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  • : Ce blog est consacré au fétichisme des tabliers de cuisine de femme, des blouses de femme et des torchons de cuisine. Il s'adresse aux adultes seulement, ayant atteint l'âge de la majorité légale dans le pays. Et tenez les enfants à l'écart, bien sûr.
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Dimanche 22 septembre 2013 7 22 /09 /Sep /2013 09:00

Un texte de mon ami Molenbeek


LA PERME

Le commandant tendit ses jumelles au lieutenant.
– Regardez.
Clermont-Vallière regarda. Un long sifflement modulé s'échappa de ses lèvres pincées.
– C'est fou ... ! !  Combien sont-ils là-haut ?
– Deux mille, probablement davantage... Les Aït-Touzine se sont alliés aux Aït-Ouriagh.
Sans transition il demanda :
– Votre permission s'est-elle bien passée, lieutenant ?
– Fort bien, merci mon commandant.
– Dans le Lot, n'est-ce pas?
– Lot-et-Garonne, mon commandant.
– Ah ... ! !
Un rire discret fit trembler la moustache rousse du vieux briscard.
– Agen. Une sacrée bonne femme. Vous ne devinerez jamais ce qui la faisait jouir ?
– Non ... Je ne sais pas, mon commandant.
– Se faire baiser en tablier sur sa table de cuisine. C'était la femme du sous-préfet.






Lorsqu’il descendit du train  –  sautant avant l’arrêt complet sur le quai de Nérac, dans une impressionnante envolée de sa cape de spahi  –  Lionel de Clermont-Vallière exultait. Une minute plus tard, serrant sa fiancée dans ses bras, il se posa la première d’une longue série de questions qui n’allaient cesser de lui tarauder le cerveau jusqu’à …..
Mais n’anticipons pas.
Plusieurs détails lui semblèrent étranges.
D’abord sa fiancée  –  Mademoiselle Éthéroise d’Etremont  –  portait un tablier.
Qu’il y a-t-il là d’étrange à cela ? penserez-vous sans doute …
Cependant le lieutenant de Clermont-Vallière ne put réprimer un sursaut de surprise en voyant Éthéroise d’Etremont ceinte d’un tablier taille à poches, à rayures grises et vertes, noué au creux des reins par un large cordon bouffant.
En ces années-là, beaucoup de femmes portent le tablier dans la rue, c’est exact. Ou dans le train. Ou dans les transports publics. Pour pique-niquer le dimanche au bord de l’eau. Pour papoter entre elles autour de la fontaine publique. Des femmes du peuple. Les paysannes, bien évidemment, mais pas seulement les paysannes. Les femmes appartenant à la petite et même moyenne bourgeoisie en portent également.
Tabliers.
Taille ou à bavette ? Fonctionnel ou fantaisie ? À petites poches sur les côtés ou à grande poche ventrale ? Les cordons noués au creux des reins ou ramenés par devant ? La bavette maintenue par un cordon de cou ou par des bretelles ? Bretelles croisées dans le dos, ou bretelles verticales maintenues en position par une patte transversale sous les omoplates ?
Tabliers.
Madame met son tablier en se levant le matin et ne le quitte que pour se mettre au lit le soir.
Rien n’est plus vrai. Les études sociologiques, les cartes postales en témoignent : le tablier est un vêtement incontournable de l’habillement des femmes.
Sauf …
Eh oui.
  … Sauf pour ces belles dames du « grand monde ».
Aîe ! ! !
  … Voilà précisément où le bât blesse. Mademoiselle d’Etremont pouvait à la rigueur mettre un joli tablier dans l’intimité de ses appartements, par exemple pour faire de la broderie ou de l’aquarelle. Mais elle ne devrait absolument pas porter un tablier pour venir attendre son fiancé à la gare ! !  Que signifie cette curieuse entorse aux usages ? Et puis le chauffeur … Clermont-Vallière connaissait bien Justin, un ancien mécanicien de l’aviation en 14-18, reconverti dans la mécanique automobile. Justin Lefêvre. Lionel l’avait encouragé à s’établir à son compte. Il lui avait même avancé des fonds pour ouvrir son garage à Ouvry-les-Combes. Ça marchait du tonnerre. Jusqu’au jour où le naïf Justin s’était fait plumer plus nu qu’une pintade par une pétasse qui chantait faux sur la scène du Kursaal, à Marmande.  Pour payer ses dettes, Justin avait été embauché au château.
Seulement …
Le chauffeur qui attendait à la gare n’était pas Justin. Et immédiatement en le voyant  –  rouflaquettes ; gueule de bandit corse ; bosse sous l’aisselle de la tunique noire d’uniforme  –  Lionel eut l’impression qu’il était beaucoup plus un garde du corps, un barbouze chargé de surveiller Éthéroise, que le chauffeur chargé de conduire la grosse Hotchkiss « Grand Raid ».
Durant le trajet Éthéroise ne parla guère.
Elle lui parut à ce point troublée qu’il se demanda : « Va-t-elle m’annoncer qu’elle rompt nos fiançailles ? »
Pourtant le route était la même qu’autrefois. L’unique différence concernait la traversée d’Aignan-sur-Baize : ils avaient ajouté un nouveau feu rouge dans la descente de la D-188. Ils roulèrent entre ces champs de luzerne en fleurs qu’il connaissait et aimait. Puis les grilles furent ouvertes par Henri. Clopinant sur sa jambe de bois, la vraie étant restée sur le Chemin des Dames. Portant son éternel tablier bleu de jardinier. Mais Henri, d’habitude enjoué, volubile même, détourna son regard.
Les pneus crissèrent sur les graviers d’une longue allée.
Le château Louis XIII apparut.



– Je perds la boule ou quoi ?
Lionel de Clermont-Vallière frotte ses yeux encore mal éveillés. Là où il avait laissé ses pantoufles, ses pieds rencontrent des mules de femme  –  de jolies petites mules en satin bleu ciel. Palpant son corps, il s’aperçoit qu’il porte une chemise de nuit  vaporeuse, ornée de dentelle, de volants bleu ciel entrelacés de rubans d’un bleu plus soutenu. L’audacieux plongeon du décolleté le fait rougir.
La veille, après un étrange souper servi par le barbouze corse, revêtu pour la circonstance d’une sorte de longue lévite noire protégée par un tablier blanc de soubrette, Lionel, prétextant la fatigue du voyage, était monté dans sa chambre  –  une banale et classique « chambre d’amis », située au premier étage, au bout d’un long couloir parcouru de courants d’air. Mobilier sobre, de style anglais, ainsi qu’il convient pour une chambre occupée par un homme, militaire qui plus est. Un humidificateur à cigares, rempli de Montecristo « Gran Corona ». Un petit bar en acajou verni, serti de coins en cuivre comme les coffres de marine, contenait un cognac (Fine Napoléon 1899), un scotch (Bruichladdich « straight cask », 30 ans d’âge) et un Tennessee Whiskey (George Dickel « charcoal mellowing » VAT N°13).
Ce matin, le lieutenant de Clermont-Vallière s’extrait, en se frottant les yeux, d’un lit à baldaquin pour découvrir une chambre sortie d’un conte de fées. Il avance les yeux ouverts (cela il en est sûr) dans un boudoir parfumé, garni de meubles exquis sculptés dans un bois pâle  –  probablement le camphrier du Japon  –  incrustés ici de nacre, là d’amarante, ici de perles, là de plages irisées qui font penser à des giclées de sperme.
Il avait laissé son uniforme de spahi sur le dossier d’un fauteuil club dont le cuir sentait vaguement le tabac de Virginie et ces divers currys que les officiers anglais ont ramené des Indes et qui, il faut le dire, accompagnent remarquablement ces ales fortes avec lesquelles ils s’offrent des cuites aussi grandioses que le Taj Mahal. Le fauteuil club a disparu. L’uniforme aussi. À sa place : une bergère Louis XV, tapissée de velours violine.
Sur le dossier de cette bergère : une robe bleu ciel ; un tablier blanc.
Dans cette chambre incroyable, des glaces aux teintes pastel renvoient à perte de vue, à travers des murs transparents, des enfilades de boudoirs parfumés, tous identiques en ce qui concerne le mobilier précieux, identiques pour la décoration sophistiquée, identiques par l’ambiance parfumée et si infiniment féminine …
 … Mais différents par les personnages qui occupent ces chambres.
•    Dans l’une un lapin blanc consulte sa montre d’un air affolé.
•    Dans une autre des jardiniers fébriles peignent en rouge toutes les plantes vertes.
•    Dans une autre la Duchesse explique au valet de trèfle que ses sujets sont souvent fouettés avant d’avoir commis une faute, plutôt qu’après  –  et parfois même lorsqu’ils n’ont rien fait de mal ! !
•    Dans une autre une chenille philosophe fume le narghilé, assise en tailleur sur un champignon.
•    Dans une autre le Chapelier fou et le Lièvre de mars enfournent le Loir dormeur dans une théière.
On frappe à la porte.
– Entrez, croasse Lionel dans une voix qu’il ne reconnaît pas comme la sienne.
Un réflexe instinctif lui fait porter les mains à sa poitrine pour masquer son décolleté.
Une grosse nounou se présente, en impressionnant  uniforme victorien.
– Dépêchez-vous de vous habiller, Mademoiselle Alice … La Duchesse vous attend pour le petit déjeuner.           
    


RÉCIT D’ALICE
Les filles, tout excitées, se dirigèrent en conversant à voix basse vers ce qu’elles appelaient le « salon intime », au bout de la Galerie des Glaces. Seules Boule-de-Gomme et Boule-de-Gui restèrent avec moi, m’immobilisant par les bras.
La Duchesse et le valet de trèfle s’assirent côte à côte sur deux fauteuils à dossiers droits, juchés sur une estrade faite de plusieurs centaines de livres empilés. Je reconnus, à leur couverture, les Jules Verne dans l’édition originale Hetzel : j’en avais reçu un volume comme Prix d’Excellence quand j’avais treize ou quatorze ans …
Ma fiancée, et ce qui semblait être ses amies, prirent place en observant un rituel qui me parut obéir à une hiérarchie dont le sens m’échappa. Toutes portaient des tabliers (celui d’Éthéroise n’était plus le tablier taille qu’elle portait à ma descente du train, mais un grand tablier enveloppant, en toile écrue, à haute bavette et bretelles).
– Amenez-nous cette fameuse Alice, ordonna la Duchesse.
Boule-de-Gomme et Boule-de-Gui me firent avancer, me chuchotant à l’oreille :
– Tu te mets à plat ventre, tu leur embrasses les pieds, tu dis « Altesse » à la Duchesse, « Votre Seigneurie » au valet de trèfles. Et surtout tu te fais très, très humble.
Elles me firent m’agenouiller. Dans mon costume d’Alice, robe bleu ciel et tablier blanc, je me suis couchée face contre terre et j’ai embrassé dévotement les pieds de la Duchesse, puis ceux du valet de trèfles.
– La parole est au procureur, annonça la Duchesse d’une voix tonnante.
Silence.
Aucune réponse.
Alors le Lapin Blanc s’approcha, fit quatre courbettes à l’endroit, huit à l’envers (présentant son cul dressé le plus haut possible), se prosterna face contre terre, se releva pour murmurer, en tremblant de tous ses membres, à l’oreille de la Duchesse :
– Mais Votre Altesse … Le procureur c’est vous.
– Est-ce vrai ? demanda la Duchesse au valet de trèfles.
– Aussi vrai que tu viens de péter, répondit le valet.
Alors la Duchesse se leva de son fauteuil pour déclamer :

Grondez-moi ce vilain garçon !
Fessez-le s’il se montre rebelle,
Et s’il se branle dans son caleçon,
Mettez-lui un tablier à bretelles.

Je vis se lever dans l’assistance la plantureuse nounou en uniforme victorien qui était venue, à mon réveil, m’informer que la Duchesse m’attendait pour le petit déjeuner. Elle répondit :

Madame a joliment raison !
Les garnements on les étrille,
Honteusement vêtus en fille,
Après leur avoir baissé le caleçon.

Le Lapin Blanc scruta son rouleau de parchemin, sonna dans sa trompette et hurla :
– Le premier témoin est appelé à la barre : MADEMOISELLE ÉTHÉROISE D’ETREMONT.
Ouf ! !
Enfin cette grotesque mascarade allait prendre fin. Ma fiancée allait prendre ma défense et réfuter leurs ridicules accusations.
Éthéroise se positionna à la barre. Elle refusa le coussin que lui présentait le Lapin Blanc pour appuyer son coude pendant qu’elle prêtait serment.
Dès ses premières paroles un tremblement m’envahit, j’eus froid, chaud … Je lâchai sous ma robe un bruit incongru qui déclencha une tempête de rires.
– Silence ! ! ! hurla la Duchesse.
– Nous vous écoutons, Mademoiselle, dit le valet de trèfles.
– M’en remettant au judicieux et éclairé arbitrage de la Fausse Tortue, je requiers, Madame la Duchesse, la peine la plus sévère qu’il soit : la castration ! !
La Duchesse et le valet de trèfles se concertèrent à voix basse.
– Appelez à la barre la Fausse Tortue, réclama le valet..
Elle vint, se dandinant outrageusement dans des falbalas vermillon, vert pomme, un frou-frou de dentelles sous sa lourde robe de velours à triples volants, des rubis et des améthystes incrustés dans sa carapace dorée à l’or fin 
Bien évidemment, son témoignage ne pouvait que m’enfoncer un peu plus.
– Madame la Fausse Tortue, connaissez-vous l’accusé ?
– Féminin ou masculin ?
– Cette question est contraire à la morale ! ! gronda le valet de trèfles.
– Nous réglerons cette question ce soir au lit, dit la Duchesse en foudroyant son amant d’un regard homicide
Se tournant vers la Fausse Tortue :
– Parlez-nous, je vous prie Madame, de son insupportable et exaspérant orgueil masculin.
La Fausse Tortue réfléchit un instant.
– J’aurais cent  exemples à vous donner …  Cinq cents, mille … Mais bien évidemment le compte peut être fait à rebours : partant de mille et remontant vers zéro.
Un puissant son de trompette retentit.
– L’avocat de la défense demande la parole, cria le Lapin Blanc en s’épongeant le front et tremblant de plus belle.
À ma surprise, le Lièvre de mars monta sur les épaules du Chapelier, écrasant au passage le loir dormant qui poussa quelques cris de protestation avant de se rendormir.
– Les chiffres ont parlé, ce procès est terminé, dit le Lièvre de mars.
– Que voulez-vous dire ? demanda la Duchesse en se penchant vers l’avocat d’un air menaçant.
– Ceci, et que la Cour soit juge.
Le Lièvre de mars récita :

Un coup de fouet sur le cul,
Est une sentence ridicule,
Mais le gode qui encule,
L’a définitivement vaincu.

– C’est évident, approuva le valet de trèfles.
– Nous reparlerons de cela ce soir, lui rétorqua la Duchesse, furieuse.
– Quels sont les jours de punition ? demanda le valet.
– Voilà au moins une question à laquelle la Cour est incapable de répondre, dit suavement le Lièvre de mars.
– Et pourquoi donc ? rugit la Duchesse, rouge comme un coq.
Non seulement le Loir dormant ronflait, mais le Chapelier s’était endormi lui aussi, le nez dans sa théière. Pour répondre à la Cour, le Lièvre de mars monta sur la carapace de la Fausse Tortue.
– J’exige que la vérité éclate au grand jour, hurla le Lièvre de mars en pointant un index accusateur sous le nez de ma fiancée.
Étheroise s’effondra en larmes.
Entre deux hoquets elle me rappela alors (comment le savait-elle ?) toutes les fois où j’avais sauté le mur de la caserne pour aller retrouver une fille en ville …. Éthéroise rappela surtout ma vanité, ma suffisance …
– Son uniforme chamarré … Ses campagnes en Afrique … Ses décorations … Ses magouilles avec les roitelets d’Afrique Noire … Sa soi-disant culture acquise dans les bistrots du Quartier Latin, alors qu’il a échoué à tous ses examens … Ce sale gosse (elle appuya sur GOSSE) se sert de ces misérables artifices pour séduire et baiser celles des nôtres qui sont assez gourdes pour ne pas voir les dessous de sa dégoûtante braguette de mâle ! ! Je demande qu’il soit châtré. Châtré ici même. EN PUBLIC.
– Tu sais que toutes tes fautes sont consignées sur ton cahier de punitions, me dit la Duchesse d’un ton doucereux qui n’annonçait rien de bon.
– Boule-de-Gomme et Boule-de-Gui m’en ont effectivement informée, Votre Altesse.
– Est-ce que tu nous demandes pardon, vilaine Alice ?
– Oui, Votre Altesse … Je vous demande humblement pardon.
Je me jetai à plat ventre pour baiser et lécher passionnément les pieds de la Duchesse.
– Veux-tu que nous effacions les mauvaises notes sur ton cahier ? 
– OUI … Oh ! oui, Votre Altesse … Je vous demande humblement de nettoyer mon cahier de punitions.
Toujours à plat ventre dans ma tenue d’Alice, je promenais délicieusement ma langue entre les orteils de ma tourmenteuse.
– En quoi consiste le litige que nous avons entre nous ?
– De me prendre pour un petit coq vaniteux … Pour un tombeur de filles dans mon somptueux uniforme de spahi.
– Quel uniforme portes-tu actuellement ?
– Celui d’Alice, Votre Altesse.
– Décris-le.
– Souliers plats ; socquettes blanches ; petite robe bleu clair toute simple et tablier blanc.
– As-tu désormais conscience que cette tenue est véritablement la tienne … Je veux dire la tenue qui correspond à ta personnalité profonde … TA VRAIE TENUE … Alors que ton uniforme de guignol n’était qu’un cache misère servant à masquer tes insuffisances, tes déceptions, tes peurs.
– Oui, Votre Altesse … J’en ai pleinement et totalement conscience.
– N’as-tu pas d’autres fautes à confesser ?
– Si, Votre Altesse.
– Je t’écoute, Alice.
– Je me suis rangé  –  par lâcheté  –  par haine  –  par dégoût de la vie, peut-être ?  –  dans le camp des oppresseurs. Mon père voulait que je prenne la succession de sa charge de notaire. Cette seule idée me donnait envie de vomir. Quand j’ai loupé mon bac je me suis engagé dans l’Infanterie Coloniale. Sans y croire. J’étais un mercenaire … J’avais besoin de vivre, je me suis trouvé une solde. Mon père …
La Duchesse et le valet de trèfles remarquent que les phalanges d’Alice se contractent et deviennent blanches à l’énoncé de ce mot.
– Mon père … ! ! !   Malgré les blessures que je lui avais faites, il a fait intervenir ses relations. J’ai été nommé sous-lieutenant, passant devant des candidats mieux préparés que moi.
– Continue, Alice ?
– Mes classes à Bar-le-Duc … Huit mois à me faire chier au Quartier Vauban, à Tarbes  … Enfin l’ouverture ! ! !
– Tu veux dire la révolte des tribus rifaines au Maroc ?
– Tout à fait, Votre Altesse. Pour nous les jeunes officiers, c’était l’opportunité.
– D’avoir de l’avancement ?
– Oui, Votre Altesse.
– En tuant des gens qui défendent leur pays et leur mode de vie ?
– Quand je suis parti je croyais encore sincèrement en « L’Empire Français » … Maintenant je sais que nous avons tort. Lyautey a démissionné de son poste de gouverneur général du Maroc parce qu’il a refusé d’utiliser le gaz moutarde contre les Rifains. Pétain l’a remplacé. Et lui n’a pas eu les mêmes scrupules que Lyautey …
– Nous en savons suffisamment sur Alice, dit le valet de trèfles.
– Toi, ne parle que lorsqu’on t’adresse la parole, glapit la Duchesse.
Après un instant de réflexion, elle ajouta en me regardant dans les yeux : 
– Ta franchise nous a touchés, Alice. Nous allons donc te permettre d’effacer ces mauvaises notes avec …
Elle pencha sur moi son visage cruel.
–  … Avec tes larmes, ma chérie ! ! !
J’entendis Boule-de-Gomme chuchoter à l’oreille de Boule-de-Gui.
– Relevez Alice et conduisez-là au pilori pour qu’elle reçoive cent coups de martinet, ordonna la Duchesse.



– Plagiat ! ! ! … Arrêtez … STOP … C’est un honteux plagiat ! ! !
– Tais-toi, Lionel … Enfin ! ! … Arrête merde, tu m’empêches de dormir.
– Je te demande pardon, Éthéroise … J’ai fait un épouvantable cauchemar.
– Tu n’as fait que ça toute la nuit … Plagiat ! ! ! … Honteux ! ! ! … Je suis un misérable … Un raté … Qu’est-ce qu’il te prend ?
– Dans mon rêve je plagiais, effrontément et sans vergogne, un récit écrit par un ami.
– Cet ami que tu appelles Marie-Souillon ?
– Comment le sais-tu ?
– Je ne suis pas sourde. Tu te débattais dans tes draps trempés … Tu faisais des sauts de carpe sur le matelas … Tu criais à tue tête : « NON ! ! … Je ne le ferai plus … Pardon Marie-Souillon … Aah … J’ai copié Les Goûts Doux … Ouiiiiiiii … J’ai copié … J’ai plagié … Pardon … OH JE SUIS UNE NULLITÉ ! ! ! »
– Je n’ai rien dit d’autre ?
– Si. Mais là tu parlais à voix basse. « Oui, Votre Altesse … Je vais préparer moi-même mon lavement … J’apporterais aussi le martinet, au cas ou je ne parviendrais pas à contrôler mes boyaux et lâcherais mes immondices avant les dix minutes prescrites. »
– Moi, j’ai dit ça ?
– Tu l’as répété au moins trois fois.
– Rien d’autre ?
– Si. « Mon tablier … Mon grand tablier à bretelles … Celui qui me descend aux pieds … Aaah … Rôôôôôh …  Son Altesse la Duchesse a fessé en tablier la vilaine Alice ! ! ! » Et encore : «La cuve … La cuve des chiottes … Récurer à mains nues en tablier bleu ! ! ! »


Le colonel Ducros a rassemblé ses officiers dans sa tente.
– Je ne suis pas pour cette offensive, je ne m’en cache pas. Trois tribus, armées de matériel moderne par l’Allemagne, nous attendent en haut de la montagne. Nous sommes quatre cents, comptant les joyeux, les poivrots et les chaudepisse (rires dans l’assistance).
Mais les ordres viennent d’arriver de Rabat : nous attaquons au lever du jour. Je demande un volontaire pour conduire la section d’assaut.
Oui …
Il se tourne vers son ordonnance.
– Notez, Liotard … Lieutenant de Clairemont-Vallière … Oh, excusez-moi, lieutenant … Rectifiez, Liotard : c’est Clermont-Vallière.
     

 


 

 

 


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