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Dimanche 6 octobre 2013 7 06 /10 /Oct /2013 09:00

Merci à mon vieil ami Molenbeek...


LA CROISIÈRE DU FARŒ

ADAPTATION CINÉMATOGRAPHIQUE LIBRE

Scénario et dialogues de Jean-François Molenbeek


EXTÉRIEUR JOUR
En pleine mer

Plan d’ensemble large

Le disque flamboyant d’un énorme soleil couchant embrase le ciel, teinte de pourpre les longs cumulus rapides, ourle la crête des vagues d’un rouge sombre qui fait penser à du sang.

Sa descente a commencé. Un bon tiers du disque a déjà plongé derrière l’horizon.

Un lent et régulier mouvement de tangage nous fait comprendre que nous sommes à bord d’un navire.


INTÉRIEUR JOUR
Porte d’une cabine, vue de la coursive

Cette porte (plan général) nous est montrée à un angle d’environ 30°, permettant de voir d’autres portes, identiques, dans le prolongement de la coursive peinte d’une laque blanche aussi brillante qu’immaculée. Des tuyaux enveloppés d’une gaine isolante courent au plafond. Plusieurs manettes, compteurs, volants. Une antique pompe à incendie est fixée au mur : une pièce de musée.

Zoom avant sur la porte en acajou verni, aux ferrures de cuivre bien astiquées. Nous passons en :

Plan moyen

On parle dans la cabine.

VOIX OFF (une femme s’exprime d’un ton calme, mais cependant ferme et même sec) :
– Vous voyez cette serviette, Antje ?

OFF (réponse d’une autre femme. Elle bredouille sur un ton piteux, larmoyant de fillette grondée) :
– Oui, Miss Korsair.

MISS KORSAIR (Off) :  – Si vous poussez le moindre cri, si vous essayez d’appeler, je vous bâillonne. C’est compris ?

ANTJE (Off) :  – Oui, miss Korsair.


EXTÉRIEUR JOUR
La mâture d’un grand voilier

Plan d’ensemble

Des matelots grimpent dans les haubans avec une agilité de singes. Coups de sifflet stridents du maître d’équipage. Mouettes et goélands tournoient en criaillant.

Les marins réduisent la voilure pour la nuit.


INTÉRIEUR JOUR
Le bâillon

Deux mains féminines (Gros plan rapproché en légère plongée) aux ongles laqués de violet sombre, presque noir, essorent une serviette éponge au dessus d’un petit lavabo, encastré dans un plateau de marbre.

Gros plan large

Les mêmes mains (face dans le champ) tendent la serviette mouillée devant un visage de femme blonde, cachant le menton, la bouche, le nez. Seuls apparaissent au dessus de la serviette roulée deux yeux d’un bleu de glace.

MISS KORSAIR :  – Vous le voulez sur vos jolies lèvres, Antje ? Noué bien serrée par-dessus le mouchoir que je vous fourrerai de force dans la bouche ?

ANTJE (Off) :  – Non, Miss Korsair..

MISS KORSAIR :  – Alors soyez sage et tout ira bien.


EXTÉRIEUR JOUR
Pont du navire

Sur le pont (Plan moyen large) un petit homme corpulent, vêtu avec une élégance un peu trop voyante (mode 1910), s’empêtre dans des cordages, trébuche sur un seau qu’il envoie rouler d’un coup de pied rageur. Ses cheveux noirs paraissent peints tellement ils sont brillants et lisses, partagés par une raie centrale si droite et régulière qu’on la croirait tracée à la règle. Des moustaches en croc soulignent le nez rouge et bulbeux, les joues couperosées d’un bonhomme qui ne doit pas sucer que de la glace.

Il regarde de tous côtés, comme s’il cherchait quelqu’un.

Un pano gauche-droite le fait s’approcher du maître d’équipage.

Zoom avant sur les deux hommes, passant au :

Plan américain

GROS BONHOMME :  – Vous n’auriez pas vu Fraulein Graaft, Herr Müller ?

MAÎTRE D’ÉQUIPAGE :  – Ma foi non, monsieur. J’ai entendu dire qu’elle se serait jetée à l’eau.

GROS BONHOMME (sursautant) :  –  Hein ??

MAÎTRE D’ÉQUIPAGE :  –  C’est ce qu’il m’a dit l’cuistot. Elle est descendue à la cambuse en maillot de bains. Elle lui a demandé un grand couteau de cuisine. Pour les requins, qu’elle a expliqué. Puis elle aurait censément et directement plongé par le hublot.

GROS BONHOMME (hurlant) :  – Mais vous n’êtes pas Müller ! ! !

MAÎTRE D’ÉQUIPAGE :  – Qui vous a dit que je l’étais ?

GROS BONHOMME (suant de frousse et bégayant) :  – Alors qui êtes-vous ?

MAÎTRE D’ÉQUIPAGE (crachant un chique noire) :  – Ma vieille m’a fait baptiser Elijah, mais tout l’monde m’appelle Bill.

Zoom arrière revenant au :

Plan moyen large

Un pano-travelling gauche droite rapide nous fait voir le gros bonhomme courant comme un fou sur le pont.

GROS BONHOMME (appelant à tue tête) : – Fraulein Graaft ! ! … Fraulein Graaft ! ! ! …

Il s’engouffre dans une écoutille et disparaît.

Plan général sur :

La mer légèrement houleuse, rasée par les derniers rayons du soleil qui la teintent de grenat foncé.

Zoom avant sur l’aileron d’un squale qui fend la vague.

Plan américain resserré sur :

Bill en train de rigoler en nous adressant un clin d’œil.


INTÉRIEUR JOUR
Une luxueuse cabine

Plan général.

Les lampes allumées (c’est le crépuscule) soulignent une décoration raffinée, dans le pur style précieux et tarabiscoté « Art Nouveau ».

Antje von Graaft, l’air à la fois furieuse et apeurée, est assise en peignoir d’intérieur sur le bord de son lit. La blonde Miss Korsair est debout devant elle, jouant toujours avec sa serviette éponge. Les deux ennemies s’affrontent du regard. A la surprise amusée de la cheftaine des boucaniers, Antje ne baisse pas les yeux. Bon sang ne saurait mentir : l’aristocrate balte, issue des Chevaliers Teutoniques, se battra jusqu’au bout.

On entend des bruits dans la coursive.

VOIX OFF :  – Fraulein Graaft ! !  … Fraulein Graaft ! ! ! ...

Le gros bonhomme (hors champ) est maintenant descendu à l’étage des cabines où il cherche désespérément Antje.

Enhardie par cette intervention inespérée, Antje s’élance sur la porte (Pano gauche-droite avec raccord dans le mouvement) en criant.

ANTJE (de tous ses poumons) :  –  Maurice ! ! … Ici … AU SEC … ! ! ! …. Aghhhh ! ! !

Elle ne finit pas son appel. Un formidable coup de serviette mouillée, appliqué à toute volée en travers de ses fesses, nues sous le peignoir, lui arrache un hurlement de douleur.

Miss Korsair l’empoigne par les cheveux, la tire en arrière et la repousse vers le lit en lui fouettant les mollets et les cuisses.


INTÉRIEUR JOUR
La coursive violemment éclairée.

Maurice de Larmoyeuse (ainsi se nomme le gros bonhomme à l’élégance tapageuse) entre dans le champ à gauche (Plan moyen) Il accourt essoufflé, rouge comme un coq, au bord de l’apoplexie.

Mais arrivé à la cabine de Antje von Graaft, une redoutable sentinelle (Plan américain large) garde la porte. Un colosse mâtiné Maciste, coiffé d’un turban écarlate, les reins ceint d’un pagne d’une propreté douteuse. Hindou ou Malais. Les pectoraux luisants. Des biceps comme des troncs d’arbres noueux. Et ses épaules … Ach du lieber Gott, ses épaules ! ! !

Il pointe sur le nombril de Maurice le canon d’un vieux Lee Enfield modèle 1853, le fameux fusil aux cartouches graissées à la graisse animale qui avait provoqué l’effroyable et si meurtrière révolte des Cipayes.

SENTINELLE (fort accent, dents éblouissantes) :  – You lookee something, Sahib ?


INTÉRIEUR JOUR
Cabine d’Antje

 l’intérieur de la cabine, Miss Korsair (Plan américain court) balance négligemment sa serviette entre deux doigts, un dangereux sourire aux lèvres.

MISS KORSAIR :  – Maintenant vous pouvez vous égosiller jusqu’à vous en péter les cordes vocales. Mes hommes sont maîtres du Farœ. Votre capitaine et votre équipage sont enfermés dans la cale sous bonne garde.

Pano droite-gauche sur le visage terrifié d’Antje.

ANTJE :  – Vous allez nous tuer ?

Zoom arrière accompagné d’un pano gauche-droite avec raccord dans le mouvement sur Miss Korsair, sa serviette à la main. Ceci nous ramène à un :

Plan général

MISS KORSAIR (dans un éclat de rire) :  – Où allez-vous chercher des idées pareilles ? Corsaire n’a jamais voulu dire assassin. (Redevenant sérieuse) : Par contre je vais faire ce qu’on fait aux morveuses capricieuses et insupportables … Faire ce que vos parents auraient du faire beaucoup plus souvent quand vous étiez en tablier d’écolière, vos cheveux tressés en natte et des honteuses traces de caca dans votre petite culotte en coton à côtes … Vous savez certainement de quoi je parle, n’est-ce pas Fraulein von Graaft ?

Antje la regarde sans mot dire, comme pétrifiée.

MISS KORSAIR (doucereuse et ironique) :  – Allons, Fraulein von Graaft, un petit effort … Cette chose dont je parle est couramment employée dans les familles pour mettre à la raison les sales gamines qui jouent des tours pendables à leur entourage et mettent tout le monde dans l’embarras … Et les familles allemandes n’échappent bien sûr pas à la règle … J’ai même lu que cette … heu, « Chose », puisque nous ne l’avons pas encore nommée … fait tellement partie de l’éducation que, dans je ne sais plus quelle ville de votre beau pays de lacs et de châteaux, les mamans se sont révoltées quand un maire, gagné à ces ridicules théories soi-disant progressiste, avait prétendu l’interdire. C’était dans les journaux. Ça a fait un sacré raffut. Des pétitions ont circulé de porte en porte. Le curé a sauté sur l’occasion pour prendre la tête du mouvement protestataire. L’évêque est venu faire un sermon au vitriol. Les mères ont défilé avec des pancartes. Elles ont boycotté les commerces, ont interdit à leurs maris d’aller à la gasthof. Elles ne préparaient plus de choucroute, ne faisaient plus de bretzels. Au bout de dix jours le maire a calé. Ce n’est pas si vieux. Vous vous en souvenez certainement, me petite Antje.

Miss Korsair appuie délibérément sur ces derniers mots : MA PETITE ANTJE.

Gros plan en légère contre-plongée sur :

Le visage d’Antje. Ses traits se sont brusquement détendus. Elle ne semble plus avoir peur. Une curieuse lueur passe fugitivement dans ses beaux yeux sombres … comme un inquiétant feu follet qui danse sur la lande la nuit.

Un éclairage violent sculpte ses traits et projette l’ombre agrandie de sa tête sur le mur de la cabine.

ANTJE (la voix claire, presque mutine) :  – Je m’en souviens parfaitement, Miss Korsair. C’était à Bad Kitzingen, en Bavière. En 1897, l’été de la grande sécheresse. Les meneuses avaient fabriqué un pantin à l’effigie du maire. Elles l’ont installé en position sur un chevalet, devant l’hôtel de ville. Alors toutes les femmes de Bad Kitzingen, de 16 à 75 ans, se sont succédées, en file l’une derrière l’autre, pour lui administrer … justement cette chose dont vous parlez.

Plan moyen

Les deux femmes se font face.

L’Allemande à demi couchée sur son lit, soulevée sur un coude, son peignoir ouvert et froissé suite à la lutte qu’elle avait tenté de soutenir quand elle avait voulu résister à la flibustière qui l’empêchait d’ouvrir la porte et la tirait par les cheveux en la fouettant par derrière.

Miss Korsair, penchée sur elle, la dévisage de l’air d’une maîtresse d’école réprimandant une élève.

MISS KORSAIR (ton sévère) :  – Comment appelle-t-on la punition des vilaines gamines dans votre langue maternelle ?

ANTJE (complètement dans la peau d’une fillette dominée, les yeux humides, les tripes nouées, la raie des fesses serrée à ne pas pouvoir y glisser une feuille de papier, sachant que la sentence est sans appel et que rien désormais ne peut la soustraire au châtiment qu’elle sait avoir mérité) :  – Der Prügel.

MISS KORSAIR (appuyant avec sadisme sur le mot humiliant) : Der Prügel ?

ANTJE :  – Oui.

MISS KORSAIR :  – Dis-le maintenant en français.

Le passage sans transition au tutoiement fait l’effet d’un fer rouge appliqué sur l’orgueil de la belle aristocrate. Elle ne parvient pas à réprimer un sursaut d’amour propre blessé. S’apercevant que son peignoir est resté ouvert, révélant certaines zones intimes, elle le ferme dans un mouvement de colère.

À vrai dire, ce qui la fait rager plus que tout c’est de constater le féroce combat que se livrent  –  dans son cœur, dans sa tête, dans ses tripes, dans son « âme »  –  deux faces opposées de sa personnalité écartelée : la fière Fraulein von Graaft, issue d’une famille de haute et ancienne noblesse teutonique ; un ancêtre – Waldemaar von Graaft  – Grand Maître de l’Ordre des Chevaliers de Jérusalem ; multi milliardaire, habituée à être servie par une nombreuse et obséquieuse domesticité ; appelant par leurs prénoms des divas, des acteurs mondialement acclamés, des barons de la finance et de l’industrie, des chefs d’État, des princes, des rois …

 … Et la gamine pétrie de honte, ses boyaux dans les talons, pétrissant son peignoir, qui va recevoir sur son derrière l’humiliante Prügel.

Dans combien de langues sa dominatrice va-t-elle exiger qu’elle traduise ce mot ravageur ?

Gros plans en succession rapide de champ – contrechamp sur :

Le visage bouleversé, chaviré de l’Allemande.

ANTJE :  – La…

Le visage tendu de la flibustière.

MISS KORSAIR :  – Je t’écoute, ma petite Antje.

Les lèvres luisantes, gonflées et tremblantes, de la dominée.

ANTJE (voix chavirée) :  – LA FESSÉE ! ! !

Toujours dans une succession champ - contrechamp, ce ne sont plus désormais que leurs lèvres qui s’échangent des paroles. En contraste drastique, une musique de fond très douce, genre berceuse, accompagne ce clip violent.

Lèvres fluorescentes sous des éclairages psychédéliques.

Lèvres inclinées sous des angles impossibles.

Lèvres à l’endroit. Lèvres à l’envers.

Lèvres boudinées, pulpeuses, molles, humides, implorantes, obscènes d’Antje.

Lèvres pincées, sèches, dures, sévères de Miss Korsair.

Des spots colorés les balayent à tour de rôle … Lentement comme des caresses au laser … Vite, vite comme un kaléidoscope emballé.

Lèvres punk. Lèvres trash. Lèvres gothic. Lèvres disco. Lèvres rasta.

Un effet de synthé donne aux paroles un éclat métallique, réverbéré.

LÈVRES DE MISS K. :  – Que fait-on aux vilaine filles qui se sont mal conduites ?

LÈVRES D’ANTJE :  – On les fesse.

LÈVRES DE MISS K. :  – Et quand une jolie femme de trente ans se conduit comme une sale gosse, que lui fait-on ?

L7VRES D’ANTJE :  – On la fesse aussi.

LÈVRES DE MISS K. :  – Oui, quand c’est une femme du peuple en blouse de ménagère. Mais une dame du grand monde, habillée chez les grands couturiers de Paris, entourée d’égards, de courbettes et de flatteries ? Une dame considérée comme l’une des plus belles femmes de la Haute Société internationale, adulée par les hommes, idolâtrée par ses nombreux prétendants ?

LÈVRES D’ANTJE (passe sa langue sur ses lèvres et esquisse un rictus mauvais) :  – Tout pareil. Il faut la trousser d’autorité, la déculotter sans hésiter et la fesser encore plus sévèrement, encore plus fort que la femme du peuple. Elle n’avait qu’à tenir son rang.

LÈVRES DE MISS K. :  – La fesser en blouse ?

LÈVRES D’ANTJE :  – Bien sûr … Et l’obliger à porter un grand tablier par-dessus sa blouse.

LÈVRES DE MISS K. :  – Comment juges-tu ta conduite au cours des derniers mois ?

LÈVRES D’ANTJE (un ton plus bas) :  – Exécrable.

LÈVRES DE MISS K. :  – Penses-tu avoir mérité la sévère fessée que tu vas recevoir ?

LÈVRES D’ANTJE (voix mourante) :  – Ou … Ouiii ! !

Retour au plan moyen sur :

MISS KORSAIR (champ) :  – Oui qui ?

ANTJE (contrechamp) :  – Oui, Miss.

Pano suivi

La cheftaine des flibustiers prend un oreiller à la tête du lit et le tend à Antje.

MISS KORSAIR :  – Place les deux oreillers sous ton ventre pour faire saillir ton gros cul et mets-toi en position pour recevoir la prügel.

Après quelques secondes d’hésitation Antje obéit. Elle prend ses deux oreillers, les empile l’un sur l’autre, se couche à plat ventre dessus.

Miss Korsair s’assied de biais contre le flanc gauche d’Antje, elle saisit entre ses doigts le bas de son peignoir qu’elle remonte jusque dans son dos, dévoilant une magnifique lune épanouie.

Gros plan rapproché sur :

Les cheveux d’Antje (plongée). À la fois horrifiée et délicieusement excitée, la belle aristocrate tente de cacher son visage pourpre de honte. Elle enfouit son nez dans le matelas (pano suivi face), frotte de gauche à droite, de bas en haut, fébrilement, comme une taupe en train de creuser son trou.

Retour au plan moyen   

Miss Korsair maintient le buste d’Antje à plat sur le lit en appuyant entre ses omoplates. Immédiatement, sans préliminaires ni fioritures, la cheftaine des flibustiers commence à fesser.

Antje reçoit six fortes claques, appliquées à toute volée, alternant globe droit et gauche.


EXTÉRIEUR NUIT
Pont du navire, en direction de la poupe

Plan général

Le soleil a disparu. Seule une dernière lueur rougeâtre marque encore la ligne d’horizon.

Assis sur le toit d’un petit édicule, adossé à une manche à air, un marin joue de l’harmonica.


INTÉRIEUR NUIT
Cabine d’Antje

Miss Korsair (Plan général resserré) fesse à tour de bras Antje, à plat ventre sur son lit, sa croupe soulevée par les deux oreillers placés sous son ventre.

La fessée nous est présentée en une alternance parfois rapide, parfois lente, de vues en continuels champ – contrechamp :

Plan général rapproché ; plan moyen ; gros plan rapproché ; gros plan élargi ; plongée sur les fesses rouges ; contre-plongée sur le visage crispé d’Antje.

Visage sévère de la fesseuse. Visage tordu de douleur de la punie. Cul d’Antje recevant l’averse de claques, virant petit à petit du rose à l’écarlate. Main ouverte de Miss Korsair, doigts resserrés, plate comme un battoir. Mouvement rapide du bras de la correctrice. Visages. Cul. Main.

MISS KORSAIR (voix sifflante) :  – Il y a longtemps que tu aurais du la recevoir, celle là.

Pétarade des claques sur la peau nue.

Cris, supplications, demande de grâce d’Antje qui se tortille désespérément sous la fessée et tente de se tourner sur son côté. Miss Korsair la ceinture en lui passant son bras gauche autour de la taille, la maintient clouée sur ses oreillers comme dans un étau.

Antje tente de protéger d’une main ses fesses turgescentes. Sa dominatrice la rabat sur le côté en lui tenant fermement le poignet.

Cul flamboyant. Bras rapide. Avalanche de claques sèches. Halètement et feulement rauque d’Antje qui ne parvient même plus à crier.

MISS KORSAIR (sans cesser de fesser) :  – Je te la sers avec les intérêts.

Enfin la terrible fessée prend fin …

Antje sanglote, le nez dans ses draps. Elle ne songe même pas à rabattre son peignoir.

Miss Korsair caresse lentement, doucement, du bout des doigts, la peau douloureuse qu’elle vient de battre si durement.

Antje passe sa langue sur ses lèvres. Elle ouvre sa raie, présente ses fesses alanguies, soudain molles, à sa dominatrice qui se met à alterner petites claques légères, caresses et massage doux.

Ces attouchements amènent Antje au bord de l’orgasme. Elle se trémousse, peignoir toujours troussé, frottant son ventre de plus en plus vite, en haletant et gémissant, contre les oreillers empilés.

Miss Korsair se lève.

Un pano suivi gauche-droite la montre en train de traverser la cabine. Elle se dirige vers le lavabo.

Gros plan rapproché en plongé sur :

Une main de Miss Korsair s’emparant de la serviette roulée qui devait bâillonner Antje, au cas où elle aurait appelé au secours avant que le navire ne soit complètement aux mains des pirates.

Plan général avec raccord dans le mouvement sur :

Pano suivi droite-gauche : Miss Korsair, sa serviette à la main, retraverse la cabine en sens inverse, allant cette fois du lavabo au lit où Antje, excitée et pantelante, glisse un œil par-dessus son épaule pour voir ce que sa dominatrice est en train de faire.

Debout devant le lit, Miss Korsair lève bien haut la serviette mouillée, l’abat à toute volée sur les fesses d’Antje qui se cabre en hurlant.

Schlack ! ! !  Schlack ! ! !  Schlack ! ! !

Miss Korsair fouette durement, longuement Antje à la serviette mouillée.

Fondu au rouge.


EXTÉRIEUR NUIT
Proue du Farœ

Plan moyen large sur :

La coque blanche du yacht, éclairée par la pleine lune. L’ancre descend en filant sur sa chaîne et plonge dans l’eau.


EXTÉRIEUR NUIT
Un village indigène sous la lune

Plan d’ensemble

Tout le monde dort. Seuls bougent quelques cochons qui rôdent entre les cases en fouillant la terre de leur grouin. Un oiseau de nuit crie dans la forêt vierge.


INTÉRIEUR NUIT
Cabine d’Antje

Retour (Plan moyen resserré) à la cabine où Antje vient d’être si sévèrement fessée à main plate, puis fouettée à la serviette mouillée. Anéantie par ce rude traitement, les nerfs à plat, incapable de penser, elle s’est endormie sur son lit et dort comme un enfant puni en suçant son pouce.

Le plan s’élargit accompagné d’un pano gauche-droite vers Miss Korsair. Jambes croisées dans un fauteuil, elle fume une cigarette turque à bout doré en regardant Antje d’un air pensif. On entend le ronronnement régulier du ventilateur au plafond. L’image quasi statique de Miss Korsair fumant sa cigarette en observant le sommeil d’Antje reste une bonne demie-minute dans le champ.

Gros plan rapproché sur :

La main de Miss Korsair, immobile, tenant sa cigarette entre deux doigts.

Contre-plongée sur la fumée qui, sortant du bout incandescent de la cigarette, s’élève en colonne rectiligne et régulière vers le plafond.

Plan moyen en forte contre-plongée sur :

Le gros ventilateur au plafond. La fumée qui s’élevait bien droite, puisque la main de Miss Korsair ne bougeait pas, est tout à coup dispersée dans tous les sens lorsqu’elle entre en contact avec les pales du ventilateur qui la brassent.


EXTÉRIEUR NUIT
Ciel d’orage

Plan d’ensemble

Le tonnerre gronde. Le vent se lève. De gros nuages voilent rapidement la lune. Leurs convulsions ressemblent aux convulsions qu’avait la fumée de cigarette lorsque le ventilateur de la cabine l’avait torsadée et moulinée.


EXTÉRIEUR NUIT
Orage sur la jungle

Plan d’ensemble

Une pluie diluvienne s’abat sur la forêt vierge.

Plan moyen large

Un animal court dans les broussailles. Dans la nuit, nous voyons davantage le mouvement rapide qu’il fait en écartant des branchages que la bête elle-même.

Un animal poursuivant, plus gros, galope sur ses talons. Course à fond de train dans le sous-bois dégoulinant d’eau. Ils disparaissent dans le rideau de pluie.

Un terrible cri d’agonie retentit.


INTÉRIEUR NUIT
Carré des matelots

Plan d’ensemble

Penchés autour d’une massive et grossière table de bois éclairée par un plafonnier à pétrole, les flibustiers discutent avec animation. Les visages expriment la crainte, l’anxiété, la colère.

Le tonnerre gronde dehors. Par les hublots arrivent les flashs livides des éclairs.

Plan rapproché en légère contre plongée sur :

Bill et un pirate prêts à en venir aux mains.

PIRATE :  – La poisse, j’te dis … Cette enfoirée de Teutonne nous porte la poisse.

BILL :  – Du calme, José. Miss Korsair sait ce qu’elle –––

JOSÉ : – Miss Korsair est une gonzesse comme les autres. Et une gonzesse qui commande un navire, c’est TOUJOURS la poisse.

Des murmures d’approbation s’élèvent autour de la table. Les visages des forbans qui entourent Bill et José disent clairement qu’ils prennent le parti de José. Se sentant soutenu, José esquisse une grimace de triomphe. Il porte la main à la crosse du parabellum qu’il porte dans un étui sous l’aisselle. Mais il n’est pas assez rapide.

Bill a dégainé le Six shooter à barillet qu’il porte bas sur sa hanche droite, à la mode des cowboys. Les deux hommes se regardent dans les yeux. Le canon du gros Colt Frontière est à cinq centimètres du ventre de José.

BILL :  – Fais pas le con, José.

Silence.

Personne ne bouge.

Un léger sourire aux lèvres, José (plan moyen) esquisse le geste, en l’exagérant par dérision, de se rendre en levant les mains. Il va se rasseoir à sa place avec une lenteur calculée.

JOSÉ :  – Nous reprendrons cette discussion quand nous monterons ensemble les marches de la potence, Bill.   


EXTÉRIEUR JOUR
Retour du beau temps

Plan d’ensemble

Il ne pleut plus.

Un somptueux lever de soleil pare de rose, d’indigo, de vert, de teintes nacrées et irisées la mer et les îles d’un petit archipel.

Le Farœ est au mouillage dans le lagon.


EXTÉRIEUR JOUR
Village indigène

Plan d’ensemble

Le village mélanésien s’éveille. Femmes, hommes, enfants entrent et sortent des cases ; tout le monde vaque à ses occupations. Poules et canards, chiens et ânes se mêlent aux cochons. Une femme portant un large baquet sur sa tête passe au premier plan.

Plan moyen large

Un garçon de 14/15 ans sort de la forêt, à l’entrée du village.

GARÇON (très surexcité) : –  Il lance plusieurs phrases rapides dans une langue mélanésienne, annonçant aux villageois l’arrivée du Farœ.

Plan général en légère plongée

Tout le village s’élance vers la plage en courant.


INTÉRIEUR JOUR
Coursive du Farœ

Plan moyen sur :

La coursive sur laquelle ouvrent les portes des cabines. Le géant en turban et pagne, armé d’un vieux Lee Enfield de l’armée anglaise, a repris sa faction devant la porte d’Antje.

Cette porte s’ouvre du dedans, laissant apparaître d’abord Miss Korsair, puis Antje juste derrière. Toutes deux son habillées. Miss Korsair dans la tenue de boucanier qu’elle portait la veille, Antje dans un ensemble fantaisiste façon mille-et-une-nuits, dessiné par une couturière parisienne lesbienne et coûtant une petite fortune.

Plan américain large

Dès qu’Antje sort de la cabine, le géant lui pointe son fusil sur le ventre.

MISS KORSAIR (concilante) :  – It’s okay, Rama ... I can handle this girl. (conversation sous-titrée)

RAMA (abaissant son arme) :  – You savee, Mistress Korsair.

Plan moyen élargi

MISS KORSAIR :  –  You may go now, Rama.

RAMA :  –  Rama savee thank you, Mistress Korsair.

La gigantesque sentinelle s’éloigne.

MISS KORSAIR :  – And stay sober, if you can.

RAMA (se retournant, sourire éblouissant) :  – Rama promise he drink beer only.

MISS KORSAIR (réprimant une envie de rire) :  – Yes … beer by the fucking barrel !

Pano suivi du géant qui va jusqu’au bout de la coursive et monte l’escalier menant au pont.

Miss Korsair et Antje lui emboîtent le pas (Suivi).


EXTÉRIEUR JOUR
Pont du Farœ

Un plan moyen cadre l’écoutille par où l’on accède aux étages inférieurs.

Miss Korsair sort la première de l’étroite cage d’escalier, suivie par Antje qui ne la quitte pas.

Miss Korsair lui prend le bras et l’entraîne.


EXTÉRIEUR JOUR
Plage de l’île

La plage (Plan d’ensemble) grouille d’indigènes appelant, courant et gesticulant.

On met à l’eau des pirogues remplies de fruits, de denrées exotiques, de coquillages, de colliers d’hibiscus, de perles, d’objets sculptés, de tentures brodées ... La brocante habituelle que, dans toutes les îles du Pacifique, les populations locales essayent de vendre aux riches blancs de passage.

Quatre ou cinq de ces pirogues approchent déjà du Farœ.


EXTÉRIEUR JOUR
Pont du Farœ

Miss Korsair et Antje sont accoudées côte à côte au bastingage (Plan moyen en légère contre-plongée) Elles regardent l’île en face d’elles.

MISS KORSAIR :  – Es-tu rassurée, maintenant ?

ANTJE :  – C’est là que vous allez me débarquer, Miss Korsair ?

MISS KORSAIR :  – Je connais le chef de l’île. Non seulement tu n’as rien à craindre, mais tu seras traitée comme une reine pour le peu de temps que tu resteras parmi eux. Tiens, justement le voici ! !

Forte plongée

Une pirogue touche la coque du navire. Un homme corpulent, tatoué sur tout le corps d’arabesques, de dessins symboliques en spirales et torsades, se hisse sur le pont par une échelle de corde.

Plan moyen

Une fois sur le pont, le chef se confond en courbettes devant la cheftaine des flibustiers. Ils échangent des paroles cordiales en pidgin, le sabir parlé dans les mers du sud, servant de transition entre les langues indigènes et l’anglais.

Le sujet de leur conversation est évidemment Antje, car le chef, tout sourire et amabilités, se tourne vers l’Allemande.

CHEF DE L’ÎLE :  – You ask, miss, Teeghu will give the moon to you.

MISS KORSAIR (traduisant) :  – Teeghu, c’est lui. Il dit qu’il est prêt à te donner la lune. C’est une de leurs expressions, signifiant qu’il remuera ciel et terre pour te faire plaisir, afin que ton séjour dans leur île te soit agréable.

ANTJE (peu enthousiaste) :  – C’est gentil à lui.

MISS KORSAIR :  – Remercie-le en touchant ton front et place ta main droite sur ton cœur.

Antje obéit.

À ce moment, un indigène se hisse sur le pont en tenant en laisse un gros iguane. Le chef l’engueule. Une discussion animée s’engage entre les deux hommes. Ils s’éloignent en se disputant et gesticulant (pano suivi).

Plan américain sur les deux femmes

MISS KORSAIR (3/4 champ) :  – Viens, ils ont préparé une fête en ton honneur.

ANTJE (1/4 contrechamp) :  –  Je vais être bouffée comment, en curry ou à la broche ?


EXTÉRIEUR JOUR
La fête au village

Plan général

La fête bat son plein. Danses ; attractions ; feux et cuisines en plein air ; des femmes portent des régimes de bananes, des corbeilles chargées de fruits ; des enfants surexcités courent en piaillant dans toutes les directions.

Une succession de plans nous montre :

Une danse masculine des guerriers empanachés ; un groupe de jongleurs ; les femmes affairées à leurs cuisines improvisées ; trois hommes entraînent, en le poussant et le tirant pas les oreilles, un cochon noir qui se débat et vocifère ; le cortège royal arrive devant la tribune, précédé d’une garde d’honneur ; le roi et le reine de l’île descendent d’un palanquin richement décoré, ils avancent entre une double haie de courtisans prosternés face contre terre.

Contrechamp sur le lagon et la baie

Deux grandes pirogues de guerre s’élancent à la rencontre l’une de l’autre. Sur une plate forme aménagée à l’avant, les champions, armés de longues lances au bout émoussé et caparaçonnés d’épais gilets rembourrés de fibre de noix de coco et de paille, s’affrontent dans des joutes nautiques.

Musique « hawaïenne ».

Gros plan sur :

Un gros oiseau dans les branches, genre toucan ; il tourne sa tête de droite à gauche, l’incline de côté en roulant son œil rond, comme s’il écoutait les festivités.


INTÉRIEUR JOUR
Cambuse du Farœ

Plan général

Le cuistot tire les cartes à Bill.

Les deux hommes sont attablés face à face ; Bill un verre à la main, une bouteille à demi pleine devant lui ; le cuistot, un avorton au visage de fouine, torse nu sous un tablier graisseux, retourne des cartes et les désigne du doigt.

CUISINIER :  – C’est bon … C’est même très bon …Tiens … (il pose son index sur une carte) Le succès … (doigt sur une autre carte) L’argent…  Ça va marcher j’te dis.

Plan moyen

BILL :  – Tu ne vois pas de trahison ?

CUISINIER (balayant le jeu d’un geste) :  –  Aucune, nulle part.

Ils se taisent. Bill vide son verre et le remplit aussitôt à ras bords.

CUISINIER :  – Combien qu’elle fait la masse à c’t’heure ?

BILL :  – Un peu plus de cent mille dollars.

CUISINIER :  – Ricains ou Hong-Kong ?

BILL :  – Ricains.

CUISINIER :  – J’vois pas pourquoi tu te fais du mourron … Miss Korsair a toujours été réglo avec nous.

BILL :  – L’autre grognasse … La von Graaft… J’te la foutrais à la baille avec un de ces plaisirs, celle-là ! ! !

CUISINIER :  – C’est pas elle qui commande.

BILL (haussant les épaules) :  – Pas encore.

Les deux flibustiers se regardent longuement, songeurs et vaguement inquiets.

Gros plan rapproché en plongée sur :

La dame de pique et la dame de cœur posées côte à côte sur la table.

Fondu au rouge.


EXTÉRIEUR JOUR
À terre

Plan général

Invitées à la table du roi et de la reine, Antje et Miss Korsair président à un banquet. Serveurs et servantes se succèdent pour leur présenter, avec force courbettes et marques de déférence, un enchaînement de mets locaux délicieusement préparés, servis dans de larges feuilles de bananier : poissons du lagon grillés aux aromates ; crabe farci ; cochon de lait rôti à la broche ; gumbo de crustacés et fruits de mer ; salade de fruits exotiques …

Plan moyen sur :

Miss Korsair sert d’interprète entre le couple royal et Antje.

Le monarque rote bruyamment pendant que la reine allume un de ces cigares appelés familièrement « barreau de chaise ». De son côté, Miss Korsair recule un peu son siège, croise les jambes et bourre une pipe en terre de Gouda à long tuyau recourbé.

Plan rapproché sur :

Miss Korsair (champ) observant intensément Antje (contrechamp) qui rougit et détourne la tête.

Plan général sur :

Miss Korsair et Antje marchent sur un sentier dans la jungle. Un pano-travelling accompagne les deux femmes jusqu’à une cascade, chutant depuis une falaise dans de scintillantes vapeurs d’embruns, pour se fracasser en alimentant un petit lac.

Leur conversation se déroule sur fond du bruit régulier de la chute d’eau.

MISS KORSAIR :  – Cette île est magnifique, ne trouves-tu pas ?

ANTJE :  – Combien de temps comptez-vous m’y laisser ?

Plan américain

MISS KORSAIR (champ) :  – Deux mois. Quatre grand maximum … selon le temps.

ANTJE (contrechamp) :  Qu’est-ce que le temps vient faire ici ?

MISS KORSAIR (1/4 champ) :  – Asseyons-nous sur ce rocher là bas.

Plan moyen sur :

Les deux femmes assise sur une roche plate, surplombant le petit lac mais du côté opposé à la cascade. A cet endroit, le bruit de la chute est moins assourdissant.

Un échassier au plumage métallisé vient se poser au bord du lac. Surpris d’y trouver des humains, il s’envole à tire d’ailes.

Plan rapproché

MISS KORSAIR :  – Cela dépend du temps qu’il fera pendant notre voyage de retour. S’il fait beau, nous mettrons à peine deux mois. Mais en cas de tempêtes ou de vents contraires  –  sans parler d’une avarie toujours possible  –  ça peut être beaucoup plus long.

ANTJE (incrédule) :  – Deux mois pour aller à Valparaiso ?

MISS KORSAIR :  – Je ne vais pas au Chili.

ANTJE (sur la défensive) :  – Alors où ?

MISS KORSAIR :  – En Allemagne. J’ai donné ma parole à herr Jolyphur de ramener le Farœ à son port d’attache.

Gros plan sur :

Antje, la bouche ouverte de surprise.

ANTJE (exclamation stupéfaite) :  – À Cuxhaven ?

MISS KORSAIR (off) :  –  Un nom comme ça.

Retour au plan rapproché, mais inversé dans le sens vertical : la conversation se poursuit entre les images à l’envers des deux femmes, reflétées dans l’eau du lac comme dans un miroir.

MISS KORSAIR (rassurante) : Tu vas être comme un coq en pâte dans cette île magnifique … Dès notre arrivée, j’enverrai un télégramme à la marine chilienne et un vaisseau viendra te chercher.

ANTJE :  – Pourquoi attendre si longtemps ?

MISS KORSAIR :  – Parce que Herr Jolyphur m’a promis de faire intervenir ses hautes relations. J’aurai la protection du gouvernement allemand, alors que si je te relâchais maintenant, j’aurais demain les marines de toutes les Amériques à mes trousses.

ANTJE :  – Miss Korsair ?

MISS KORSAIR :  – Oui, Antje ?

ANTJE (se mordant les lèvres) :  – J’ai quelque chose à vous demander.

Un gros poisson saute au dessus de l’eau. Sa retombée provoque des séries de remous qui brouillent l’image des deux femmes en train de se parler.

Fin de la prise de vue inversée.

Gros plan large sur :

Antje (face, plein champ) et Miss Korsair (trois-quarts dos, champ coupé gauche).

MISS KORSAIR :  – Je t’écoute.

ANTJE (au bord des larmes) :  – Je vous en supplie, Miss Korsair … Laissez-moi rester sur le Farœ, ramenez-moi en Allemagne avec vous … (Elle tend ses mains jointes) Par pitié … Ayez pitié de moi, Miss Korsair. J’AIME WOLFGANG JOLYPHUR. Si j’ai fait toutes ces sottises, si j’ai mis tout le monde dans cet affreux pétrin, C’EST PARCE QUE JE L’AIME ! ! ! Pardon … Je vous demande pardon à genoux ! !

Plan général sur :

Le paysage somptueux du lac entouré d’une végétation luxuriante, de fougères arborescentes, d’arbres aux troncs gigantesques. La cascade argentée tombe du haut de sa falaise, régulière, immuable, enveloppée de son scintillant nuage d’embruns.

Sur le rocher plat où se tiennent les deux femmes, Antje à genoux tend désespérément ses mains jointes à Miss Korsair, debout devant elle, impassible.

Fondu au vert (effet moiré dans divers tons de vert : le vert des feuillages, des frondaisons, du sous bois touffu)


INTÉRIEUR NUIT
Bureau du commandant du Farœ

Dans le bureau (Plan général resserré) Miss Korsair fait des comptes. Plusieurs registres sont ouverts sur sa table de travail (imposante et tarabiscotée table-bureau de style colonial portugais), éclairée par une grosse lampe en cuivre à abat jour vert, vissée sur le plateau. Elle examine des colonnes de chiffres, reporte des nombres d’un registre sur un autre. On frappe à la porte. Miss Korsair (Plan moyen) ne se lève pas immédiatement, ne prononce pas un mot. Elle consulte une montre en forme d’œuf (Plan rapproché) suspendue à une chaînette accrochée à un présentoir doré, recourbé en forme de liane Art Nouveau. Au bout d’un moment qui nous paraît assez long, elle lance enfin :

MISS KORSAIR :  – Entre.

Pano suivi sur la porte qui s’ouvre, laissant entrer Antje vêtue de l’impressionnante tenue de service des femmes de chambre de l’époque victorienne. La cheftaine des pirates l’examine de la tête aux pieds.

Un éclairage très travaillé accompagne cette scène. Le PREMIER PLAN est dans une lumière CHAUDE rouge-orangé. L’ARRIÈRE PLAN baigne dans une lumière FROIDE bleu-vert.

MISS KORSAIR (À son bureau en premier plan, éclairage rouge-orangé) :  – Tu as trois minutes de retard.

ANTJE (en arrière plan, éclairage verdâtre) :  – C’est parce que …

MISS KORSAIR :  – Pas d’excuses, je te prie … Veille seulement à ce que ça ne se reproduise pas.

Cette conversation est éclairée en alternance. L’actrice qui occupe le premier plan est ROUGE-ORANGÉ. Celle qui est en retrait dans le champ est BLEU-VERT.

ANTJE :  – Oui, maîtresse.

MISS KORSAIR :  – Ce oui signifierait-il que tu recommenceras ?

ANTJE :  – Non, maîtresse.

MISS KORSAIR :  – Oui … Non … Que signifie ce bafouillage ?  Tu ne peux pas parler clairement ?

ANTJE :  – Je vous promets de ne plus être en retard, maîtresse.

MISS KORSAIR (fronçant les sourcils) :  – Remonte un peu ta robe.

L’Allemande saisit sa robe des deux mains, la relève jusqu’au dessous des genoux.

MISS KORSAIR :  – Des bas de soie ?

ANTJE :  – Je n’en ai pas d’autres, maîtresse.

MISS KORSAIR :  – Nous allons remédier à cette lacune.

Miss Korsair retourne s’asseoir à sa table de travail (Pano suivi). Renversée dans son fauteuil, elle joue avec une règle sans cesser d’observer Antje.

MISS KORSAIR :  – Combien as-tu de tabliers ?

ANTJE :  – Trois, maîtresse.

MISS KORSAIR :  – Lesquels ?

ANTJE :  – Le blanc que je porte pour vous servir, maîtresse. Un à rayures grises et jaunes, en tissus plus épais avec des bretelles dans le dos, que je mets pour faire les lits et le ménage. Et bien sûr mon grand tablier enveloppant, en forte toile bleue avec poche ventrale, pour faire la lessive et laver par terre.

MISS KORSAIR :  – Dorénavant tu en auras deux blancs. Un plus simple, pour le service ordinaire. Le grand bordé de dentelle, à volants, bretelles froncées, longs cordons dansant sur ta croupe, sera pour les jours où je recevrai du monde … Un tablier de luxe, en quelque sorte.

ANTJE :  – Oui, maîtresse.

MISS KORSAIR :  – Quand je te sonnerai, j’emploierai quatre sonneries différentes. Un coup : signifiant que tu te présenteras devant moi revêtue de ton tablier blanc ordinaire. Deux coups : cela voudra dire que je te veux en tablier rayé de ménagère. Trois coups : le grand tablier bleu de fille de cuisine ou de femme de charge. Quatre coups : ton élégant tablier amidonné de chambrière bien stylée. Compris ?

ANTJE :  – Oui, maîtresse.

MISS KORSAIR :  – As-tu fini ton repassage ?

ANTJE :  – Pas entièrement, maîtresse. Il me reste encore votre dessus de corset, une camisole et deux jupons.

MISS KORSAIR :  – Tu es bien trop lente, ma fille. Il va falloir te remuer un peu les fesses … si tu ne veux pas que je les active de la manière que tu sais.

ANTJE :  – Oui, maîtresse.

Miss Korsair se lève, fait le tour de la table et va s’asseoir en équilibre sur le rebord, ceci afin de se rapprocher d’Antje. Elle scande ses paroles avec la règle qu’elle a toujours en main.

Plan américain sur :

Les deux femmes de profil, se faisant face. Antje debout dans sa tenue de femme de chambre, raide, la respiration courte, presque au garde-à-vous. Miss Korsair, assise de biais sur le rebord de la table, lui parle sur un ton calme, mesuré … Mais lui touche parfois les seins du bout de sa règle … Ou bien lui glisse la règle sous la bavette du tablier pour la soulever  …  Ou encore trace une ligne verticale sur le devant du tablier, partant du milieu de la bavette et descendant jusqu’au pubis.

MISS KORSAIR :  – Pourquoi te trouves-tu dans cette position de servage, Antje ?

ANTJE :  – Parce que je vous ai suppliée de me prendre comme servante, maîtresse.

MISS KORSAIR :  – Tu m’as suppliée …

ANTJE :  – Oui, maîtresse. À genoux. Je vous ai même léché servilement les pieds.

MISS KORSAIR :  – Quel but poursuivais-tu donc en te plaçant dans cette situation de soumission volontaire … Une situation si blessante pour ton amour propre de gosse de riche, habituée à faire ses quatre volontés, à faire tourner son monde en bourrique ? Il t’a fallu énormément de courage pour tenir bon et persévérer.

ANTJE :  – Oui, maîtresse. Mais j’en aurais encore fait dix fois plus pour que vous me gardiez à bord du Farœ et que vous me rameniez auprès de l’homme que j’aime.

KETTY :  – Tu l’aimes donc tant que ça, ton Wolfgang ?

ANTJE :  – Je vais vous faire un aveu, Miss Korsair ... Quitte à être fouettée jusqu’au sang pour ma lascivité.

MISS KORSAIR :  – Dis.

ANTJE :  – Votre godemiché …

MISS KORSAIR :  – Quoi, mon godemiché ?

ANTJE :  – Je l’ai découvert en rangeant votre linge … Dans le dernier tiroir de votre commode.

MISS KORSAIR :  – Et alors ?

ANTJE :  – Alors je l’ai baptisé Wolfgang … Et je me masturbe avec en faisant le ménage … Ou la lessive, ou le repassage … Je jouis en l’appelant de toutes mes forces … Wolfgang ! ! ! … Wolfgang ! ! !

MISS KORSAIR (1/3 champ) :  – Je comprends maintenant pourquoi tu as pris du retard dans ton repassage.

ANTJE (s’excitant sur ses propres paroles) :  – Vous ne vous trompez pas, maîtresse. Oui, j’ai pris votre beau gode bien raide, lisse sur le gland mais cannelé et rugueux le long de la hampe … Cette belle hampe je me l’enfonçais profond, profond ! ! ! … Ouiiiiiiii, je me payée deux superbes orgasmes devant ma table à repasser … J’ai même essuyé mon sexe ruisselant avec un de vos mouchoirs brodés. Dois-je aller chercher le fouet ?

MISS KORSAIR :  – Nous verrons cela plus tard.

Gros plan sur :

Le visage luisant de sueur de l’Allemande.

ANTJE (un sourire pervers aux lèvres) :  – Ma maîtresse est bien trop indulgente envers sa servante vicieuse.

Retour au plan général

Miss Korsair se lève. Du bout de sa règle, elle repousse lentement Antje qui marche à reculons jusqu’à un fauteuil où Miss Korsair la fait tomber à la renverse.

Miss Korsair va à un meuble-bar. Elle en sort deux verres et examine plusieurs bouteilles.

MISS KORSAIR :  – Whisky ?  Vermouth ? Courvoisier ?

ANTJE (air offusqué) :  – Maîtresse ! !  Je ne sais pas si je dois …

MISS KORSAIR :  Tu dois. (Elle verse d’office deux bourbons). Eau plate ?  Gazeuse ? Pur ?

ANTJE (voix sourde, éteinte) :  – À quoi jouez-vous, Miss Korsair ?

La cheftaine de flibustiers approche un siège du fauteuil dans lequel s’est écroulée Antje. Elle s’assied face à sa pseudo femme de chambre, lui met un verre dans la main et se penche en avant, presque à la toucher.

Gros plan en légère contre-plongée sur :

Le visage de Miss Korsair, mis en relief par un éclairage cru qui lui donne un aspect dur, presque sinistre (spot vertical placé directement sous son menton, deux éclairages d’appoint. À DROITE les ¾ du visage sont teintés en rouge-orangé. À GAUCHE le quart restant baigne dans une lumière glauque, verdâtre)

MISS KORSAIR :  – Je pense qu’une mise au point est nécessaire, ma petite Antje.

Fondu enchaîné, rouge virant graduellement au vert, puis ouvrant sur :


EXTÉRIEUR NUIT
Cabine de timonerie du Farœ

Derrière la large vitre panoramique de la dunette éclairée (Plan moyen), Bill et un jeune officier scrutent l’océan.

Un zoom avant nous fait passer en plan rapproché

L’officier allemand  –  membre de l’équipage capturé par les flibustiers  –  tourne la tête de côté pour observer curieusement Bill.


INTÉRIEUR NUIT
Cabine de timonerie

Dans la timonerie (Plan général) Bill et l’officier de marine allemand se font face.

OFFICIER (ricanement de défi) :  –  Nous entrons dans les eaux chiliennes.

BILL :  – Le Chili je l’emmerde.

OFFICIER :  – Peut-être. Mais leurs gardes-côtes vont nous arraisonner … Et je connais quelques forbans qui vont bientôt goûter au confort, assez relatif ai-je entendu dire, des prisons sud-américaines.

BILL :  – Pariez combien ?

Plan américain large

OFFICIER :  – Cinq cents greenbacks que vous êtes tous bouclés et les fers aux pattes avant la fin de la semaine.

BILL (large sourire épanoui) :  – Tenu ! ! !

Les deux marins se regardent un moment en silence.

BILL :  – J’ai rien dit. Je suis un boucanier, pas un voleur.

OFFICIER (interloqué) :  – Que voulez-vous dire ?

BILL :  – Simplement que ce yacht appartient à Antje von Graaft, une milliardaire allemande connue de toute la haute société internationale.

OFFICIER : – Raison de plus ! !

BILL :  –  Fraulein Graaft appelle le président du Chili Manuelito, et lui il l’appelle Antjélita.. Elle lui a dit comme ça : « Manuelito, le Farœ c’est mon affaire. Laisse-nous doubler tranquillement le Horn et je te promets qu’il n’y aura pas de complications. »

Pano sur la large vitre de la dunette

Un goéland s’est posé sur le rebord et regarde à l’intérieur.

BILL (désignant l’oiseau du pouce) :  – Tiens, demande-lui si j’ai pas raison.


INTÉRIEUR NUIT
Bureau du commandant

Miss Korsair (Plan moyen) assise dans un petit fauteuil léger, fait face à Antje, affalée dans sa tenue de femme de chambre au fond d’un profond fauteuil club. Toutes deux tiennent un verre de whisky à la main. Elles se regardent intensément.

Plan rapproché sur :

Miss Korsair (dans le champ, ¾ face) devant Antje presque complètement cachée par le dossier du fauteuil.

MISS KORSAIR :  – Qu’est-ce que je t’ai dit quand j’ai accepté de te garder à bord comme domestique ?

Contrechamp sur Antje dans le fauteuil. Ketty de ¾ dos

ANTJE :  – Que vous me dresseriez.

MISS KORSAIR :  – Quel genre de dressage t’ai-je promis ?

ANTJE :  – Un dressage très strict destiné à faire de moi une parfaite ménagère.

Une image en surimposition vient recouvrir le champ, sans toutefois effacer le plan précédent :

Une cuvette en tôle galvanisée, pleine de produits d’entretien et de nettoyage utilisés au début du XXème siècle : savon noir ; encaustique ; blanc d’Espagne ; pierre ponce ; chlore liquide ; alcool à brûler ; pâte « Zéphirin » (chasse les taches sur les tissus délicats « comme un zéphyr »). Plusieurs chiffons. Une serpillière. Deux ou trois brosses en chiendent de tailles différentes.

La surimposition s’estompe et disparaît

Très gros plan sur :

Les yeux bleus de glace de la flibustière. Ils occupent tout le champ.

MISS KORSAIR :  – Pourquoi ai-je à cœur de faire ton éducation ménagère, ma petite Antje ?

En même temps qu’elle prononce cette phrase, des images rapides, saccadées comme dans les premiers films muets, défilent en Inserts dans ses prunelles.

Dans l’œil gauche :  Courbée en grand tablier bleu sur une planche cannelée inclinée au dessus d’un baquet rempli d’eau savonneuse, Antje lave, brosse, essore son linge.

Dans l’œil droit :  Dans un salon fin de siècle encombré de bibelots kitsch, Antje, en longue blouse de coton et tablier à bretelles, court frénétiquement d’un meuble à un autre, frottant, époussetant, cirant, battant des tapis, lavant les vitres, chassant les toiles d’araignée avec une tête de loup …

Contrechamp sur les yeux d’un noir de jais de l’Allemande. Eux aussi occupent tout le champ. Et, comme précédemment, des Inserts de film muet accompagnent ses paroles.

ANTJE (exaltée) :  – Vous faites mon éducation ménagère pour que je rende heureux mon Wolfgang … Pour que je sois une épouse modèle … Pour que je sois une mère de famille idéale quand nous aurons des enfants …

Dans l’œil gauche d’Antje :  Wolfgang Jolyphur la poursuit dans la cuisine. Riant d’un rire nerveux, elle esquive en tournant autour de la table. Il la rattrape, la trousse en tablier et la baise sans ménagements sur la table de la cuisine.

Dans l’œil droit d’Antje : dans le salon rococo où nous l’avons vue se démener à son nettoyage, Wolfgang la menace du martinet. Elle fait semblant d’avoir très peur, cache son visage entre ses mains, implore son pardon. Impitoyable, il lui montre le divan ; nous comprenons qu’il lui donne l’ordre d’aller s’y agenouiller et de prendre la position. Elle le fait, cambrant les reins et présentant ses fesses. Il retrousse sa robe, lui rabat la jupe sur les épaules, écarte largement les pans du grand tablier à bretelles, ouvre la fente de sa longue culotte fendue à volants de dentelle, en extrait les deux globes épanouis …

Et messire Martinet ouvre la danse ! ! !

VOIX DE MISS K. :  – Une femme comme toi est faite pour la discipline domestique.

VOIX D’ANTJE (montant crescendo dans le registre de l’excitation) :  – Je le sais ! ! … Oh ! Je le sais, maîtresse ! ! !

VOIX DE MISS K. :  – Comment un mari corrige-t-il sa femme de ses vilains défauts.

VOIX D’ANTJE  (au bord de l’orgasme) :  – Par des châtiments corporels judicieusement administrés.

VOIX DE MISS K. :  Peux-tu nommer quelques uns de ces châtiments disciplinaires ?œ

VOIX D’ANTJE (en train de jouir) :  – LA FESSÉE ! … LES VERGES ! ! … LA CRAVACHE ! ! ! … (haletante et criant)  LA TAPETTE ! ! ! … LA CANNE EN ROTIN ! ! ! …  LE FOUET ! ! !

Dans l’œil gauche d’Antje : une succession accélérée de scènes de châtiments appliqués avec les instruments qu’elle vient d’énumérer.

Dans son œil droit : Antje se fait baiser et enculer dans diverses positions après avoir été fessée et fouettée. Dans toutes ces scènes elle porte des tabliers. Parfois une blouse sous le tablier.

Fondu enchaîné sur un :

INSERT

Un planisphère nous montre le trajet suivi par le Farœ pendant son voyage de retour. Le voilier apparaît en surimposition.

Partant de l’archipel des Bougainville, dans le Pacifique Sud, une ligne rouge avance jusqu’à la Polynésie française … Tahiti, les Îles sous le Vent, les Tuamotu … L’île de Pâques … La côte chilienne, la Patagonie … LE HORN …

La remontée dans l’Atlantique, les îles du Cap Vert … Une escale à Lisbonne …

Le voilier suit sa route en surimposition.

Le trait rouge continue d’avancer pour contourner l’Espagne, longer les côtes françaises …La Pointe du Raz, la Manche, le Pas-de-Calais … Anvers, Rotterdam …

  … L’estuaire de l’Elbe, but du voyage.

STOCK SHOTS

Trois vues (plan d’ensemble) d’un grand port du Nord.
Ces images en teinte sépia viennent de films, ou documentaires, tournés avant 1914.
1°/ Paysage de docks, grues, hangars à perte de vue …
2°/ Des remorqueurs conduisent un paquebot à son quai d’amarrage.
3°/ Un pont tournant pivote pour laisser passer un navire de commerce.


INTÉRIEUR NUIT
Cabine de Miss Korsair

Très gros plan sur :

Les doigts de la flibustière ouvrent un étui à cigarettes en argent contenant des cigarettes turques à bout doré. Les doigts prennent une cigarette, en tapotent l’embout doré contre le métal pour tasser le tabac.

Très gros plan incliné à 30°et légèrement flouté sur :

Les doigts portent la cigarette aux lèvres.

Gros plan sur :

Miss Korsair allume la cigarette avec un briquet d’amadou. Elle aspire une bouffée, rejette un pinceau de fumée directement sur l’étui resté ouvert.

Très gros plan sur :

L’étui.

Son couvercle relevé, lisse, brillant, ressemble à un miroir. La fumée que souffle la flibustière trouble ce miroir. Petit à petit les volutes de fumée s’estompent, se dissolvent. Apparaît alors dans le couvercle de l’étui à cigarettes  –  devenu un petit écran  –  une de ces publicités qui fleurissaient dans les journaux de l’époque, vantant les mérites d’une pâte à faire briller les cuivres. La ménagère en tablier, brandissant en triomphe le chandelier étincelant de mille feux qu’elle vient d’astiquer, est Antje von Graaft.

Gros plan sur :

Miss Korsair riant toute seule.

 
EXTÉRIEUR NUIT
Pont du Farœ

Le pont (Plan général) battu par la tempête. Il pleut des cordes, le vent souffle en rafales. Les lumières et les ombres paraissent sculptées (Plusieurs spots accentuent l’effet de relief).

Adossés côte à côte à des rouleaux de cordage, trempés comme des soupes, ronds comme des potirons, Bill et l’officier de marine chantent à tue-tête.

Des bouteilles de bière vides roulent entre leurs jambes écartées.

Bill gratte une guitare pissant l’eau, l’officier allemand joue de l’accordéon.

Un zoom avant cadre les deux marins en plan moyen

Ils braillent ensemble en alternant les couplets.

Les accents à la fois gutturaux et nostalgiques d’une vielle chanson de Sankt Pauli – la quartier des marins d’Hambourg –  dominent les bruits de la tempête.


LE JEUNE OFFICIER

Komm doch, liebe Kleine, sei die Meine,
Sag nicht nein ! !
Du sollst bis morgen früh um neune meine kleine
Liebste sein.
Ist dirs recht, na dann bleib ich dir
Treu sogar bis um zehn.
Hak mich unter, wir wolln jetzt zusammen mal
Bummeln gehn.

BILL

Auf der Reeperbahn nachts um halb eins,
Ob dun Mädel hast oder hast keins,
Amüsierst du dich, denn das findet sich
Auf der Reeperbahn nachts um halb eins.

ENSEMBLE

Wer noch niemals in lustiger Nacht
Solchen Reeperbahnbummel gemacht,
Ist ein armer Wicht, denn er kennt dich nicht,
Mein Sankt Pauli ...
Sankt Pauli bei Nacht ! !




Fondu au gris-vert des vagues pendant que des rafales de pluie balayent le champ et qu’on entend rugir la tempête


ENDE



 


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