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  • : Ce blog est consacré au fétichisme des tabliers de cuisine de femme, des blouses de femme et des torchons de cuisine. Il s'adresse aux adultes seulement, ayant atteint l'âge de la majorité légale dans le pays. Et tenez les enfants à l'écart, bien sûr.
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Dimanche 23 janvier 2011 7 23 /01 /Jan /2011 09:02

La suite du récit de Molenbeek.


 

Il ne semblait pas y avoir beaucoup de Ch’tis « Au Rendez-vous des Ch’tis ». Toutefois c’est difficile à déterminer car l’origine d’une personne n’est pas forcément inscrite sur son visage. Et en plein Paris, même en face de la gare du Nord, il ne faut pas s’attendre à voir un estaminet se remplir de gueules noires casquées, remontant de la mine leurs lanternes à la main, se précipitant au comptoir en riant, se bousculant pour commander à la serveuse une tournée de gueuze lambic. Peu de tables étaient occupées dans cette salle du fond. Rémi attendit plus d’une heure, observant du coin de l’œil une rousse, vingt-cinq, vingt-six ans, qui avait commandé un Viandox et n’arrêtait pas d’écrire sur du papier à lettres mauve. Il se donnait encore un quart d’heure quand son contact est finalement arrivé. La montre de Rémi indiquait 16h11. Il savait qu’elle avançait d’un peu plus de deux minutes.

 

L’homme était vêtu de gros tweed des pieds à la tête : casquette large de sportsman ; veste Norfolk ; pantalon de chasse rentré dans des guêtres. Il ne lui manquait que le fusil plié sur la saignée du bras pour être un parfait gentleman-farmer du Sussex ou du Yorkshire.

 

– Monsieur Lambrecht ?

 

– C’est moi-même.

 

La main tendue :

 

– Boris Eliakeff.

 

Il commanda une bière brune.

 

– De la Munich ! précisa-t-il au garçon.

 

Dès que la chope fut apportée il plongea ses lèvres dans la mousse beige avec gourmandise.

 

– Aah ! … Ça au moins c’est de la bière ! ! Voyez-vous, monsieur, j’ai une théorie que je ne vous oblige pas à partager. A mon humble avis, c’est parce que les Allemands sont capables de fabriquer des bières de cette qualité qu’ils vont gagner la guerre. Car ça demande des soins infinis, une bonne bière. Infinis ! Le choix des malts, le choix du houblon … Une eau de source d’une pureté cristalline… La fermentation à une température rigoureusement constante, jamais moins de 12 degrés, jamais plus de 13, dans des cuves en cuivre rouge, les meilleures étant fabriquées en Silésie. Et puis soutirer, filtrer, introduire des levures, pas n’importe quelles levures, refiltrer et enfin mettre en fûts. Avez-vous visité les brasseries munichoises, monsieur ? Non ! Il faut y aller. Il faut voir ça au moins une fois dans sa vie. Il y a des brasseries à chaque coin de rue. Munich est la capitale mondiale de la bière. J’y vais le mois prochain. Aimeriez-vous m’accompagner. Vous m’êtes très sympathique, monsieur Lambrecht, et je ne dis pas ça à tout le monde. Oh non, pas du tout à tout le monde … Il y a même des gens que je trouve franchement antipathiques. Allez, j’en ai trop dit ou pas assez …

 

Eliakeff avait un très léger accent. Il se pencha, confidentiel, pour poursuivre un ton plus bas :

 

– Ce que je déteste par-dessus tout, voyez-vous, ce sont les femmes qui trompent leur mari. Ça j’exècre. Ça me fait quelque chose de viscéral. Et tenez, justement … exactement comme les Allemands vont gagner la guerre parce qu’ils font la meilleure bière au monde, les Anglais et les Américains vont la perdre parce qu’ils détiennent le record du monde des cocus. Ah ! Londres, New York, Chicago … Des villes de cocus, monsieur. Deux hommes sur trois sont cocus là-bas. DEUX SUR TROIS ! ! ! Je ne sais pas si vous imaginez ce que ça représente ? Comment voulez-vous être un bon soldat quand vous vous savez cocu. C’est impossible. Rigoureusement impossible. Un cocu est démoralisé, il n’a plus envie de lutter, il est en quelque sorte châtré. Oui, monsieur, je dis bien châtré. Je n’hésite pas à employer ce terme fort. Quelle horreur ! ! Vous avez vu arriver l’armée allemande ? Des gars de vingt ans qui chantaient comme des scouts, musclés, bronzés, le col ouvert, les manches retroussées, cheveux au vent et la fleur au fusil. Pourquoi ? D’une part parce qu’ils ne sont jamais cocus. D’autre part parce qu’ils boivent de l’excellente bière. Permettez-moi d’insister, monsieur Lambrecht. Je serais honoré de vous avoir à mes côtés lorsque je vais aller à Munich le mois prochain. Un spectacle à ne manquer sous aucun prétexte. Les serveuses … Ach du lieber Gott ! ! Les serveuses dans les brasseries munichoises. Celles de la Hofbraühaus. Celles de chez Paulaner, Löwenbraü, Spatenbraü, Kulmbacher. En dirndl, c’est le nom du costume folklorique bavarois : corsage lacé sur les lolos, tablier brodé porté par-dessus une longue jupe de couleur vive … Elles vous traversent la salle, monsieur, portant à bout de bras six chopes dans chaque main … des chopes d’un litre … douze litres à bout de bras … Faut voir les chassis. Le fessier large comme une baignoire. Les cordons du tablier leur descendent le long du valseur en leur chatouillant la raie, vvvru-u-uiiiiiiiiiiiiii.

 

Il vida aux trois quarts sa chope, refit son vvvru-u-uiiiiiiiiiiiiii, rota, s’essuya la bouche avec un immense mouchoir à carreaux et poursuivit :

 

– Entre nous je vais vous donner une autre de mes théories. Si je vous casse les pieds n’hésitez pas à me le dire. Moi je suis quelqu’un de direct, j’appelle un chat un chat, c’est dans ma nature. Si les Allemandes sont sages, si elles ne trompent pas leurs maris, c’est du à deux facteurs. L’un s’appelle le tablier. Le second la fessée. Le tablier, que les Allemandes ne quittent pratiquement jamais, leur rappelle constamment ce qu’elles doivent être, et ce qu’elles sont effectivement dans leur vie quotidienne : des mères de famille et des ménagères. Et lorsque, lors de quelques moments d’égarement, frivolité féminine oblige, elles auraient tendance à l’oublier, par exemple au bal après quelques chopes de bière, la fessée est là pour leur rafraîchir la mémoire. Aucune femme ne porte plus de tabliers qu’une Allemande. Et aucune n’est aussi souvent fessée. L’un accompagnant l’autre, car les blondes Gretchen se font toujours fesser en tablier. Ne croyez pas que j’exagère, je peux vous le prouver. Si vous venez avec moi le mois prochain je me ferai un plaisir de vous le démontrer. Hedwige est une veuve que j’essaye de consoler. Elle habite Bad Odelzhausen, entre Munich et Augsburg. Son mari a été tué à Narvik, au début de la guerre. Il est normal qu’après avoir observé le temps réglementaire de veuvage, elle ait cherché à connaître d’autres hommes, elle n’allait pas vivre cloîtrée pour le restant de ses jours. J’aimerais vous présenter Hedwige, monsieur Lambrecht. Elle nous accueillera en tablier, toute rose et émoustillée de recevoir un de mes amis. Elle s’excusera pour aller préparer le repas, s’enfermera dans sa cuisine où elle nouera un deuxième tablier par-dessus le premier. Un tablier de cuisine en grosse toile écrue, long et enveloppant, qu’elle enlèvera pour venir servir à table. Au cours du dîner elle boira un petit peu trop de bière. Personne n’est sans défaut, n’est-ce pas ? Un petit petit chouïa trop de bière, eh oui. C’est son péché mignon. Ses joues deviendront de plus en plus rouges. Elle se mettra à parler trop vite et à tort et à travers. Quand vous la complimenterez sur l’excellence de sa cuisine, et que vous lui direz combien elle est ravissante dans son tablier, elle ne se sentira plus. Elle partira dans des cascades de petits rires nerveux, hystériques. Je n’interviendrai pas tout de suite. Je laisserai Hedwige s’enferrer jusqu’à un comportement de non retour. Alors je lui riverai son clou. « Hedwige ? » « ja, mein chatz ? » « Ne crois-tu pas que tu as bu assez de bière ? » « Oh Pierre ! ! Je n’en suis qu’à ma troisième chope. J’ai encore soif, moi ! » « Tu as encore soif, c’est possible. Mais tu meurs surtout d’envie de te trémousser en tablier devant Rémi pour le faire bander. Est-ce que je me trompe ? » « Pierre, je … » « Je dois d’ailleurs reconnaître que tu arrives à tes fins. C’est vrai, je bande pour toi, Rémi bande pour toi, nous bandons tous pour la belle Hedwige. » Elle prendra alors un air penaud. Peut-être sucera-t-elle son pouce. « Pardon, mon chéri. Je ne me rendais pas compte que j’étais aussi aguicheuse dans mon joli tablier brodé. » « Non seulement aguicheuse mais allumeuse. » « Oh Pierre ! ! » « Il n’y a pas de Oh Pierre qui tienne. Je maintiens allumeuse. Et si je faisais un pas de plus, je dirai pute. » « Oh ! Oh ! Oh ! » « Que fait-on à une bonne ménagère, généralement sage et rangée, qui s’oublie après avoir bu quelques chopes au point de se comporter comme une fille du trottoir ? Réponds moi, Hedwige. Ne baisse pas les yeux. Réponds moi en me regardant en face, je te prie. » « On lui donne la schlague, bien sûr. » « Lui donne-t-on la schlague dans son coquet dirndl qui la met en valeur et la rend désirable ? » « Non. On la fouette en tablier de cuisine … le tablier épais, sans ornements ni fioritures, qui couvre la bonne femme depuis les seins jusqu’au bas des mollets. C’est ça qui la dresse. Quand une frau a reçu le fouet en tablier de cuisine, tu peux m’en croire, Pierre, elle a compris sa leçon. » « Autrement dit je n’ai pas été assez sévère avec toi, puisque tu as encore aguiché mon ami Rémi en te trémoussant devant lui en tablier, tes seins braqués comme deux obus et ton gros cu-cul décrivant des cerceaux. Tu as récidivé une fois de plus Qu’as-tu à répondre à cela, Hedwige ? » « Je plaide coupable. Je m’en remets à la merci de la cour » « La sentence est 60 coups de fouet, administrés cul nu en tablier de cuisine. Prévenue, allez chercher le chat à neuf queues dans votre chambre et revenez ici en tenue de correction. »

 

Eliakeff vida sa chope et en commanda une seconde. Lorsque le garçon la lui apporta, il le saisit par sa manche.

 

– Je voudrais voir le directeur, s’il vous plaît.

 

– Je vais lui transmettre votre demande, monsieur.

 

– Où en étions nous … ah ! oui, Bad Odelzhausen. Je vous parlais d’Hedwige. Une femme formidable. Elles sont des milliers comme elle en Allemagne. Ce qui nous ramène au début de notre conversation. L’efficacité. L’efficacité qui est le nerf de la guerre. Je vois que vous suivez mon raisonnement, monsieur. Vous m’êtes de plus en plus sympathique. J’espère beaucoup avoir l’honneur de vous inviter chez mon amie Hedwige. Elle aussi peut vous en dire long sur ce sujet. Les Allemands sont des obsessionnels de la perfection. Comme ils font de la bière parfaite, ils fabriquent des armes parfaites, des tanks et des avions parfaits …navires de guerre, sous-marins, missiles à longue portée, armes chimiques qu’on commence à tester en Russie … Tout est toujours parfaitement au point chez eux. Le contraire de nous, pourrait-on dire. Comme ils fabriquent des armes parfaites – Krupp ; Mauser ; Rheinmetal ; Erma ; Steyr ; Schmeisser – ils ont un système social et familial qui produit des femmes parfaites. Pourquoi ? Parce que dès l’enfance, dès l’école maternelle, on fabrique des frauleins au moule, destinées à être des mères de famille parfaites, des ménagères parfaites, des femmes qui se croiraient nues si elles n’étaient pas ficelées dans d’immenses tabliers à bretelles qui les recouvrent et les protègent depuis le haut de la poitrine jusqu’aux chevilles. Et qui penseraient que leur mari ne les aime pas s’il ne leur donnait pas régulièrement et systématiquement la fessée. L’organisation familiale est donc elle aussi récupérée par un système qui ne laisse rien au hasard. Un système allemand. Par conséquent parfait.

 

Le garçon revint pour dire que le directeur n’était pas disponible pour le moment. Elkieff sortit une carte de sa poche et la montra au serveur.

 

– Il EST disponible.

 

– Oui, m’sieu, bredouilla le serveur. Il s’enfuit vers l’escalier qui menait aux étages.

 

– C’est ça qui est odieux dans ce pays, voyez-vous. Aucun sens de l’autorité. Aucun respect pour la hiérarchie. Et puis, n’ayons pas peur de le dire, un laxisme qui aura beaucoup contribué à notre effondrement. Là où en Allemagne un cambrioleur file pour dix ans dans les mines de sel, en France il est condamné à trois ans et libéré au bout de deux. C’est fou. Complètement fou ! ! Tenez, monsieur , si vous le voulez bien nous allons prendre un exemple concret. Voici un jeune homme qui cherche à arrondir ses fins de mois en faisant un peu de marché noir. Rien de bien méchant. Ce n’est pas un mauvais bougre. Il a besoin de sous, comme nous tous. Il connaît quelqu’un qui est dans l’abattage clandestin. On lui propose de faire une livraison de viande dans son vélo-taxi ….

 

Le garçon revint, flanqué du directeur dans ses petits souliers.

 

– Monsieur a-t-il une réclamation à faire ? Monsieur n’a-t-il pas été satisfait de la maison ?

 

Eliakeff sortit d’une des larges poches à soufflet de sa veste Norfolk une pipe en racine de bruyère au tuyau recourbé, l’embout en ambre jaune. D’une autre poche il sortit une blague remplie de tabac anglais : un blend de Virginie et de Sumatra dont le parfum se sentait à dix mètres. Le directeur était au garde à vous, le garçon avait réussi à se défiler sur la pointe des pieds. Eliakeff bourra sa pipe, la tassa, l’alluma.

 

– Je vous prie de m’excuser de vous avoir dérangé, monsieur. Mais je crois utile de vous signaler une légère déficience … oh légère … malheureusement trop légère pour des Français… concernant le service des bières. Légère, oui, bien légère … Notre drame national, n’est-ce pas ? C’est bien à la suite de « légères déficiences » que notre pays se trouve dans la situation où il est aujourd’hui. Je n’ai pas demandé à vous parler pour vous faire une réclamation, non ! Non ! Je trouve au contraire votre brasserie charmante et très bien tenue. Simplement pour vous donner un conseil amical. Un conseil de quelqu’un qui se rend assez fréquemment à Munich et est amateur de bonnes bières allemandes. La brune à la pression que vous m’avez servie est une Löwenbrau, n’est-ce pas ?

 

– Oui, monsieur.

 

– Une Löwenbrau « Triomphator ».

 

– Je vois que monsieur est un fin connaisseur.

 

– Alors je vais me permettre de vous poser une question … approchez, n’ayez pas peur, je ne vais pas vous manger. La Triomphator, de l’excellente brasserie Löwenbrau, est elle une bière de fermentation haute ou de fermentation basse ?

 

Le directeur se dandinait d’un pied sur l’autre, manifestement dans ses petits souliers.

 

– Je vois que vous ne savez pas.

 

– Non, monsieur.

 

– Quel était le mortier léger utilisé par l’infanterie française en 39-40 ? Très bien. Vous ne le savez pas non plus. Parfait. Nous y sommes en plein. Mis à part les quelques hommes qui s’en sont servis durant la campagne de France, personne, absolument personne, ne connaît le mortier Brandt de 81mm, modèle 27/31, qui équipait nos unités de ligne. Bien qu’elles ne soient pas de la classe des bières de Munich, il existe cependant quelques fort bonnes bières françaises : la Météor ; la bière du Lion ; la Champigneules : la Meuse. Rien de transcendant, mais d’honnêtes bières bien faites, avec des houblons de qualité, rafraîchissantes, agréables à boire. Personnellement il m’arrive de me régaler d’une Météor Pils en été, sous une tonnelle, une accorte serveuse en tablier sur mes genoux. Et les cocus ? Avez-vous songé aux cocus, monsieur ? Vous-même, monsieur … que pensez-vous des cocus ? Vous voyez. Rien. Vous ne répondez pas. Vous êtes incapable de me parler des cocus, pourtant si nombreux dans notre pauvre pays. Les Français ne connaissent pas les armes qui leur auraient peut-être permis, sinon de gagner la guerre, du moins de ne pas subir l’humiliante déculottée du mois de juin 1940. Ils ne connaissent pas leurs propres bières. Pas plus qu’ils ne mesurent la gravité de l’adultère. Ils en rigolent. C’est du vaudeville. De la bonne blague bien grasse de comique troupier. Maintenant posez ces mêmes questions à des Allemands. Les réponses seront totalement différentes. Tous les Allemands connaissent le Mörser H.37, le mortier de 100mm qui fit merveille pendant la campagne de France et est actuellement en service en Russie. Tous les Allemands savent qu’une bière de type lager est de fermentation basse, alors que les ales, plus alcoolisées, sont de fermentation haute. Tous les Allemands savent qu’une brune comme la Löwenbrau « Triomphator » doit être servie à température de cave, entre 10 et 12 degrés, et certainement pas glacée comme celle que votre serveur m’a apportée .Tous les Allemands – et les Allemandes – vous diront que le meilleur remède contre l’adultère est le fouet … le fouet administré par le mari et chef de famille aux fraus qui pourraient se laisser tenter par la gaudriole… C’est là toute la différence. Une différence énorme, monsieur. Une différence fondamentale. Il me reste à m’excuser de vous avoir pris ces quelques instants de votre temps précieux. Merci, monsieur, pour votre concours et les inestimables renseignements que vous avez bien voulu me communiquer. Vous me faites l’effet d’un homme dont la France peut être fière. Au revoir, monsieur. Et merci encore. Je ne manquerai pas de recommander votre excellent établissement à mes amis. Apportez nous s’il vous plait deux autres Triomphator. Mais cette fois, de grâce, veillez à ce qu’elles ne soient pas tuées par une réfrigération indigne d’une brasserie renommée comme la vôtre.

 

Eliakeff tassa le fourneau de sa pipe qui fumait comme la cheminée d’un paquebot.

 

– Vous voyez, mon ami … Permettez-vous que je vous appelle ainsi, cher monsieur Lambrecht ? … Pour moi vous êtes un ami. Un véritable ami. Nous disions quand cet imbécile de directeur est venu nous interrompre … nous parlions, je crois me souvenir, d’un jeune homme, ancien combattant de 39–40, qui faisait de temps en temps du marché noir pour arrondir ses fins de mois. Jamais rien de grave. Il ne faisait de mal à personne. Quelques livraisons par ci par là dans son vélo-taxi. S’il se faisait prendre par la police française, bon, c’est toujours désagréable de se faire arrêter, c’est humiliant, ça fait jaser dans le quartier, mais ça n’entraîne pas des conséquences irréversibles. IRRÉVERSIBLES, monsieur Lambrecht. Supposons, par exemple, que ce taxi se soit fait arrêter par un inspecteur de la brigade du contrôle économique que nous appellerons, par exemple, Joubert. L’inspecteur Joubert. Simple supposition, nous sommes bien d’accord. Joubert fait son rapport. L’affaire suit son cours. Le conducteur du vélo-taxi passe éventuellement en correctionnelle et s’en prend pour deux mois. Une fois ses deux mois tirés il rentre chez lui, bois un coup pour se remettre de ses émotions, et la vie reprend comme avant. Personne n’en fait un fromage. Personne n’est mort. C’est ça la France. La France laxiste. La France du Front Populaire. La France de Maurice Chevalier et de Mistinguett. La France des guinguettes en bord de Marne et du p’tit vin blanc. En un mot la France de la défaite. Maintenant, si vous le voulez bien, monsieur, nous allons examiner la même situation, mais cette fois dans l’optique de la haute autorité militaire allemande. Comme pour leurs bières, comme pour leurs armes de guerre, comme pour la surveillance des bonnes mœurs, les Allemands sont terriblement rigoureux et perfectionnistes dans la répression de la délinquance. Avec la Kommandantur ça ne rigole pas. Ah ça non ! !

 

Eliakeff tira sur ses favoris et fit semblant d’essuyer une larme de crocodile.

 

– Ce sympathique jeune homme, qui finalement n’a commis qu’un délit mineur, a la malchance de quitter la juridiction civile française pour être livré à la juridiction militaire nazie. Ce policier du contrôle économique, que nous avons appelé Joubert, livre un petit trafiquant de marché noir, que nous appellerons par exemple Lambrecht, à un barbouze travaillant pour les services secrets allemands, que nous appellerons par exemple Eliakeff. Le marché noir tout le monde s’en fout, vous l’avez compris depuis longtemps. Le conducteur du vélo-taxi connaît quelqu’un qui intéresse beaucoup la Gestapo. Notre malheureux livreur de viande va être déporté du côté de la Pologne, dans des camps à côté desquels le bagne de Cayenne est une colonie de vacances. Moi qui vous parle j’en ai visité un. A côté de Cracovie. J’en ai été malade pendant huit jours. D’ailleurs notre infortuné livreur peut aussi être condamné à mort. Tout dépend de l’humeur des juges allemands. Comme il peut aussi, s’il le désire, collaborer avec les constructeurs de la Nouvelle Europe, sauver sa peau et accompagner son nouvel ami à Bad Odelzhausen, assister aux fessées de la belle Hedwige en éclusant des chopes mousseuses de Hanselbrau, une merveilleuse lager locale, disponible en blonde comme en dunkel. Personnellement je préfère la dunkel. Mais chacun ses goûts, n’est-ce pas ?

 

L’homme en tweeds regarda Rémi d’un air réjoui.

 

– Je ne vous fais pas du chantage, remarquez bien. Grands dieux non ! J’ai horreur du chantage. Je cherche à vous sauver parce que vous m’êtes réellement très sympathique, monsieur Lambrecht.

 

Ils se levèrent.

 

– Oh, une dernière chose avant que nous nous quittions, cher ami. Il y a une troisième hypothèse que nous n’avons pas encore évoquée. Ce conducteur de vélo-taxi pourrait aussi vouloir s’enfuir en se sentant menacé. En principe il a été remis en liberté. Il pourrait vouloir profiter de cette liberté pour quitter Paris, filer vers le sud, la mer, le soleil, Perpignan, Collioure … Ah ! Collioure, j’y retournerais volontiers rien que pour manger des anchois … Les Pyrénées, les sentiers de contrebandiers, la frontière espagnole… Ce serait une erreur, monsieur Lambrecht. Une erreur fatale à surtout ne pas commettre ! !

 

Lorsqu’ils se serrèrent la main, Eliakeff prit familièrement le bras de Rémi et se pencha pour lui glisser à l’oreille :

 

– On est tellement mieux à Bad Odelzhausen qu’à Dachau.

 

Quand ils sortirent la rouquine continuait d’écrire. Ses lettres allaient bientôt former une pile plus haute que sa tasse. Elle avait à peine touché à son Viandox qui devait sûrement être froid. Ils arrivèrent à la porte en même temps qu’un officier allemand qui s’effaça courtoisement sur le côté et leur dit dans un français presque sans accent ; « Je vous en prie messieurs, après vous. »

 

Sur la place, les statues qui ornent la façade de la gare du Nord étaient mauve dans le soleil couchant – du même mauve que le papier à lettres de la rouquine.

 

 

 

 

Marie-Jeanne d’Arc maintient d’une main la canule solidement enfoncée dans l’anus palpitant de la belle Monique, de son autre main elle rectifie la trajectoire du tuyau de caoutchouc rouge et ouvre le petit robinet en adressant à Fernand un signe de tête pour lui indiquer qu’il peut y aller. Fernand monte le son sur le combiné radio-électrophone Telefunken. La trompette bouchée de Harry James se met à miauler crescendo ses modulations désespérées. Marie-Jeanne d’Arc a choisi Satin Doll pour accompagner le lavement. Monique sent l’eau tiède envahir ses intestins, comme un canal se remplit lentement lorsqu’on ouvre son écluse. Sa croupe frémit, esquisse un sursaut, puis retombe. Monique reste maintenant immobile, couchée à plat ventre sur le tablier de latex noir étincelant, couleur de mort mais éblouissant de vie, dont s’est ceinte Marie-Jeanne d’Arc pour cette opération humide. Monique pourrait frotter son sexe enfiévré sur la matière lisse, imperméable, invitant la pisse tiède et la cyprine visqueuse. Elle ne le fait pas. Elle ne se trémousse pas. Elle reste immobile, figée, inerte. Et c’est bien ce qui inquiète Fernand. L’eau tiède savonneuse s’écoule, le niveau baisse petit à petit dans le broc émaillé blanc à liseré bleu ciel. Harry James part dans sa célèbre envolée en fa dièse, soutenu en sourdine par Buddy Rich à la batterie. Marie-Jeanne d’Arc ouvre le robinet en grand et fait signe à Fernand de monter le son. Monique ne peut réprimer un gémissement. Sa bouche s’entrouvre et laisse échapper un filet de salive. Elle a l’impression que ses boyaux inondés vont éclater. La trompette magique de Harry James ulule. On sait que les bruits font vibrer le diaphragme, par où filtrent nos émotions et nos affects. Ces vibrations se répercutent vers le haut, affectant le rythme cardiaque et les capacités respiratoires. Elles envoient de même des résonances vers le bas, affectant les fonctions digestives, les mouvements intestinaux, la rétention ou l'évacuation du bâton fécal. Les musiques lentes, les mélodies suaves et langoureuses favorisent la mise au repos des organes, ralentissent les mouvements intestinaux, et par conséquent ont un effet calmant sur la phase du lavement durant laquelle le sujet doit garder dans son ventre un litre à un litre et demi de liquide de nettoyage. A l'inverse, les hauts décibels, le jazz hot, les danses syncopées telles le shimmy ou le boston, sont de puissants excitants des centres nerveux et, de ce fait, accentuent les spasmes qui vont pousser vers l'extérieur le paquet de merde. Marie-Jeanne d'Arc avait fait des recherches approfondies sur ce sujet. Sa thèse de doctorat, soutenue en Sorbonne l'année de la déclaration de guerre, avait pour titre: Propriétés dynamiques des sons en milieu aqueux et leur application physique en clystérothérapie. Elle se vantait d'avoir obtenu dix-sept orgasmes à la file après avoir absorbé un lavement de deux litres, composé d’une infusion d'ortie blanche, de cresson et de Sureau-des-Sept-Nains (sambucus nimbus), administré avec la canule n° 6 (33mm de diamètre) aux accents de Riverboat Shuffle dans l'enregistrement original de Jelly Roll Morton. Elle avait gagné son surnom pendant l'émeute du 6 février 1936. Elle était là en première ligne, embusquée au coin de la rue de Rivoli, une serpe bien aiguisée à la main, avec le groupe de choc des Camelots du Roi. Quand les gardes mobiles avaient chargé au galop sur la place de la Concorde, ils avaient couru à leur rencontre, slash dans les jarrets des chevaux, Slash ! slash ! ! Quand cheval et cavalier culbutaient tête la première, ils s'acharnaient à cinq ou six sur le bonhomme à coups de manche de pioche. Le soir, ils avaient célébré à la brasserie Capoulade, au Quartier Latin. Marie-Jeanne était montée sur une table pour chanter le Chant des Chouans en breton :

 

O Franz, o men guir bro, o ranteleh me roué,

Eidious à vrézelan, cidious me haranté.

 

Ô France, ô mon vrai pays, ô royaume de mon roi,

Pour toi je combats, à toi tout mon amour.

 

Elle s'appelait Marie-Jeanne Antoinette Ophélie de La Rûne-Pleyben, fille d'un châtelain du Finistère complètement fauché, vivant sans chauffage dans des ruines colonisées par les hiboux, mais dont un ancêtre avait été l'aide de camp du prince de Condé à la bataille de Nordlingen. Dans une interview au journal collaborateur La Gerbe, elle avait déclaré que le producteur d’Hollywood David O.Selznick la voulait pour le rôle d’Anna Karénine, mais que Greta Garbo avait payé un truand corse nommé Pasquale Ficarella pour la jeter par-dessus bord pendant son voyage à New York sur le Normandie. Marie-Jeanne d’Arc racontait ainsi beaucoup d’anecdotes croustillantes qui alimentaient en ragots la presse à scandales de l’époque. Trotsky, de passage à Paris, lui aurait demandé de venir à sa villa de Gif-sur-Yvette pour lui donner un lavement au son de L’Internationale. Et puis les parachutistes … quand les paras allemands avaient sauté sur la Belgique en 1940, elle avait retardé leur avance en leur faisant des fellations à la chaîne … trois cents, cinq cents fellations par jour. Les pauvres gars en sortaient épuisés, vidés, flageolant sur leurs guiboles. Elle continuait, encore, encore, et encore, galvanisée par son sens du devoir patriotique. Ses lèvres à vif saignaient de partout, même ses dents lui faisaient mal. C’est par ses capacités de fellatrice hors pair que Marie-Jeanne d’Arc avait sauvé la ville de Namur. Fernand l’avait rencontrée dans un bar de Montparnasse.

 

Fernand qui de sa place, à côté du Telefunken, ne quittait pas des yeux le visage de Monique.

 

Monique qui, d’habitude, jouissait intensément dans les jeux de ce genre. Fernand, son homme, son maître. Une lavementeuse en tablier de latex. Les instruments de purgation. Le pot de chambre installé bien en vue au milieu du tapis.

 

La séance de domination commençait par une fessée.

 

– Qu’est-ce que tu vois devant toi, Monique ?

 

– Le ….

 

PIF ! ! PAF ! ! … PIF ! ! PAF ! !

 

– Le quoi ?

 

– Le pot ! !

 

– Pourquoi est-il là, ce pot, posé en plein milieu du salon … ce pot de chambre ancien en faïence démodée … posé pour que tout le monde puisse le voir et soit témoin de ta honte ?

 

PIF ! ! PAF ! ! … PIF ! ! PAF ! !

 

– Quand je pose une question, Monique, j’aime bien qu’on me réponde.

 

PIF ! ! PAF ! ! … PIF ! ! PAF ! !

 

La blonde tortille sa croupe déjà bien rose.

 

– Pour que je fasse mon caca.

 

PIF ! ! PAF ! ! … PIF ! ! PAF ! !

 

– Ce n’est pas suffisant.

 

– Pour que je donne MON GROS CACA … Mon gros caca que je retenais comme une vilaine gamine obstinée.

 

– Voilà qui est mieux. Lorsque tu auras pris ton lavement, tu iras effectivement t’accroupir sur le pot … devant moi … devant Fernand … devant les voisins que je pourrais inviter au spectacle. Tiens ! c’est une idée ça. Je crois que je vais faire venir les voisins pour qu’ils assistent à ta fessée, à ton lavement, à ta capitulation sans conditions et à la livraison peu glorieuse de TON GROS CACA DANS LE POT DE CHAMBRE.

 

Marie-Jeanne d’Arc s’approche tout près.

 

– Je vais te raconter une petite histoire qui, j’en suis sûre, te plaira beaucoup, ma chérie. Cela se passait en 1924 à Pouzauges, en Vendée, dans une institution où étaient élevées – ou plus exactement « dressées » – des jeunes demoiselles de la noblesse française dont la famille avait eu à se plaindre de leur caractère difficile, de leur tendance à l’insubordination et à la révolte. J’ai été placée dans cette institution à quinze ans, pour avoir blessé mon frère de trois coups de couteau. Au dortoir, ma voisine de lit s’appelait Adélaïde de Bouillon, descendante de Godefroy de Bouillon. Oui, Godefroy de Bouillon, le chef de la première croisade. Dans ma classe il y avait aussi Hortense de Saxe-Altenbourg, dont l’aïeul était le fils que le maréchal de Saxe avait eu à Paris avec l’actrice Adrienne Lecouvreur. Hortense avait enfin obtenu le droit de porter officiellement le nom qui lui revenait de lignée sanguine, à l’issue d’un interminable procès, en France, en Allemagne et dans les états Baltes. Pourquoi est-ce que je te parle de ces deux camarades de jeunesse ? Je vais te le dire, Monique. Oui, je vais te le dire … Je t’en parle à cause d’une journée que je n’ai jamais oubliée, une journée que je n’oublierai jamais, une journée qui restera gravée dans ma mémoire jusqu’à l’heure où je quitterai cette terre pour aller rejoindre, aux côtés de Notre Seigneur et de ses anges, notre prestigieuse et glorieuse lignée des rois de France et de Navarre. Nous entretenions une relation lesbienne à trois. Une sous-maîtresse nous a dénoncées. Nous avons été présentées, en chemise et pieds nus, à Madame la Directrice qui nous a condamnées à recevoir les verges après avoir été tondues. La sentence a été appliquée sur une estrade dressée dans le gymnase. Nous avons été fouettées toutes les trois en même temps, publiquement, attachées ensemble sur trois chevalets espacés de trois mètres. Nos têtes rasées pendaient lamentablement vers le plancher, comme les têtes des dindes sur les étalages des marchands de volaille. Nos culs dressés en l’air, bien présentés. Poignets et chevilles immobilisés dans des bracelets de cuir fixés aux quatre pieds du chevalet. Nous avons du payer, sur nos allocations, les femmes de charge qui nous ont donné les verges. Des grosses paysannes rougeaudes sentant l’oignon, en chignon et tablier rapiécé, qui se moquaient de nous quand, nos tensions se relâchant sous l’effet de la fessée, nous laissions échapper des gaz aussi sonores que nauséabonds. Celle qui me fouettait avait une verrue poilue au menton et des auréoles de sueur grasse autour des seins. De temps en temps elle s’amusait à m’écarter la raie pour fouailler mes parties les plus sensibles. Ensuite …

 

Marie-Jeanne d’Arc ourle ses lèvres, ce qui la fait ressembler à un babouin convoitant une mangue bien mûre.

 

– Ensuite on nous a menées, en larmes et secouées de tics nerveux incontrôlés, à l’infirmerie où celle que nous appelions nurse Peau-de-Vache nous a administré un lavement avec une solution détergente de son invention. Pour nous purger elle avait mis son grand tablier de protection en toile cirée verte. Nous hurlions sur le pot en nous tordant de douleur. Le chlore et je ne sais quels autres produits désinfectants nous brûlaient les entrailles. Nos boyaux se vidangeaient dans des bruits de cataracte. Ça a probablement duré une dizaine de minutes, un quart d’heure peut-être, pourtant j’ai l’impression d’avoir chié tripes et boyaux plusieurs heures d’affilée. Toutes les trois, Adélaïde, Hortense et moi, nous avons été de cuisine et de vaisselle pendant deux mois. En grand tablier bleu. Des tabliers copieusement délavés à la suite de nombreuses lessives suivies de rinçages à l’eau de Javel. Je les revois, ces putains de tabliers ! Trop grands pour des filles de seize ans, ils nous faisaient deux fois le tour de la taille et nous devions raccourcir le cordon derrière le cou pour que la bavette ne nous descende pas sur le nombril. La vaisselle terminée, nous lavions la cuisine et le réfectoire à quatre pattes, au savon noir et à la brosse en chiendent. Si nous ne montrions pas suffisamment d’ardeur à l’ouvrage, la surveillante nous stimulait à la cravache.

 

Monique.

 

Fernand.

 

Elle ne réagissait pas. Lui en tirait ses conclusions évidentes. C’était un test – un test qui s’était révélé négatif sur toute la ligne.

 

Une séance de fessée-lavement-domination comme celle que venait de performer brillamment Marie-Jeanne d’Arc – contre trois billets de 100 francs – aurait autrefois transporté la belle Monique vers des sommets d’intense jouissance masochiste. Plus maintenant. Elle subissait, résignée. Tout l’art et le talent de Marie-Jeanne d’Arc ne lui procuraient manifestement plus aucun plaisir. Que se passait-il ? C’était pareil au lit. Froide, distante, elle acceptait passivement le coït parce qu’elle ne pouvait pas faire autrement – elle qui avait été un volcan torride dans les bras de son amant – elle qui tortillait du cul nue sous son tablier de cuisine – elle qui, sous les draps, glissait sa main jusqu’au pénis de Fernand, le lui mettait en érection et lui susurrait dans le creux de l’oreille, d’une voix qui vacillait un peu : « Je suis ta servante, mon amour … ta servante punie quand elle a négligé ses devoirs … ta jolie servante qu’il faut fesser en tablier, oui … même quand elle n’a pas commis de faute, tu sais … une magistrale et cuisante FESSÉE DE MAINTENANCE pour qu’elle ne puisse pas oublier son rôle auprès de toi …LA FESSÉE EN TABLIER BLEU … Aaagh, encule moi mon chéri … Ouuiiiiiiiiiiii …Enfonce ta grosse queue bien raide dans le trou du cul de ta jolie servante vicieuse en tablier bleu. »

 

Rien.

 

Nada.

 

Monique n’était plus Monique. Quand Fernand téléphonait, exprès pendant la journée, deux fois le matin, trois et quatre fois dans l’après-midi, elle n’était jamais chez elle. S’était-elle trouvé un autre homme qui la faisait jouir davantage que Fernand ? Cela méritait une enquête sérieuse. Et qui pouvait mieux mener cette enquête que le copain de Fernand, l’inspecteur-principal Joubert. Si, dans son insatiable soif de jouissance, tenaillée par ses passions, le vice dans la peau et le feu dans sa culotte, la nymphomane qu’était Monique s’était pris un nouvel amant, il fallait impérativement savoir qui était ce mec ?

 

Et l’éliminer comme on avait éliminé Rémi.

 

 

 

 

A suivre


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