (c'est amusant en l'écrivant) dans ma tenue de bonniche à faire la queue chez le traiteur. Je n'y avais même pas pensé. Cela m'a fait du bien de ne plus penser à ma tenue... C'est arrivé d'un coup. Il y a encore quelque temps je me serais arrangée pour passer un manteau ou un imper... Pour dissimuler ma médiocrité servile. J'aime aujourd'hui penser que je ne vaux pas grand-chose. Où il est le temps ou derrière le bureau, en bonne secrétaire je me pomponnais et m'habillait dans la séduction !

Retour à la maison ou j'organise les plats pour le repas, sort le rosé frais et je termine par m'asseoir en mettant mes gants de service et attendre. Encore et toujours. Comment expliquer l'inexplicable. Ce plaisir personnel à rester seule et à attendre que l'on me sonne. Comme j'aime consulter les photos de ma collection sur le vieille ordinateur de la cuisine qui sert à faire les commandes.  

Coup de sonnette et me voilà à l'entrée et j'ouvre la porte. Une femme que je crois avoir déjà vue, lourd ciré gris de coupe des années 70 qu'elle me donne sans me voir, tout sourire vers Madame:

- "J'ai eu peur que tu  n'ai pas reçu mon message, disant qu'Alexis ne pouvait pas venir. Il est perturbé par son expo, le choux."

Elle éclate de rire et les deux femmes s'embrassent.

- "C'est ça ta protégée ?" lança l'invitée dont je n'arrivais pas à mettre un nom sur le visage.

Madame éclata de rire la femme ajouta en entrant dans le salon / salle à manger:

"Elle est pas un peu vieille ?"

C'était dit comme cela, sans méchanceté, plutôt comme une sorte de constat. Mais cela fait mal. Cette femme portait une robe évasée, printanière, dont une large ceinture beige cintrait la taille. Très rétro. Elle rappelait maman.

- "Je te sonnerai pour le diner". 

Et me voilà seule. A la cuisine à m'occuper comme je peux. Dois-je vous avouer que la réflexion de l'invitée de Madame m'a secouée. Sentiment servile dans cette acceptation... "Trop vieille !" 

Coup de sonnette. 
Je pousse doucement la desserte sur laquelle les différents mets chinois sont proposés. 


- "Tu restes là, je peux avoir besoin de toi."
- "Elle va faire le pied de grue pendant toute la soirée ?"
- "Tu veux que je la renvoie ?" 

Haussement d'épaule de la femme aux cheveux courts. 
Geste sec de Madame me demandant de rejoindre mon coin. Dans un angle, droite j'attends. Mains gantées croisées sur le tablier. Tout mon monde. J'ai toujours du mal malgré le temps et mon éducation à comprendre que je suis cela aujourd'hui. Je l'écris trop souvent. Mais je me sens comme dépositaire de cette image infantile de cette femme qui ne sais plus que dire "oui madame".


Comme souvent, je sers de décor social. Rien d'autre alors mon esprit vagabonde et je pense à ce qu'aujourd'hui je ne serai plus jamais parce que il m'est impossible de revenir psychologiquement en arrière. Je suis prisonnière de mes désirs masochistes. Je pense à maman et à sa réflexion, comment lui avouer. Car il faudra bien un jour briser la glace.
Le temps du diner me parait interminable. Madame et son invitée discutent du film qu va sortir et qu'elles ont vu en avant première (une nouvelle adaptation du Journal d'une femme de chambre), alors Madame se retourne vers moi en m'adressant la parole d'une façon désinvolte:

- "Et si on te débaptisait" me demanda-t-elle en riant puis se retournant vers son amie.

- "On pourrait l'affubler du prénom de Célestine..." 


L'invitée ria en disant:

- "Tu ne trouves pas que cela fait ringard ?"


Et Madame se levant de table en même temps que son invitée:

- "Parce que tu trouves qu'être domestique c'est pas ringard ?" 
- "Allez Célestine débarrasse..."
- "Bien Madame" dis-je en retenant une fois encore de pleurer.

L'humiliation est ainsi, je pleure ou je me retiens de pleurer et une fois à la cuisine le plaisir est là, d'être reconnue pour ce que je suis devenue. 
Madame et son invitée se retrouvèrent au salon.

Une fois à la cuisine la fontaine s'est mise à couler en me demandant combien de temps encore j'allais subir cela. Je me dis toujours cela et je m'aperçois qu'il est plaisant d'être ainsi cette femme qui sans broncher reçoit les sarcasme de sa Maitresse comme pour la valoriser. Est-ce cela qui me plait, vivre ainsi dans l'humiliation pour valoriser le "Monde" de Madame ?

Coup de sonnette.

- " A ma petite Célestine."

L'invitée souria en me fixant avec attention. 
- "Pas de lave-vaisselle ce soir... Retrouvons le savoir ancestral des domestiques... Tu feras la vaisselle à l'eau froide..." 

Madame semblait heureuse de sa trouvaille et ajouta:

- "Pour que cela soit complet, tu sortiras les glaçons du réfrigérateur et tu les mettras dans le bac..."


C'était horrible. 

- "Allez ma fille ton travail t'attends..."

 
Je n'ai rien dit. 


A suivre...

 

 

 


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